Jeune et engagée contre les Mutilations Génitales Féminines à Djibouti

Jeune et engagée contre les Mutilations Génitales Féminines! L'exemple de Fatouma Adakeh.

Abdallah Hamadou Mohamed
Les jeunes participants à l'atelier a un atelier contre les MGF
UNICEF Djibouti/2023/Iman Abdi Houssein
14 janvier 2024

Comme la majorité des jeunes de sa génération, Fatouma a subi cette pratique que beaucoup considèrent à ce jour comme un héritage à perpétuer. Sa première expérience douloureuse liée aux Mutilations Génitales Féminines remonte à son adolescence, tout précisément avec l’apparition des premières menstruations, mais se dit chanceuse comparée à certaines de ses camarades pour qui les douleurs font revivre le souvenir traumatisant de l’excision.

Très engagée dans la vie associative de son quartier situé dans la ville de Tadjourah, et touchée par les souffrances de ses amies, elle s’est rapprochée de l’association des femmes de Tadjourah, considérée par sa génération comme l’organisation œuvrant pour la protection de filles contre les MGF et l’autonomisation de jeunes filles et de femmes.

Très touchée par les souffrances de ses amies, elle s’est rapprochée de l’association des femmes de Tadjourah (AFT), considérée par sa génération comme l’organisation œuvrant pour la protection de filles contre le MGF et l’autonomisation de jeunes filles et de femmes.

Grace au partenariat avec l’UNICEF, l’AFT a pu offrir une opportunité à Fatouma, fraichement sortie de l’Université de Djibouti avec une licence en droit, en qualité d’animatrice MGF dans son quartier. Aujourd’hui Fatouma est fière d’être en première ligne pour promouvoir l’abandon total de la pratique de MGF et confesse sa gratitude à l’endroit de l’AFT qui lui a offert cette possibilité de contribuer à un engagement qui lui tient à cœur.

Pour Fatouma, son quartier regorge de familles qui restent encore attachées à cette pratique néfaste que sont les MGF et souligne l’intérêt de la formation de qualité que leur a prodigué l’AFT avant leur déploiement sur le terrain. Selon elle, la formation facilitée par un médecin expérimenté a permis de les outiller pour expliquer les conséquences multiformes de toute les formes d’excision aux différents publics et les a encouragés à intégrer dans le groupe de discussion les garçons et les hommes.

Après des séries de sensibilisations dans les quartiers avec les ménages et les filles déscolarisées et au collège avec les jeunes filles, Fatouma  reconnait que le chemin est long pour mettre fin aux mutilations génitales féminines mais se dit réconfortée par les paroles, discours et volontés exprimés dans les discussions de groupes qui convergent tous dans la même direction : les MGF sont une pratique qui n’est pas prescrit par la religion et a des lourdes conséquences sur la santé y compris sur le plan psychologique.

L’UNICEF œuvre avec ses partenaires institutionnels et la société civile afin de mettre fin à une pratique qui touche encore beaucoup trop de jeunes filles dans le pays, grâce notamment à la collaboration et l’apport du programme global conjoint MGF UNFPA-UNICEF/ Phase IV (2022-2030).