À Adré, le dialogue communautaire redonne confiance en la vaccination
De l’hésitation à la confiance, Halimé Koni Chidi partage son expérience pour encourager les familles à protéger leurs enfants
- English
- Français
À Adré, dans la province du Ouaddaï, à l'est du Tchad, près de la frontière avec le Soudan, les rumeurs, les fausses informations et la crainte des effets secondaires continuent de freiner la vaccination des enfants. Malgré l'efficacité reconnue des vaccins pour prévenir des maladies évitables comme la rougeole, de nombreuses familles hésitent encore à respecter le calendrier vaccinal.
Halimé Koni Chidi faisait partie de ces parents qui doutaient de la vaccination. Âgée de 47 ans et mère de quatre enfants, elle vit à Adré avec son mari, dans un foyer qui pratique principalement l’agriculture et le petit commerce. Comme de nombreuses autres mères de sa communauté, elle a longtemps été influencée par les rumeurs circulant sur les vaccins. Ces inquiétudes l’amènent parfois à manquer les rendez-vous de vaccination de routine de ses enfants, sans pleinement mesurer les risques auxquels ils sont exposés.
« Avant, je pensais que les vaccins pouvaient faire du mal à mes enfants. »
Un jour, elle participe à une séance d'échanges organisée à la Maison de la Femme d'Adré, un centre mis en place par le Système des Nations Unies au Tchad en collaboration avec le gouvernement tchadien, dédié à l'autonomisation et à la protection des femmes réfugiées soudanaises, retournées et de la communauté hôte.
Animée par des agents de santé, des relais communautaires et des leaders locaux, cette rencontre permet aux participantes de poser leurs questions et d'exprimer leurs préoccupations. À l'aide de boîtes à images et de messages simples, les équipes expliquent l'importance du respect du calendrier vaccinal ainsi que les bénéfices de la vaccination pour les enfants et les femmes en âge de procréer.
Pour Halimé, ces échanges marquent un tournant. Convaincue par les explications reçues, elle décide de faire vacciner régulièrement ses quatre enfants.
« Aujourd'hui, je sais que les vaccins protègent contre des maladies graves. Je connais désormais les bénéfices de la vaccination. »
Quelques mois plus tard, plusieurs localités du district sanitaire d'Adré connaissent une recrudescence des cas de rougeole. Plusieurs enfants sous vaccinés tombent malades. Les enfants de Halimé, correctement vaccinés, restent en bonne santé. Seul son plus jeune enfant n'a pas achevé son calendrier vaccinal à temps, à la suite d'une négligence qu'elle reconnaît aujourd'hui.
En constatant que ses enfants vaccinés sont restés protégés pendant la recrudescence de la rougeole, Halimé a ressenti à la fois du soulagement et une profonde prise de conscience :
« La vaccination constitue l'un des moyens les efficaces de protéger la vie, la santé et l'avenir des enfants. »
Depuis, elle ne manque plus aucune séance de vaccination. Elle conserve soigneusement les carnets de vaccination de ses enfants et rappelle régulièrement aux autres mères de son groupement féminin et de son quartier les dates de passage des équipes de vaccination.
« J'encourage toutes les mamans à faire vacciner leurs enfants dès leur naissance et à respecter toutes les doses prévues. »
Grâce au financement du Fonds Humanitaire Régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, l’UNICEF soutient les activités de communication pour le changement social et comportemental afin de renforcer l’adhésion des communautés aux services de vaccination. Menées en collaboration avec les services de santé, les relais communautaires, les bénévoles et les leaders locaux, ces interventions favorisent un dialogue de proximité avec les familles, répondent à leurs préoccupations et contribuent à réduire l’hésitation vaccinale, avec pour objectif d’atteindre chaque enfant et de garantir qu’aucun ne soit laissé sans protection contre les maladies évitables par la vaccination.