La corvée de l’eau n’en est plus une !
En collaboration avec le ministère de l’Eau, l’UNICEF a soutenu la mise en place d’un projet visant à fournir de l’eau potable à la communauté de Kalaf, village se trouvant dans la région de Tadjourah.
L’UNICEF s’efforce de garantir la salubrité, la qualité, la fiabilité et la pérennité des ressources pour atteindre l’objectif d’un accès universel à des services d’approvisionnement en eau à l’horizon 2030.
En collaboration avec le ministère de l’Eau, l’UNICEF a soutenu la mise en place d’un projet visant à fournir de l’eau potable à la communauté de Kalaf, village se trouvant dans la région de Tadjourah.
Pour mettre en lumière les principales difficultés d’accessibilité de l’eau rencontrés et les améliorations apportées par les réalisations de ce projet, nous nous somme entretenus avec Zeinaba Mohamed Kamil, qui nous explique les changements qu’elle a repéré suite à l’installation de points d’eau dans son village.
Zeinaba, mère de six enfants et comptable du comité de gestion du point d’eau situé Kalaf en région de Tadjourah, elle a malheureusement perdu trois de ses enfants en raison de la malnutrition.
Elle explique : « La mise en place de points d'eau a contribué à améliorer la santé générale de la communauté. Avant, l'eau provenant du bassin qui n'était pas toujours propre, ce qui entraînait des problèmes de santé fréquents. Maintenant, avec l'accès à des sources d'eau potable grâce aux robinets installés par l'UNICEF, les risques de maladies liées à l'eau ont considérablement diminué. »
Zeinaba souligne également l'impact économique positif de ces changements. Les femmes qui étaient auparavant occupées à transporter de l'eau sur de longues distances peuvent désormais investir leur temps dans des activités génératrices de revenus, comme l’artisanat. Cela a contribué à renforcer l'autonomie économique des femmes du village.
Grâce à la collaboration entre l'UNICEF, les acteurs locaux et les systèmes de suivi, l'accès à l'eau potable à Kalaf a été considérablement amélioré. Cela a entraîné des répercussions positives sur la santé, le bien-être économique et la qualité de vie globale de la communauté. L'approche axée sur la durabilité et la participation communautaire a permis de garantir que les bénéfices perdurent au-delà de l'installation initiale des points d'eau.
De plus, le village a mis en place une initiative en nommant un jeune homme originaire de Kalaf pour gérer le robinet et collecter des fonds pour l'entretien des installations. Cette approche démontre un engagement fort envers la durabilité et la responsabilité communautaire. En confiant la gestion à un résident locale, la communauté s'assure que quelqu'un ayant une connaissance approfondie des besoins locaux supervise le bon fonctionnement du système d'approvisionnement en eau.
La collecte mensuelle de 1000 francs (5$) auprès de tous les ménages destinés à l'entretien et aux réparations est également une mesure proactive. Ainsi, le CGPE collecte environ 60.000 DJF soit 338$ Cela garantit qu'il y ait des ressources financières disponibles pour assurer la maintenance régulière du système et intervenir rapidement en cas de besoin. L'affectation de ces fonds à la rémunération d'un agent de maintenance (50,000DJF soit 282$) démontre la prévoyance de la communauté pour s'assurer qu'il y ait une expertise disponible pour résoudre les problèmes techniques éventuels.
Certains ménages sont mêmes exemptés de la collecte, puisqu’ils n’ont pas les financements nécessaires pour pouvoir contribuer. Cette approche participative renforce l'autonomie de la communauté et favorise un sentiment de responsabilité collective envers les installations fournies par l'UNICEF. Cela contribue non seulement à assurer la durabilité des bénéfices à long terme, mais renforce également la résilience de la communauté face aux défis potentiels liés à l'approvisionnement en eau.
Zeinaba poursuit : « La corvée de l’eau n’en est plus une. Avant imaginez-vous que les femmes partaient à 7h du matin pour ne revenir qu’à 12h. Certaines ont même fait des fausses couches parce que les conditions étaient extrêmes, surtout l’été. L'impact sur la qualité de vie des femmes est immense. Le fait de pouvoir passer plus de temps avec leurs enfants, ou explorer des opportunités économiques contribue à renforcer le tissu social et le bien-être familial. C’est un gain de temps non négligeable. »
Ce projet comprenait initialement la réparation de la conduite de refoulement et l’installation d’un réseau de distribution d’eau potable. Ainsi, environ 3000 personnes ont pu accéder à un service basique d’eau potable de qualité.
Le réseau d’approvisionnement d’eau potable, construit sur 1.7 km et doté de 05 bornes fontaines, a été implanté en concertation avec la communauté à des endroits stratégiques. De cette façon, chaque point d’eau se trouve à moins de 300 mètres, conformément aux standards de l’ODD6. Aujourd’hui, la communauté bénéficie d’un service d’eau potable résilient et durable.
En outre, la forte pression du réseau de distribution permet à la quasi-totalité des ménages d’avoir l’eau courante à la maison. Chaque groupe de voisins a participé financièrement à l’achat de tuyaux flexibles pour se raccorder aux bornes fontaines et acheminer l’eau jusqu’à leur domicile. Ainsi, la corvée d’eau a disparu pour les familles, surtout pour les femmes et les enfants qui s’occupaient principalement de cette tâche domestique. De plus, ces ménages ont bénéficié d’un appui supplémentaire visant à améliorer leur capacité de stockage grâce à la distribution de fûts de stockage d’eau à domicile. Enfin, le projet a aussi renforcé et encadré la communauté pour assurer une gestion durable des installations et pérenniser le service.