Redonner de l’espoir aux jeunes vivants avec le VIH en RCA
‘’j’ai déjà décidé de dominer deux choses : la honte et la peur de cette maladie !’’
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« Vivre avec le VIH n’est pas facile, je dirais même très difficile. Dans mon quartier, je suis encore fréquemment indexée, et dans ma propre famille, je suis stigmatisée. On me rejetait. A la maison, je dormais et je mangeais seule, loin de tout le monde”, nous confie Marie*, une jeune femme de 26 ans.
Il y a trois ans, lors d’un dépistage de routine, Marie, découvrît qu’elle était porteuse du VIH.
«Je pensais que ma vie était finie. Je devais me présenter au baccalauréat mais j’ai refusé d’y aller. J’étais mal à l’aise et j’avais tellement peur,» ajoute Marie.
Elle sentit sa vie basculer. Quelques mois plus tard, elle a été conviée dans un club de pairs éducateurs, elle décida de reprendre sa vie en main.
« Dans ce club, ils m’ont expliqué l’importance de prendre mes médicaments d’une façon régulière et les risques de ne pas le faire. Mes pairs ont aussi pris le temps pour m’aider à accepter ma situation, à reprendre ma vie en main et mettre un terme à mon isolement, tout en prenant les précautions nécessaires, » continue-t-elle, « J’ai même décidé de passer mon baccalauréat ! ».
Marie fait partie des 400 jeunes qui ont participé à l’atelier de formation et d’échange organisé par UNICEF sur la sexualité responsable, les infections et maladies sexuellement transmissibles, et les différents moyens de communication au sujet du VIH.
« Grâce aux discussions autour du VIH et les sensibilisations en cours, j’ai pu accepter mon statut. J’ai également décidé de dominer deux choses : la honte et la peur de cette maladie », dit-elle avec beaucoup de fierté.
Pour Marie, le club des pairs éducateurs, revêt d’un caractère salvateur. Ils sont environ 1,500 personnes sur toute l’étendue du territoire. Ce groupe de jeunes accompagne leurs pairs psychologiquement et mutuellement dans l’accès, l’adhérence et le maintien dans le suivi des soins.
« Aujourd’hui, j’ai le courage de sensibiliser mes pairs, mais aussi ceux qui n’ont pas la maladie car il faut vivre ensemble et toujours être très prudent dans la vie, » affirme-t-elle.
Reconnaissante à la vie, Marie souhaite voir réaliser son rêve d’enfance qui lui tient à cœur : « Depuis ma tendre enfance, j’ai voulu ouvrir un centre d’accueil pour les enfants, les orphelins, les déshérités pour leur prise en charge ».
Aujourd’hui, Marie est maman d’un garçon Simplice, qui a 2 mois et qui est en bonne santé. « L’espoir est permis, » soupire-t-elle.
*Prénom modifié pour des raisons de protection.