L'enregistrement des naissances, une responsabilité collective !
« Me battre pour obtenir les actes de naissance de mes enfants a été l'un de mes combats les plus acharnés », nous confie avec fierté Filsan, une jeune mère de trois garçons !
Filsan réside dans la commune de Balbala, située dans la ville de Djibouti. Son histoire prend racine en 2015, lorsqu'elle a décidé de se marier très jeune, peu après avoir réussi son BEF (brevet d'études fondamentales), avec un garçon de son âge pour qui elle éprouvait un amour profond. Aujourd'hui, elle est la mère de trois garçons âgés de 3 à 6 ans.
Lorsqu'elle a donné naissance à son premier enfant en 2017, sa vie conjugale était épanouissante et le père prenait véritablement soin d'elle et du bébé. Il avait même entrepris les démarches à temps auprès de l'état civil pour obtenir l'acte de naissance, que possède aujourd’hui son premier enfant, nommé Abdi.
Deux années après la naissance de son premier enfant, Filsan a accueilli deux autres enfants en 2019 et 2020. Cependant, la situation financière du père s'est détériorée au fil du temps, engendrant des conséquences significatives sur la famille et les nouveau-nés. À tel point qu'il n'avait pas les moyens de payer les 10 000 DJF (5 000 DJF par enfant) pour les fiches de sortie, document requis pour initier la procédure d'enregistrement des naissances auprès des bureaux d'état civil au niveau des communes.
Malgré les défis, et bien qu'elle ne vive plus avec son mari, Filsan s'est battue afin de faire enregistrer ses deux derniers enfants. Cette lutte a duré trois années, impliquant des démarches auprès des institutions judiciaires et administratives.
Elle partage avec nous le soulagement qu'elle ressent après avoir surmonté ces obstacles pour régulariser la situation de ses deux enfants.
Filsan révèle que la vie de ses enfants a radicalement changé depuis l'obtention de leurs actes de naissance. Auparavant, ils n'étaient reconnus ni aux yeux de la justice, ni aux yeux de la loi, de l'État. Aujourd'hui, âgés de 3 et 4 ans, ces enfants bénéficient pleinement des avantages offerts par la possession d'un acte de naissance.
Fièrement, Filsan partage que ces enfants « bénéficient d'une couverture médicale destinée aux familles vulnérables, ce qui facilite leur accès aux soins de santé, et ils perçoivent même une pension alimentaire de la part de son ex-compagnon ».
En outre, elle peut désormais les inscrire à une garderie communautaire située dans son quartier. Ce qui semblait impensable il y a trois ans.
Cette reconnaissance légale leur assure une protection, l’accès à leurs droits à l’identité et à l’éducation, conformément à la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE).
Aujourd’hui, Filsan continue de lutter pour trouver un emploi décent, afin d’élever ses enfants avec dignité et de leur offrir un avenir meilleur.
La commune de Balbala, tout comme d’autres communes de la ville de Djibouti et des cinq régions de l’intérieur, bénéficie d’un programme mis en œuvre par la Direction générale de la Population et de la Famille avec l’appui technique de l'UNICEF Ces initiatives de sensibilisation au sein de la communauté encouragent la déclaration des naissances sur le territoire du pays, contribuant ainsi à promouvoir cette responsabilité collective.
L’appui technique de l’UNICEF grâce au financement et l’accompagnement considérable L’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS), contribue à garantir que le système de protection de l'enfance ait la capacité de prévenir et de répondre à la violence contre les filles et les garçons et à promouvoir le droit à un nom à travers l’enregistrement des naissances.
L'environnement juridique et politique est renforcé pour permettre aux enfants vulnérables, y compris les enfants en mouvement, d'accéder à une protection de qualité et à d'autres services sociaux de base.