Malnutrition : le combat d’une réfugiée pour sauver ses jumelles prématurées
À 18 ans, Raïhanna a déjà connu l’exil, un mariage précoce et l’abandon. À Mandjou, elle lutte pour sauver ses jumelles, dans une histoire de survie, de solidarité et d’espoir retrouvé.
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Une enfance brisée par l’exil et le mariage précoce
Raihanna est encore une adolescente quand sa vie bascule. En 2014, fuyant la crise qui secoue la République centrafricaine, sa famille trouve refuge au Cameroun, espérant lui offrir protection et sécurité. Mais quelques années plus tard, le destin de Raihanna rejoint celui de nombreuses jeunes filles de la région de l’Est, elle est mariée à seulement 14 ans.
De cette union imposée, Raïhanna tombe enceinte. Peu après, son mari l’abandonne, disparaissant sans laisser de trace. Seule et vulnérable, elle retourne vivre chez ses parents, portant déjà le poids d’une maternité qu’elle n’a pas choisie.
Deux naissances, puis la peur
Raïhanna donne naissance à deux magnifiques jumelles, Halima et Halmata. Les premiers mois, tout semble aller pour le mieux. Mais en octobre 2025, alors que les jumelles ont à peine 21 mois, un détail vient briser cette fragile accalmie : Les petites ne prennent plus de poids. Leurs ventres gonflent, leurs corps s’affaiblissent, leurs visages deviennent pâles.
Elle ne comprend pas ce qui se passe. Faute de moyens et paralysée par la peur, elle hésite à se rendre à l’hôpital. L’angoisse grandit, jour après jour.
Une main tendue au bon moment
C’est finalement vers une association locale que Raïhanna se tourne. L’Association Femmes pour la Promotion du Leadership Moral (FEPLEM) donc certains membres ont reçu une formation en nutrition et en d’autres thématiques de protection par l’entremise UNICEF . Son appel à l’aide ne restera pas sans réponse.
FEPLEM, organisation de la société civile, bénéficie de l’appui de l’UNICEF à travers le Cadre de collaboration pour l’appui, le monitoring et la supervision des associations fournissant des services de proximité de protection, de nutrition et de santé communautaire. Grâce à ce dispositif, Raihanna entrevoit une lueur d’espoir.
Mais l’espoir se mêle encore à la peur.
« La présidente de l’association m’a dit d’aller très tôt le lendemain matin au Centre Nutritionnel Thérapeutique en Interne (CNTI) de l’hôpital régional de Bertoua », raconte-t-elle d’une voix hésitante, avant d’ajouter, presque en chuchotant :
« Je lui ai dit d’accord… mais je ne savais pas si les filles allaient se réveiller. »
L’urgence vitale : sauver les jumelles
Au lever du jour, les jumelles, s’accrochant encore à la vie, arrivent à l’hôpital. Le diagnostic à ce stade ne surprend pas. Il s’agit bien de la malnutrition aiguë sévère. La prise en charge débute immédiatement.
Grâce à l’appui de ses partenaires, notamment le Canada à travers le Fonds pour la Nutrition Infantile (Child Nutrition Fund – CNF), l’UNICEF soutient le CNTI de l’hôpital régional de Bertoua. Le programme mis en place permet une prise en charge complète, incluant des protocoles nutritionnels adaptés et des médicaments gratuits pour traiter les complications médicales.
Pendant plus de 14 jours, Halima et Halmata reçoivent du lait thérapeutique F75, puis le F100 et ainsi que des antibiotiques. Peu à peu, leurs corps reprennent des forces. Le combat n’est pas terminé, la mort qui était proche recule et la vie reprend le dessus.
À leur arrivée, Halima pesait 6,25 kg et pesait 7,8 kg à la sortie, tandis que Halmata pesait 6,8 kg à l’entrée et 7,5 kg à la sortie.
Soigner, mais aussi reconstruire
Après l’hospitalisation, les jumelles rentrent à la maison. Raïhanna poursuit leur traitement en ambulatoire au centre de santé avec le Plumpy’nut en consolidant les progrès réalisés.
Mais l’appui de l’UNICEF ne s’arrête pas là. Car sauver des enfants de la malnutrition, c’est aussi s’assurer que leur mère puisse durablement prendre soin d’eux.
Raïhanna bénéficie alors d’une formation sur la préparation de la « bouillie 5 étoiles », un repas enrichi apportant les nutriments essentiels au développement de l’enfant, composé de cinq groupes alimentaires à base de produits locaux. En parallèle, elle reçoit un appui en pâte d’arachide et en manioc écrasé pour lancer une activité génératrice de revenus.
Quand la vie redevient vivable et que l’espoir d’un avenir renaît
Les changements sont rapides et visibles dans sa vie et celle de ses filles. Raïhanna en parle avec un sourire qui en dit long :
« Je leur donne la bouillie 5 étoiles et vous pouvez déjà voir qu’elles courent partout », dit-elle, fière, avant d’ajouter avec émotion :
« Avec mon commerce, je leur achète des vêtements, des chaussures. Je n’avais rien avant… aujourd’hui, c’est différent. » Puis, dans un ton chargé de gratitude et un sourire remplissant les extrémités de son visage, elle conclut en disant « Que Dieu vous bénisse infiniment. »
L’urgence d’aller plus loin
Cette bénédiction témoigne de l’impact concret des actions de l’UNICEF, rendues possibles grâce au soutien du Child Nutrition Fund et de FEPLEM. Elle incarne un engagement constant en faveur de la santé nutritionnelle des enfants dans la région de l’Est du Cameroun.
Mais elle rappelle aussi une urgence, qui est celle d’élargir et de renforcer ces actions, afin de répondre efficacement aux cas de malnutrition aiguë sévère et de prévenir durablement ce fléau par la promotion de bonnes pratiques alimentaires pour tous les enfants du Cameroun.
Car trop d’enfants commencent assez tôt la bataille pour la vie et bien souvent, ils ne la gagnent pas.
Grâce au généreux soutien de @CanadaDev au Fonds pour la nutrition infantile, UNICEF et ses partenaires fournissent aux enfants des aliments thérapeutiques prêts à l'emploi qui leur ont sauvé la vie. Nos efforts collectifs ouvrent la voie à un avenir meilleur ! » #CNF #Nutrition #Avenir