Sousse : l’espoir d’une maman

Ce bébé aujourd’hui bien portant grâce à la méthode kangourou, est né prématuré et été à l’origine des plus grosses frayeurs de ses parents.

Fabrice Coula
Sousse and his mother,in the hospital courtyard
UNICEF/Fabrice Coula
05 février 2021

Marie âgée de 27 ans n’est pas prête de finir sa journée de travail à l’hôpital de district malgré l’heure qui est déjà avancée. L’origine de cette énergie et la joie qu’elle dégage se trouve sur son dos. Le petit Sousse, âgé de 9 mois et qui refuse de se séparer de sa maman, paraît lumineux. Sa mine est gaie et il semble pétillant une fois passée la crainte de l’arracher du dos de sa mère. Très fière de l’image que renvoie son fils, Marie confie qu’elle doit la bonne santé de ce dernier à ses collègues de l’unité kangourou. Nous sommes à Garoua Boulai, localité située dans le département du Lom et Djerem, région de l’Est, à pres de 250 kilomètres de Bertoua.

 Sousse est en bonne santé et en vie parce que j’ai accepté pratiquer la méthodes kangourou grâce aux conseils de mes collègues.

Marie
Sousse and his inside  the hospital.
UNICEF/Fabrice Coula

Sage-femme de formation, tout a failli basculer pour Marie lorsqu’en Mars 2020 Sousse nait plus tôt que prévu. « Lorsqu’il est né et que j’ai posé mon regard sur lui, j’ai eu de la peine à retenir mes larmes », confie-t-elle. Sousse est né avec 2 kilogrammes et 3 jours plus tard son poids est descendu à 1800g, ce qui a davantage provoqué la tristesse et le désespoir de Marie. 3 ans avant elle avait eu la joie d’être maman juste pour quelques heures car l’enfant n’aura pas survécu. « L’idée de perdre à nouveau mon enfant m’était insoutenable car je ne pensais pas que Sousse devait survivre, j’ai pensé que c’était un sort lancé pour que je ne puisse pas être maman et satisfaire mon mari qui attendait impatiemment cet enfant » poursuit-elle.

Sousse and his mother,in the hospital courtyard.
UNICEF/Fabrice Coula

Le réconfort, elle a pu le retrouver tant bien que mal grâce aux conseils de ses collègues en l’occurrence la major de la maternité et le directeur de l’hôpital qui ont été formées dans le cadre du projet KMC. « Ils m’ont beaucoup soutenu et m’ont progressivement amené à prendre ce très petit bébé sur ma poitrine ». La méthode kangourou, elle en avait entendu parler lors des séances de sensibilisation par ses collègues mais n’y était pas convaincue. Outre les conseils reçus, elle avait encore le souvenir des bébés qu’elle voyait perdre la vie bien qu’étant dans les couvreuses. Avec le soutien de son mari, elle a pu accepter Sousse et après 2 semaines de contact peau à peau, elle vu son bébé évoluer. « Il n’acceptait pas d’être allaité, un soir pendant qu’il était sur ma poitrine il a volontairement recherché le sein et j’ai vu cela comme une première victoire. Plus tard je l’ai vu évoluer à une vitesse impressionnante » dit-elle avec un grand sourire d’enfant.

Sousse and his inside the hospital.
UNICEF/Fabrice Coula

Aujourd’hui grâce a cette méthode, Sousse se porte bien et sa mine ne laisse personne indiffèrent. Lors de son dernier rendez-vous de vaccination son poids a été pesé à 11 kilogrammes. Il est devenu le sujet de plusieurs curiosités pour ceux qui l’ont vu naitre. Pour sa maman Marie, il est son protecteur et représente l’espoir. Son souhait est que son fils devienne un officier d’armée.

Cette méthode Kangourou est rendue possible grâce à l’Unicef aux côtés du gouvernement et le soutien des fonds coréens. L’objectif est de continuer à accroître l’accès à des soins de qualité nouveau-nés dans 5 districts sanitaires de la région de l’Est.