A la rencontre de Didja, devenue « fille de lumière »
À Mbreme, dans l’Extrême-Nord, Didja a brisé les tabous de la santé reproductive grâce à l’UNICEF. Devenue « fille de lumière », la jeune fille guide et inspire désormais ses paires avec assurance.
À Mbreme, dans la région de l’Extrême-Nord, Didja est connue comme une jeune fille souriante, attentive et toujours prête à tendre la main à ses amies. Comme beaucoup d’adolescentes de son âge, elle a grandi avec de nombreuses questions sur sa santé, son corps et son avenir. C’est grâce aux séances de sensibilisation animées par les agents de Santé Communautaires (ASC), dans le cadre du partenariat entre la coopération allemande et l’UNICEF, qu’elle a trouvé des réponses et gagné en confiance.
De l’obéissance passive à une force directive
Didja n’avait rien prévu de particulier ce jour-là et comme d’habitude, elle rentrait de l’école, toute fatiguée mais tranquille, lorsqu’un éclat de rire attirait son attention à l’entrée du centre de santé intégré de Mbreme. Il s’agit d’un groupe de filles qui s’y était rassemblé, et au milieu d’elles, un homme parlait. Animée par un esprit de curiosité, Didja s’approcha avec des pas hésitants.
Le cercle semblait fermé, les rires un peu timides, mais son courage a fini par prendre le dessus sur toutes ces émotions qui la ralentissaient. Elle se faufila parmi les filles et s’assit discrètement, tout en tendant l’oreille à ce que dit cet homme inconnu. Très vite, elle comprend que le sujet abordé n’était pas comme les autres. On parlait de la santé sexuelle et reproductive.
Autour d’elle, certaines riaient, d’autres baissaient les yeux et Didja, elle, se sentait à la fois gênée et intriguée. Chez elle, ces sujets n’étaient presque jamais évoqués. Elle avait toujours cru que ces conversations étaient réservées aux adultes, et même entre eux, elles devaient rester secrètes ; les plus jeunes étaient exclus de ces discussions.
Mais ce jour-là, quelque chose a changé chez Didja.
« Il nous expliquait qu’il est normal de se protéger et d’apprendre comment le faire… pour rester en bonne santé », se souvient-elle.
Grâce à cet agent de santé communautaire présent ce jour-là, Didja découvre un monde qu’elle ignorait complètement : celui de l’éducation à la santé sexuelle et reproductive. Pour la première fois, elle comprend que ces informations ne sont pas interdites ; elles sont essentielles et on doit s’informer là-dessus. En rentrant chez elle, elle réfléchissait encore. Et ces émotions se mélangeaient comme la première fois.
Aujourd’hui, Didja n’est plus la même jeune fille timide et hésitante qui observait de loin. Elle a gagné en confiance, en connaissances et elle a décidé de devenir une fille de lumière avec ses copines du village. As-tu compris l’importance de prendre soin de ta santé et de faire des choix éclairés pour ton avenir ? Touchée par ces messages et convaincue qu’ils pouvaient changer des vies, elle a décidé de ne pas garder ces connaissances pour elle seule.
Elles ont réussi à relayer les agents de santé communautaires dans la sensibilisation et la supplémentation en FAF de 10 autres adolescentes chacune. À ce jour, la localité compte plus de 800 filles supplémentées en FAF, mais la bataille n’est pas terminée ; des efforts sont encore à fournir afin de retrouver de jeunes ambassadrices comme Didja à Mbreme.
« Une chose est sûre : je ne suis plus ignorante », dit-elle avec un large sourire assuré.
Dans ses mots résonne une nouvelle force : celle d’une adolescente éclairée, capable de faire des choix pour son avenir et d’amener les autres à la suivre.
Didja est devenue, à sa manière, une lumière pour elle-même et pour d’autres filles comme elle.