La collecte de l’eau est souvent une immense perte de temps pour les femmes et les filles – UNICEF

29 août 2016

UNICEF/UN017117/Shrestha

NEW YORK/STOCKHOLM, 29 août 2016 – Selon l’UNICEF, les 200 millions d’heures que les femmes et les filles passent chaque jour à collecter de l’eau constituent une immense perte d’un temps précieux.

Alors que la Semaine mondiale de l’eau se déroule actuellement à Stockholm et que des experts se réunissent pour tenter d’améliorer l’accès à l’eau dans le monde, l’UNICEF souligne que le coût d’opportunité du manque d’accès à l’eau pèse de manière disproportionnée sur les femmes.

« Imaginez : 200 millions d’heures représentent 8,3 millions de jours ou plus de 22 800 ans », explique Sanjay Wijesekera, le directeur des programmes mondiaux de l’UNICEF pour l’eau, l’assainissement et l’hygiène. « C’est comme si une femme était partie de chez elle avec un seau vide à l’âge de la pierre et qu’elle ne revenait avec de l’eau qu’en 2016. Vous vous rendez compte à quel point le monde a progressé pendant ce temps ? Réfléchissez à tout ce que les femmes auraient pu accomplir. »

« Lorsqu’il n’y a pas d’eau sur place et qu’il faut aller la chercher, ce sont surtout nos femmes et nos filles qui prennent sur leur temps et manquent des opportunités », ajoute-t-il.

L’objectif de développement durable lié à l’eau et à l’assainissement – l’objectif 6 – vise à assurer d’ici à 2030 un accès universel et équitable à l’eau potable, à un coût abordable. La première étape consiste à fournir à tous un service de base impliquant un trajet aller-retour de 30 minutes au maximum, et l’objectif à long terme, à garantir que tout le monde dispose d’eau potable chez soi. Cependant, selon les estimations des Nations Unies, en Afrique subsaharienne par exemple, pour 29 % de la population (37 % dans les zones rurales et 14 % dans les zones urbaines), les sources d’eau potable améliorées se trouvent à 30 minutes, voire plus.

En Afrique subsaharienne, la collecte de l’eau prend en moyenne 33 minutes dans les zones rurales et 25 minutes dans les zones urbaines. En Asie, ce sont respectivement 21 et 19 minutes. Mais dans certains pays, les chiffres sont plus élevés. En Mauritanie, en Somalie, en Tunisie et au Yémen, il faut compter plus d’une heure rien que pour se rendre à un point d’eau.

Dans les foyers ne disposant pas de l’eau courante, la corvée d’eau incombe de manière disproportionnée aux femmes et aux enfants, en particulier aux filles. Une étude portant sur 24 pays subsahariens a révélé que lorsque le temps nécessaire à la collecte dépasse 30 minutes, quelque 3,36 millions d’enfants et 13,54 millions de femmes se chargent d’aller chercher de l’eau. Au Malawi, les Nations Unies estiment que les femmes consacrent en moyenne 54 minutes à la collecte de l’eau, contre seulement 6 minutes pour les hommes. En Guinée et en République-Unie de Tanzanie, la durée moyenne de la collecte de l’eau est de 20 minutes chez les femmes, soit deux fois plus que chez les hommes.

Pour les femmes, les coûts d’opportunité de la collecte de l’eau sont élevés et ont de profondes répercussions. Le fait de devoir aller chercher de l’eau réduit considérablement le temps qu’elles peuvent passer avec leur famille et mettre à profit pour s’occuper de leurs enfants, effectuer des tâches ménagères ou même s’adonner à des loisirs. Pour les garçons comme pour les filles, la collecte de l’eau peut empiéter sur les études, les empêchant même parfois totalement d’aller à l’école.

La collecte de l’eau peut nuire à la santé de toute la famille, et notamment à celle des enfants. En l’absence d’accès à l’eau chez soi, même si l’eau provient d’une source sûre, le fait qu’elle soit transportée et stockée augmente le risque qu’elle soit contaminée par des matières fécales avant d’être bue.

Le risque de maladies diarrhéiques est lui-même accru en conséquence ; elles constituent la quatrième cause de mortalité chez l’enfant de moins de 5 ans et une cause majeure de malnutrition chronique ou de retard de croissance, un fléau qui touche 159 millions d’enfants à travers le monde. Chaque année, plus de 300 000 enfants de moins de 5 ans, soit plus de 800 par jour, meurent de maladies diarrhéiques dues à un mauvais assainissement, à une mauvaise hygiène ou à l’eau contaminée qu’ils boivent.

« Où que vous regardiez, l’accès à l’eau potable change la vie des gens », précise Sanjay Wijesekera. « Les besoins sont clairs, les objectifs aussi. Les femmes et les enfants ne devraient pas avoir à consacrer autant de temps à ce droit humain fondamental. »

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