Le jour où les visages d’Afra et de Leslie rayonnaient de beauté

Au cours d'une mission dans une région reculée du nord-est de la RCA, le personnel de l'UNICEF a rencontré deux enfants atteints de fente labiale. Grâce à un partenariat avec l'hôpital pédiatrique de Bangui, elles ont bénéficié d'une intervention.

Jose Carlos Rodriguez Soto/ UNICEF RCA
Afra et Leslie posent avec leurs mères respectivess le jour de leur retour à Birao
UNICEF/Rodriguez
23 octobre 2026

Le visage de Prencia Yabenda rayonne de joie tandis qu’elle observe sa fille de trois ans, Leslie, assise dans la cour de leur maison. C’est comme si le fait de voir son enfant si transformée lui avait redonné ce dont elle rêvait depuis si longtemps.

« Oui, mon bébé est tellement mignon. Mais depuis sa naissance, chaque fois que je la regardais et que je voyais cette fente labiale, je me sentais découragée. Aujourd’hui, je suis folle de joie. C’est comme si un miracle s’était produit. »

Prencia Yabenda, mère de Leslie, atteinte de fente labiale.

La jeune mère s’exprime avec conviction, sa joie transparaissant dans chacun de ses mots.

Leslie est l'aînée de Prencia. Elles vivent dans l'un des quartiers de Birao, une ville isolée du nord-est de la République centrafricaine, à plus de 1 000 kilomètres de la capitale, Bangui.

Il y a quelques semaines, Prencia a eu la surprise de voir un véhicule arborant le logo de l’UNICEF s’arrêter à l’entrée de sa concession. L’équipe lui a expliqué qu’elle et sa fille étaient invitées à se rendre à Bangui, où Leslie allait subir une intervention chirurgicale à l’hôpital pédiatrique. Le transport et l’hébergement leur seraient fournis gratuitement, pension complète comprise.

 

Chez elle, à Birao, Prencia Yabenda contemple sa fille, Leslie, âgée de trois ans.
UNICEF/Rodriguez Chez elle, à Birao, Prencia Yabenda contemple sa fille, Leslie, âgée de trois ans

Cette histoire a commencé lors d’une visite réunissant plusieurs agences et bailleurs de fonds. A cette occasion, les visiteurs ont rencontré une enfant soudanaise, Afra, dans un « Espace Ami des Enfants » que l’UNICEF gère avec son partenaire, l’ONG Triangle, à Korsi — un quartier accueillant quelque 25 000 réfugiés soudanais. Ils ont immédiatement remarqué une fillette qui ne riait ni ne chantait aussi fort que les autres enfants.  C’est alors la Chargée d’affaires des États-Unis qui a demandé à l’UNICEF d’intervenir pour lui venir en aide. 

Afra, âgée de huit ans, était née avec une fente labiale (aussi appelée « bec à lèvre »), une malformation congénitale caractérisée par une fusion incomplète des tissus formant la lèvre supérieure au cours du développement, ce qui laisse un espace ou une ouverture.

Une fente labiale ne met généralement pas la vie en danger, mais si elle n’est pas traitée, elle peut entraîner d’autres problèmes à mesure que l’enfant grandit. Il peut avoir des difficultés à prononcer certains mots, nécessiter des soins dentaires particuliers, et être plus sujet aux otites à répétition. Ce dernier problème, Afra l’avait déjà rencontré.

Après plusieurs appels passés à Bangui, la capitale, l’UNICEF a pris les dispositions nécessaires pour que Afra et sa mère, Noura Abakar, soient transportées par avion à Bangui dans les plus brefs délais, afin que la fillette puisse y subir une intervention chirurgicale. Un programme financé par des donateurs et appuyé par l’ONG américaine Smile Train permet au Complexe Pédiatrique de Bangui de disposer d’experts formés et de réaliser gratuitement ce type d’opérations. Au-delà des soins, l’hôpital mène un travail crucial de recherche active pour identifier et prendre en charge d'autres enfants dans le besoin. Pour l'hébergement de la famille, l’UNICEF a contacté une auberge gérée par l’Église Catholique. 

Afra porte sa petite sœur sur le dos. Après une intervention chirurgicale corrective, son visage semble plus naturel.
UNICEF/Rodriguez Afra porte sa petite sœur sur le dos. Après une intervention chirurgicale corrective, son visage semble plus naturel.

Alors qu’ils réfléchissaient à la manière d’organiser le voyage, l’un des animateurs de l’Espace Ami des Enfants a pris la parole : « Je connais une autre enfant à Birao qui a le même problème. Elle n’habite pas loin d’ici. » Il les a emmenés alors à la maison de Leslie. 

C’est ainsi qu’en fin de compte, l’UNICEF a pris les dispositions nécessaires pour que les deux enfants se rendent à Bangui, accompagnées de leurs mères.

Les statistiques médicales montrent que la fente labiale touche environ un à deux nouveau-nés sur 1 000 dans le monde. Or, le lieu de naissance d'un enfant peut déterminer s'il aura accès au traitement dont il a besoin. Les professionnels de santé recommandent généralement que la correction d'une fente labiale soit réalisée lorsque le bébé est âgé de trois à six mois. Dans les pays plus développés, cette intervention est souvent facilement accessible. Mais dans des endroits comme Birao, où les infrastructures médicales sont extrêmement limitées, un enfant né avec cette malformation risque de ne jamais avoir la possibilité d’être opéré, simplement parce qu’il n’y a pas de chirurgiens possédant l’expertise nécessaire pour pratiquer cette intervention. Et se rendre à Bangui par la route peut prendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines, sur des routes en très mauvais état où des incidents d’insécurité se passent souvent. 

Les deux enfants et leurs mères sont restées à Bangui pendant deux semaines, jusqu’à ce qu’elles obtiennent leurs sorties de l’hôpital et, accompagnées d’un membre du personnel de l’UNICEF, regagnent Birao à bord d’un vol humanitaire.

Alors qu’on les raccompagnait chez elles, des dizaines d’enfants se sont précipités à leur rencontre, le visage rayonnant de joie. Ils regardaient avec incrédulité ce qui semblait être les nouveaux visages, plus éclatants, des deux fillettes. Tout le monde voulait les voir, les toucher et se faire prendre en photo avec elles.

Chez elle, à Korsi, Afra pose pour une photo avec deux de ses frères et sœurs et leur grand-père.
UNICEF/Rodriguez Chez elle, à Korsi, Afra pose pour une photo avec deux de ses frères et sœurs et leur grand-père.

L'UNICEF soutient l'ensemble du système de santé de la République centrafricaine, en collaborant étroitement avec le ministère de la Santé et de la Population pour mettre en place des programmes visant à renforcer la santé publique. Parmi ceux-ci figurent des initiatives en faveur de la santé maternelle et infantile, des campagnes de vaccination, des programmes nutritionnels et d'autres interventions destinées à bâtir un système de santé résilient, pouvant garantir l'accès aux soins de santé de base pour tous les enfants, en particulier les plus vulnérables.

Il ne reste plus qu'à Leslie et Afra de se rendre à l'hôpital Birao pour se faire retirer leurs points de suture. Désormais, elles espèrent mener une vie plus heureuse et en meilleure santé.

Face au succès de ces interventions, l'équipe médicale attend désormais que davantage de cas leur soient référés. Pour s'inscrire dans une dynamique durable et porter cette action à l'échelle, l’UNICEF entend renforcer son soutien en facilitant l'orientation d'autres enfants vers l'hôpital, garantissant ainsi qu'aucun enfant souffrant de cette condition ne soit laissé de côté.