Ma vie a changé
"Pour avoir un peu d’argent et survivre, il nous fallait draguer les hommes."
MOUNKOUANTSI BANZOUZI Pamela Sandra jeune mère coiffeuse et esthéticienne.
J’ai 30 ans et je suis mère de quatre enfants (2 filles et 2 garçons) dont le dernier a 4 ans. Titulaire d’un Bac technique en gestion en 2008, j’ai fait des études universitaires en gestion jusqu’en première année. Faute de soutien et sans bourse d’études, j’ai fait plusieurs concours professionnels comme ceux d’entrée dans la gendarmerie et les douanes mais sans succès. Dépitée par cette situation, j’ai donc interrompu mes études pour faire la vie. Avec deux copines, j’ai mené une vie mondaine. Pour avoir un peu d’argent et survivre, il nous fallait draguer les hommes.
Une nuit, alors que je trainais dans un bistrot avec mes 2 copines, nous avons fait la connaissance de 3 hommes. Ils se sont présentés comme étant des encadreurs de l’Association de Solidarité Internationale (ASI)partenaire de l’UNICEF.
A la fin de la conversation, mes 2 copines et moi étions invitées à nous rendre le lendemain matin au siège de leur Organisation situé au quartier Plateaux des 15 ans. Ici, des conseils nous ont été prodigués pour mener une vie propre et digne. Sortir de la rue, apprendre un métier, travailler et retrouver la dignité.
Ma période de stabilisation n’a duré que 3 mois au regard de mon engagement et de ma motivation. J’avais des aptitudes dans la coiffure car depuis mon enfance j’aimais coiffer et je savais faire les tresses aux autres filles de mon entourage. ASI m’a donc placé en formation au sein de l’Association brazzavilloise jeunesse action évolutive section coiffure et esthétique. Ma formation a duré un an, c’était en 2015. A la fin, ASI m’a doté en kits de réinsertion professionnelle, essentiellement des matériels de coiffure et d’esthétique. Ce qui m’a permis d’ouvrir mon salon de coiffure à Madibou sur la route nationale précisément à Kinsana. Et comme les affaires marchaient bien, j’ai ouvert aussi un bistrot puis un restaurant. Le samedi, le salon marche à plein régime. Je reçois plusieurs clientes et vraiment les affaires marchent bien. Ma vie a changé. A la fin de la journée, mes activités professionnelles me rapportent environ cinquante mille francs. J’ai abandonné la vie de débauche. Je remercie ASI et UNICEF qui m’ont soutenues sur ce long processus. Je suis devenue aussi formatrice en coiffure et esthétique et j’encadre quatre jeunes filles. Ma fille de 4 ans vit avec moi et est au centre préscolaire. Les autres enfants sont avec leurs pères respectifs.
Je lance un appel aux jeunes filles vulnérables et qui vivent encore dans la débauche de prendre conscience que c’est une vie dangereuse et sans dignité. Sans orgueil, qu’elles s’engagent dans l’apprentissage d’un métier. Les hommes vont les respecter car elles auront de la valeur à leurs yeux.