Un «Café Orange» pour des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles.

Organisé par l’UNICEF et ONU Femmes, en collaboration avec le Ministère en charge des Droits de la Personne Humaine et du Genre, le « Café Orange » a suscité le débat sur les violences à l’égard des femmes et des filles au Burundi.

Jean Gabriel Uwamahoro
Participants au Café Orange
UNICEF Burundi/2023/JG Uwamahoro
08 décembre 2023

Au Burundi, la Campagne des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles, édition 2023, a été célébrée sous le thème national « Ensemble pour l'action : investir pour prévenir la violence à l’égard des femmes et des filles ».

Le « Café Orange », organisé conjointement par l’UNICEF et ONU Femmes le 8 décembre 2023, sous le haut patronage du Ministère de la Solidarité Nationale, des Affaires Sociales, des Droits de la Personne Humaine et du Genre, a été une plateforme clé pour les acteurs engagés dans la défense et la promotion des droits humains d’échanger sur les défis, les bonnes pratiques, les leçons apprises et les perspectives dans la lutte contre les violences à l’égard des femmes et des filles au Burundi.

« Le travail de protection, de défense et de promotion des droits à l’égalité de genre n’est ni facile, ni simple. Il exige un engagement ferme, le courage, la détermination et la technicité des leaders du changement », a rappelé Pontien Hatungimana, Secrétaire Permanent du Ministère de la Solidarité Nationale, des Affaires Sociales, des Droits de la Personne Humaine et du Genre.

Une participante au Café Orange en train de poser une question.
UNICEF Burundi/2023/JG Uwamahoro Une participante au Café Orange en train de poser une question.
Pontien Hatungimana, Secrétaire Permanent du Ministère de la Solidarité Nationale, des Affaires Sociales, des Droits de la Personne Humaine et du Genre.
UNICEF Burundi/2023/JG Uwamahoro Pontien Hatungimana, Secrétaire Permanent du Ministère de la Solidarité Nationale, des Affaires Sociales, des Droits de la Personne Humaine et du Genre.

Parmi les efforts déjà fournis, il a été noté l'adoption significative des procédures opérationnelles standardisées (POS) pour la gestion des cas de VBG ainsi que la gestion des cas de protection de l’enfant en 2023. Ces outils pertinents ont permis d’améliorer le système d’identification et de prise en charge des femmes et enfants survivant(e)s de violences et de renforcer les mécanismes de référencement vers les services de prise en charge des survivants de VBG et les services de protection de l’enfant. L’accès à des services de qualité est également facilité par une coordination dynamique, sous le leadership du Ministère de la Solidarité nationale. Les mécanismes clés de coordination incluent le groupe sectoriel Genre et son Groupe Thématique sur les VBG, et le groupe de coordination en protection de l’enfant.

Malgré ces avancées, des obstacles persistent pour l’accès à la justice et aux services sociaux pour les survivants de violences sexuelles et basées sur le genre. L’exigence d’un certificat médical, à la charge des survivants, pour porter plainte ; l’exigence d’une carte d’identité pour accoucher à l’hôpital (ce qui représente un défi particulier pour les jeunes filles ayant vécu des violences sexuelles résultant d’une grossesse non désirée) ; ou encore l’exigence d’un certificat de mariage pour pouvoir bénéficier des soins prénataux gratuits, sont autant de défis à relever par un plaidoyer conjoint et soutenu.

France Bégin, Représentante de l'UNICEF au Burundi prononçant son discours lors du Café Orange
UNICEF Burundi/2023/JG Uwamahoro France Bégin, Représentante de l'UNICEF au Burundi prononçant son discours lors du Café Orange.
Clara Anyangwe, Représentane de ONU Femmes au Burundi au panel lors du Café Orange panel.
UNICEF Burundi/2023/JG Uwamahoro Clara Anyangwe, Représentane de ONU Femmes au Burundi au panel lors du Café Orange panel.

C'est pourquoi Clara Anyangwe, Représentante de ONU Femmes, a souligné la nécessité d’une mobilisation accrue pour faciliter et renforcer l’accès des communautés aux outils, activités et ressources pour prévenir la violence basée sur le genre.

Il a été aussi noté l’importance de la coordination entre les différents acteurs et mécanismes dans la lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG). Selon l’UNICEF, tous les acteurs doivent conjuguer leurs efforts pour renforcer les capacités des assistants sociaux et para professionnels pour une meilleure prise en charge des survivants de VSBG et d’enfants victimes de violence, abus et exploitation.

« Cette campagne a permis de renforcer les efforts conjoints pour prévenir et éliminer les violences auxquelles les femmes et les filles font face, aggravées par différents facteurs tels que les normes et pesanteurs socioculturelles, les conflits armés dans certains pays, le changement climatique, les pandémies comme celle du COVID, et un environnement économique hostile au développement », a fait remarquer France Bégin, Représentante de l’UNICEF.

Cette rencontre a vu la participation de plusieurs parties prenantes dont le PNUD, l’OIM, le HCR, la Banque Mondiale, l’Union Européenne, les ambassades des Pays-Bas, de la Belgique, de la France, de l’Allemagne, la Coopération Suisse, les organisations féminines, les organisations de la société civile dirigées par des femmes, les organisations de la société civile œuvrant dans la promotion de l’égalité des sexes, les organisations œuvrant pour la protection de l’enfant, etc.