Mpox au Cameroun : à Douala, les premiers vaccins donnent espoir aux familles

À l’Hôpital Laquintinie de Douala, le 11 avril, le Cameroun a lancé la vaccination ciblée contre le Mpox avec le MINSANTÉ, l’UNICEF et l’OMS, marquant un tournant majeur.

Salomon Beguel
vaccination contre la MPOX
UNICEF/2026/Salomon Beguel
15 avril 2026

Une réponse ciblée au cœur du foyer épidémique

La région du Littoral, poumon économique du pays, concentre l'essentiel de la menace : sur les 174 cas suspects recensés au niveau national entre mi-novembre 2025 et début 2026, 65 proviennent de cette zone, dont vingt-cinq cas positifs confirmés en laboratoire. C'est donc naturellement ici, dans onze districts sanitaires, que 3 807 doses de vaccin MVA-BN ont été déployées en priorité, à destination des personnes à risque âgées de 18 ans et plus.

Depuis la détection des premiers cas en novembre 2025, le Cameroun a mis en place une riposte coordonnée, fondée sur la surveillance active, la recherche des contacts et la mobilisation des communautés.  Le dispositif est à la fois ambitieux et ancré dans les réalités locales : formation sanitaire, postes fixes temporaires installés dans les quartiers, et agents de santé communautaire polyvalents mobilisés pour identifier les personnes vulnérables et lever les réticences.

Ministre de la santé publique
UNICEF/2026/Salomon Beguel

S’exprimant à l’occasion du lancement, le Ministre de la Santé Publique, Dr Manaouda Malachie, a salué une avancée majeure dans la protection des populations :

 « La vaccination contre le Mpox traduit la volonté ferme du Gouvernement de protéger la santé des Camerounais, en particulier des personnes les plus exposées. Elle s’inscrit dans une stratégie globale qui combine prévention, surveillance épidémiologique, prise en charge des cas et engagement communautaire ».

Le Représentant de l'OMS, lui, a salué une initiative qui dépasse les frontières nationales : « La décision d'introduire ce vaccin reflète une vision stratégique claire, une capacité d'anticipation remarquable. Elle constitue également un signal fort adressé à la communauté internationale, attestant de la détermination du Cameroun à relever avec rigueur, responsabilité et innovation les défis sanitaires contemporains. » Il a rappelé que la vaccination ne doit pas être perçue comme une solution isolée, mais comme « un maillon essentiel d'une chaîne de protection » incluant surveillance, sensibilisation et prise en charge des cas.

 

L'UNICEF aux côtés du Gouvernement dès les premières heures

UNICEF
UNICEF/2026/Salomon Beguel

Partenaire clé de la riposte, l'UNICEF accompagne le Gouvernement camerounais depuis l'apparition des premiers cas en novembre 2025, en appuyant la communication sur les risques, la lutte contre la désinformation, l'engagement communautaire, ainsi que l'acheminement et le déploiement opérationnel des vaccins sur le terrain.

Juliette Haenni, Représentante Adjointe de l'UNICEF au Cameroun, a pris la parole au nom de l'organisation lors de la cérémonie, soulignant la portée de ce moment : 

« Le lancement de cette vaccination dans le Littoral marque un pas décisif dans la protection des communautés. L'UNICEF est fier de soutenir le Gouvernement dans cette action, rendue possible grâce à un partenariat solide et à une mobilisation collective au service des familles et des communautés. »

Elle a également salué le leadership du Gouvernement camerounais, qui a su anticiper les besoins et mobiliser les ressources nécessaires, notamment en s'appuyant sur l'Africa CDC pour l'approvisionnement en 10,000 doses de vaccins Mpox, permettant ainsi de rendre cette campagne possible dans des délais remarquables.

 

 

Sur le terrain : la voix de ceux qui soignent et de ceux qui ont souffert

Laquintinie
UNICEF/2026/Salomon Beguel

« Nous sommes en première ligne. Notre mission, c'est d'identifier les personnes vulnérables, de les accompagner, de leur expliquer. La vaccination, ça ne marche que si les gens font confiance. »

Les équipes médicales étaient au rendez-vous. Un agent de santé mobilisé pour la vaccination résumait son rôle avec conviction : « Nous sommes en première ligne. Notre mission, c'est d'identifier les personnes vulnérables, de les accompagner, de leur expliquer. La vaccination, ça ne marche que si les gens font confiance. »

Et puis il y avait Sylvie, une femme du Littoral qui a contracté le Mpox, a vécu la mise en quarantaine, l'isolement, la maladie. Venue recevoir le vaccin le jour même du lancement, son témoignage était poignant dans sa simplicité. Elle raconte la fièvre, la fatigue, les lésions douloureuses. « Il y a la fièvre, la fatigue, il y a des malaises. Quand ça brûle... ça empêche de dormir. » Elle décrit une semaine de quarantaine, séparée de ses trois enfants, son mari empêché de travailler. « La maladie a impacté notre quotidien. On ne vivait plus comme avant». Sur ce que lui inspire le lancement de la vaccination, sa réponse est directe, sans fioritures : « C'est bien. Pour que ça n'arrive plus. »

 

Une riposte tournée vers l’avenir

Mpox
UNICEF/2026/Salomon Beguel

L'UNICEF a conclu son discours sur une note d'ambition collective : « Ensemble, nous pouvons non seulement maîtriser la Mpox, mais aussi renforcer durablement le système de santé et la résilience des communautés face aux futures urgences sanitaires ».  En mobilisant les communautés, en renforçant la confiance et en plaçant les personnes les plus vulnérables au cœur de l’action, cette initiative trace la voie d’une réponse plus équitable et plus efficace. Car au-delà des chiffres et des stratégies, chaque vaccin administré est une promesse : celle d’un avenir plus sûr pour chaque enfant, chaque famille, chaque communauté.