Agenda des filles : lancement de la Task Force à Ebolowa
A Ebolowa , institutions publiques, partenaires et organisations de la société civile se mobilisent aux côtés des filles pour jeter les bases de l’Agenda des droits des filles au Cameroun.
“Tout ce qui est fait pour moi, sans moi, est fait contre moi”
Cette citation de Nelson Mandela a résonné tout au long des échanges tenus à Ebolowa lors de l’atelier de lancement de la Task Force nationale pour l’élaboration de l’Agenda national des droits des filles au Cameroun.
Du 4 au 5 juin 2026, l’Hôtel Ndancy d’Ebolowa a vibré au rythme d'un engagement historique pour la jeunesse féminine camerounaise. Sous la présidence du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF) et avec l’accompagnement technique et financier de l’UNICEF, l’atelier de lancement de la Task Force nationale pour l’élaboration de l’Agenda national des droits des filles a réuni l'ensemble des acteurs clés du changement.
Cet atelier marque une étape importante dans le processus national engagé à la suite de consultations menées auprès de 5600 filles à travers les dix régions du Cameroun.
L'objectif majeur de cette rencontre de deux jours était de traduire concrètement les priorités formulées par les adolescentes dans le "Manifeste des filles" en orientations stratégiques et en engagements budgétisés d'ici octobre 2026.
“Faire des droits des filles une priorité nationale et un moteur d’accélération du développement du Cameroun.” – Dr Patricia Norolalao, Spécialiste du Développement des Adolescents et du Genre à l’UNICEF
Une synergie multisectorielle et inclusive
L’ouverture officielle, menée par Monsieur NYEBEL EYOUM, Sous-Directeur de la Promotion et de la Protection des Droits de l’Enfant au MINPROFF, a rappelé l’urgence d’agir face aux défis persistants tels que la sous-scolarisation, les mariages précoces et les violences basées sur le genre (VBG).
La force de cet atelier a résidé dans sa nature profondément inclusive. Huit ministères sectoriels (MINPROFF, MINAS, MINJEC, MINSEP, MINEFOP, MINEDUB, MINESEC, MINESUP), des ONG de premier plan (PLAN International, ALVF, CAMCRIN, etc.) ainsi que des leaders traditionnels et religieux ont siégé côte à côte avec les premières concernées : les représentantes des filles du groupe AGAB et du Girl’s Movement.
Au cœur des discussions figuraient les principales préoccupations exprimées par les filles : l’accès à une éducation de qualité , la protection contre les violences, l’autonomisation économique et sociale ainsi que leur participation effective aux décisions qui concernent leur avenir .
“ L’homme doit demander la permission pour toucher mon corps” – a déclaré une jeune fille membre du Girls Movement.
Durant la première journée, les participants ont revisité le parcours du Mouvement des filles, les acquis du Manifeste et la vision de l’Agenda national des droits des filles.
Le premier jour a également été marqué par des témoignages poignants et courageux d’adolescentes victimes de VBG, de harcèlement scolaire et de discriminations. Ces récits de vie ont rappelé à l'assistance la nécessité absolue d'associer directement les filles à la recherche de solutions.
De la parole aux actes : trois piliers pour l'accélération
Répartis en trois groupes thématiques – Éducation, Protection et Autonomisation – les membres de la Task Force ont analysé les demandes formulées dans le Manifeste des filles (que demandent les filles ?) , les politiques déjà existantes ( que faisons-nous déjà ?) ainsi que les lacunes qui continuent de freiner la pleine réalisation de leurs droits (quels sont les gaps ?).
Groupe 1 Éducation : Les réflexions se sont concentrées sur la levée des facteurs freinant la scolarisation des filles. Les experts ont insisté sur l’intégration de programmes inclusifs (prenant en compte le genre et le handicap) et le plaidoyer auprès des pouvoirs publics pour l’application stricte des politiques de non-exclusion scolaire, ainsi que sur le renforcement des capacités du personnel éducatif .
Groupe 2 Protection : Face à la persistance des abus, l'accent a été mis sur le renforcement des capacités des forces de l'ordre et des magistrats, ainsi que sur le déploiement communautaire et scolaire de cellules d’écoute et de numéros verts gratuits pour la dénonciation des VBG.
Groupe 3 Autonomisation : Afin de briser les cycles de dépendance, le groupe a validé l'urgence d'intégrer des modules de « Leadership », de compétences de vie et d'éducation financière dans les curricula scolaires officiels.
“ La jeune fille est un capital humain”, M. Ahanda, représentant du MINJEC.
Prochaines étapes et redevabilité
La Task Force nationale, désormais officiellement installée et validée, s’est vu confier un mandat rigoureux de coordination, de plaidoyer et de suivi-évaluation. Elle devra consolider ces contributions sectorielles afin de livrer une feuille de route budgétisée claire pour pérenniser le mouvement au-delà de 2027.
L'atelier s'est achevé sur une note de forte mobilisation des jeunes filles, bien décidées à porter elles-mêmes le flambeau de leur émancipation.
À Ebolowa, les filles n’ont pas seulement été consultées, elles ont participé, proposé et influencé les réflexions. L’Agenda national des droits des filles est désormais en construction, avec une conviction forte : les filles doivent être au cœur des décisions qui façonnent leur avenir.
Les filles, allons faire valoir nos droits ! » > — L'appel unanime des filles membres du groupe AGAB