Épidémie d’Ebola

La République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda sont actuellement frappés par une épidémie de maladie d’Ebola qui menace les familles vulnérables.

République démocratique du Congo. En octobre 2025, un groupe d'U-Reporters mène une campagne de sensibilisation du virus Ebola auprès des habitants du village de Bulape, dans la province du Kasaï.
UNICEF/UNI878171/Badimu
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Une espèce rare du virus met aujourd’hui en danger les enfants et les communautés vulnérables en RDC et en Ouganda. Classée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) comme une « urgence de santé publique de portée internationale », cette épidémie s’étend déjà à plusieurs zones des deux pays, ce qui exige une riposte d’autant plus rapide. Dans les régions touchées, les enfants et les familles font effectivement face à des risques croissants liés non seulement au virus, mais aussi à ses répercussions sur les services de santé et sur leur vie quotidienne.

Face à cette situation, l’UNICEF, s’emploie à renforcer son soutien au plus vite en collaborant avec ses partenaires pour endiguer l’épidémie et protéger les enfants et leurs communautés.

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Les conséquences du virus Ebola sur les enfants

Au-delà du danger immédiat que le virus représente pour leur santé, les enfants peuvent souffrir de traumatismes émotionnels durables après avoir été témoins de la souffrance de leurs proches, confrontés à l’isolement ou victimes de stigmatisation au sein de leur communauté. Il est donc essentiel que les interventions d’urgence tiennent compte de leurs besoins spécifiques.

  • Séparation brutale : Lorsque leurs parents sont placés dans des centres de traitement, les enfants se retrouvent privés des principales personnes dont ils dépendent. Un bébé dont la mère est infectée, par exemple, ne peut plus être allaité et doit recevoir une alimentation de remplacement de toute urgence.
  • Perte d’un être cher : Les enfants qui perdent leurs parents ont besoin d’une protection à long terme. Dans ce contexte, une médiation auprès de leur famille élargie, qui peut hésiter à les accueillir, peut s’avérer nécessaire, tout comme un accompagnement pour leur retour à l’école – une étape déterminante pour leur éducation et leur bien-être psychologique.
  • Stigmatisation et discrimination : La peur suscitée par le virus peut entraîner l’isolement des enfants au sein même de leur communauté. Il est par conséquent crucial de mettre en place un accompagnement psychosocial adapté pour les aider à se sentir acceptés, valorisés et soutenus.
  • Soins médicaux adaptés aux enfants : Les enfants infectés par le virus nécessitent une prise en charge et un accompagnement spécialisés pour leur rétablissement. En outre, les enfants souffrant de malnutrition ont besoin d’aliments thérapeutiques adaptés.
Une mère aide ses enfants à se laver les mains à un point de contrôle de la température et de lavage des mains à l’hôpital de Kyeshero à Goma, en République démocratique du Congo.
UNICEF/UNI993890/Mwisha /AFP Une mère aide ses enfants à se laver les mains à un point de contrôle de la température et de lavage des mains à l’hôpital de Kyeshero à Goma, en République démocratique du Congo.

Situation actuelle

L'épidémie actuelle est d'ores et déjà celle qui connaît la progression la plus rapide jamais enregistrée, et la plus importante de l'histoire de la République démocratique du Congo. Cette flambée épidémique de maladie d’Ebola est due à l’espèce Bundibugyo, dont la circulation aurait débuté en avril.

Au 12 juillet 2026, près de 2000 cas étaient confirmés en République démocratique du Congo. Pour les enfants et les familles vivant déjà dans des conditions précaires, la situation est aggravée par la persistance du conflit, l’accès limité à l’aide humanitaire et les importants mouvements transfrontaliers, autant de facteurs qui compliquent les mesures de confinement et augmentent le risque de transmission. 

Il est également important de préciser qu’à ce jour, hormis les soins de soutien, il n’existe aucun traitement ni vaccin spécifique homologué contre le virus Bundibugyo. 

Il est dès lors primordial d’engager un dialogue avec les communautés afin de leur fournir des informations fiables sur le virus, de les aider à repérer les symptômes et à accéder aux soins, tout en renforçant le traçage des contacts et les capacités de dépistage, et en veillant à la continuité des autres services essentiels. Or, la détérioration rapide de la situation humanitaire freine fortement ces efforts. Le personnel de santé et les intervenantes et intervenants de première ligne, également exposés, travaillent ainsi dans des conditions extrêmement difficiles pour contenir la propagation du virus. Dans ce contexte, leur protection demeure une priorité absolue.

Des fournitures destinées à la lutte contre le virus Ebola sont déchargées à l’aéroport de Bunia, dans la province d’Ituri, en République démocratique du Congo.
UNICEF/UNI994522/Shamwami

La réponse de l’UNICEF

En République démocratique du Congo, l’UNICEF collabore avec ses partenaires et s’appuie sur la vaste expérience acquise lors des précédentes ripostes menées contre Ebola dans l’est de la RDC, afin de : 

  • Renforcer la prévention des infections dans les établissements de santé, les écoles et les communautés, notamment en mettant en place des zones de prétriage, d’isolement et de soins, et en fournissant des kits de prévention et de contrôle des infections ;  
  • Améliorer la santé communautaire et la surveillance, notamment par la recherche active de cas et le traçage des contacts ;
  • Mobiliser les communautés, les personnalités locales influentes et les chefs religieux afin de lutter contre les fausses informations, de renforcer la confiance envers les institutions et d’encourager le recours rapide aux soins ainsi que l’organisation de funérailles sûres et dignes ;
  • Fournir des services de protection de l’enfance et de soutien en matière de santé mentale, notamment un accompagnement psychosocial spécifique aux familles touchées, aux survivant·e·s et aux agent·e·s de première ligne, ainsi que des solutions d’accueil temporaire pour les enfants séparés de leurs parents ou des personnes en ayant la charge, lorsque ces derniers ont été admis dans un centre de traitement d’Ebola.  

