Assemblée Nationale–UNICEF : un engagement renforcé pour chaque enfant au Cameroun
Parlementaires et partenaires unissent leurs voix pour faire des droits de l’enfant une priorité nationale
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Dans la salle des commissions Cavaye Yeguie Djibril de l’Assemblée nationale à Yaoundé, les débats du 6 mai 2026 avaient une résonance particulière : celle de l’avenir des enfants du Cameroun.
Parlementaires, représentants des Nations Unies, experts africains et acteurs institutionnels se sont réunis à l’initiative de l’Assemblée nationale et de l’UNICEF pour une session de dialogue, de plaidoyer et de sensibilisation consacrée aux droits de l’enfant. Une rencontre marquante qui traduit une volonté commune de renforcer les engagements politiques en faveur des enfants, dans un contexte marqué par les violences, la pauvreté, les crises sécuritaires et les effets croissants des changements climatiques.
« Face à la recrudescence des violences et des infanticides, il est fondamental pour le Parlement de prioriser la promotion et la protection des droits de l’enfant par des mécanismes nouveaux, adaptés et pérennes », a déclaré l’Honorable Kamssouloum Abba Kabir, Vice-Président de l’Assemblée nationale.
Investir dans l’enfance pour construire l’avenir
Au cœur des échanges : une conviction forte. Investir dans les enfants n’est pas seulement une obligation morale, c’est aussi un choix stratégique pour le développement durable du pays.
La Représentante de l’UNICEF au Cameroun, Mme Nadine Perrault, a rappelé que les progrès enregistrés ces dernières années en matière de vaccination, de santé maternelle et infantile ou encore d’accès à l’éducation restent fragiles face aux multiples vulnérabilités auxquelles les enfants continuent d’être confrontés.
« Ce qui transforme durablement un pays, ce n’est pas seulement ce que l’on construit, c’est ce que l’on permet à chaque enfant de devenir », a-t-elle souligné.
Les discussions ont mis en lumière plusieurs défis persistants : près de la moitié des enfants vivent encore dans la pauvreté, un enfant sur trois n’est pas enregistré à la naissance et de nombreux enfants restent exposés aux violences, aux mariages précoces ou à l’exclusion scolaire.
Les participants ont également insisté sur l’urgence d’investir davantage dans trois domaines essentiels : la petite enfance, l’éducation et la protection des adolescentes, considérées comme des leviers majeurs de transformation sociale et économique.
Le rôle décisif du Parlement
Par leurs fonctions législatives, budgétaires et de contrôle, les députés disposent d’un rôle central pour faire progresser les droits des enfants.
Les échanges ont permis d’identifier plusieurs priorités d’action, notamment :
- le renforcement du cadre juridique contre toutes les formes de violence faites aux enfants ;
- la lutte contre les pratiques néfastes comme le mariage précoce ;
- l’amélioration de l’accès à une éducation inclusive et de qualité ;
- le renforcement des systèmes de santé communautaire et de protection sociale ;
- une meilleure allocation des ressources publiques en faveur des services sociaux de base.
« L’avenir du Cameroun se joue chaque jour dans une loi, dans une décision budgétaire », a rappelé Mme Perrault, appelant à des investissements durables pour garantir à chaque enfant les moyens de grandir, d’apprendre et de s’épanouir pleinement.
Des recommandations concrètes pour accélérer l’action
À l’issue des échanges, les parlementaires ont formulé plusieurs recommandations majeures, parmi lesquelles :
- la création d’un réseau parlementaire sur les droits de l’enfant ;
- le renforcement des budgets alloués à la santé, à l’éducation et à la protection sociale ;
- l’adoption de mécanismes de suivi et de redevabilité ;
- l’accélération de l’enregistrement des naissances ;
- le développement de solutions éducatives dans les zones affectées par les crises.
Les participants ont également appelé à renforcer les mécanismes communautaires de protection impliquant les autorités traditionnelles et religieuses afin de mieux prévenir les violences et protéger les enfants les plus vulnérables.
Un partenariat renforcé pour chaque enfant
Cette session marque une étape importante dans le renforcement du partenariat entre l’Assemblée nationale et l’UNICEF autour d’un objectif commun : faire des droits de l’enfant une priorité nationale durable.
En clôturant les travaux, les responsables parlementaires ont réaffirmé leur volonté de traduire les recommandations en actions concrètes afin que chaque enfant au Cameroun, sans exception, puisse bénéficier de ses droits fondamentaux.
Pour l’UNICEF, cette dynamique collective représente un signal fort : celui d’un engagement renouvelé pour construire un avenir où chaque enfant peut survivre, apprendre, être protégé et réaliser pleinement son potentiel.