En Ouganda, l’UNICEF travaille avec ses partenaires et s’appuie sur les infrastructures, les systèmes et les capacités mis en place en 2025 dans le cadre de la riposte à la maladie à virus Soudan, afin de : 

  • Renforcer la prévention des infections dans les établissements de santé, les écoles et les points d’entrée prioritaires grâce à la mise à disposition de fournitures essentielles et d’installations de lavage des mains ainsi qu’à la formation d’agentes et d’agents de santé ;   
  • Sensibiliser, via des campagnes multimédias et l’écoute des médias sociaux, les communautés à risque et les personnes locales ayant de l’influence à l’aide de messages visant à lutter contre les fausses informations et à encourager le recours rapide aux soins ;
  • Fournir des équipements essentiels tels que des tentes d’isolement et de soins, des équipements de protection individuelle et des kits de prévention et de lutte contre les infections ;
  • Verser des transferts en espèces à des fins humanitaires, pendant une période pouvant aller jusqu'à trois mois afin de venir en aide aux ménages confrontés à des soins médicaux, à l’isolement ou à la quarantaine. 

>>> En savoir plus sur la riposte de l’UNICEF face au virus Ebola en RDC et en Ouganda

En République démocratique du Congo, un groupe d’U-Reporters contribue à sensibiliser les habitants de la province du Kasaï au virus Ebola (octobre 2025).
UNICEF/UNI877784/Badimu En République démocratique du Congo, un groupe d’U-Reporters contribue à sensibiliser les habitants de la province du Kasaï au virus Ebola (octobre 2025).

Une approche éprouvée et fondée sur les communautés

Lors des précédentes épidémies d’Ebola, l’UNICEF a mis en œuvre une approche communautaire éprouvée ayant permis de freiner la transmission du virus et de protéger les familles. Celle-ci repose sur les mesures suivantes :

  • Des actions visant à renforcer la confiance grâce à la mobilisation des communautés : La lutte contre le virus Ebola reposant largement sur la confiance des communautés, l’UNICEF travaille en étroite collaboration avec les responsables locaux, les survivantes et les survivants ainsi que les réseaux de jeunes et de femmes. Grâce à des canaux de diffusion tels que la radio locale, l’organisation contribue également à informer les familles sur les modes de transmission du virus et sur les moyens de réduire les risques.
  • Des activités de prévention et lutte contre les infections et interventions dans le domaine de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène : Afin de contribuer à limiter la propagation du virus, l’UNICEF forme et prépare des équipes locales chargées de l’hygiène pour qu’elles puissent décontaminer les habitations, les écoles et les établissements de santé en toute sécurité lorsqu’un nouveau cas est confirmé. L’UNICEF soutient également la mise en place d’installations de lavage des mains et de contrôle de la température dans les lieux publics.
  • La mise en place d’un soutien psychosocial de première ligne : S’appuyant sur les enseignements tirés des précédentes épidémies, les équipes psychosociales de l’UNICEF fournissent un soutien rapide et efficace aux familles touchées, notamment en les accompagnant dans les moments difficiles, qu’il s’agisse de transférer un proche vers un centre de soins, de les aider à accepter la désinfection de leur domicile ou à organiser des funérailles en toute sécurité et dans la dignité, ou encore en assurant la recherche et le suivi des contacts pour permettre un dépistage précoce de la maladie.

Foire aux questions sur l’épidémie d’Ebola

Grâce à notre plateforme de mobilisation communautaire U-Report, l’UNICEF travaille avec les jeunes en République démocratique du Congo, en Ouganda et dans d’autres pays afin de recenser les questions les plus fréquentes concernant la maladie à virus de Bundibugyo (MVB) et les conséquences de cette épidémie sur les enfants et leurs familles.

Questions

La MVB se transmet par contact direct avec les liquides corporels d’une personne touchée par le virus, avec les surfaces contaminées ainsi qu’avec les animaux sauvages infectés. Elle ne se transmet pas par voie aérienne.

Les symptômes peuvent inclure :

  • Une fièvre soudaine ;
  • Des douleurs abdominales ;
  • Un manque d’appétit ;
  • De la fatigue ;
  • Des douleurs musculaires ;
  • Un mal de gorge ;
  • Des nausées ou des vomissements ;
  • De la diarrhée.

Les symptômes peuvent apparaître entre 2 et 21 jours après l’infection. Si vous ou l’un de vos proches présentez des symptômes, consultez immédiatement une ou un professionnel·le de santé ou contactez sans tarder les autorités sanitaires locales.

Parmi les sources d’informations fiables, figurent notamment :

  • Le personnel de santé ;
  • Les autorités sanitaires locales ;
  • Les travailleuses sociales et travailleurs sociaux ;
  • Le personnel enseignant formé ou informé ;
  • Les responsables religieux ou communautaires de confiance ;
  • L’UNICEF et ses partenaires.
     

Les rumeurs peuvent se propager rapidement lors d’épidémies. Si vous entendez quelque chose qui vous inquiète, vérifiez cette information auprès d’une source fiable.