Le Burundi intègre le vaccin antipaludique dans son programme de vaccination de routine
La cérémonie de lancement officiel, rehaussée par la présence de la Première Dame du Burundi, s'est déroulée à Mpanda, le 17 mars 2025, sous le thème : « Le vaccin contre le paludisme est disponible au Burundi, faisons vacciner nos enfants ».
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En cette matinée du 17 mars 2025, l’ambiance était festive à l’hôpital général de Mpanda, situé dans la province de Bubanza, lieu choisi pour abriter les cérémonies de lancement officiel de la vaccination contre le paludisme au Burundi.
Le choix de Bubanza n’est certainement pas un hasard : cette province, comme d’autres de la plaine de l’Imbo, enregistre des taux élevés de paludisme. Le gouverneur de la province de Bubanza a d’ailleurs mentionné, dans son mot d’accueil, que le nombre de personnes hospitalisées en 2024 pour cause de paludisme représentait 1,2 % de la population provinciale. Ce qui explique la joie immense manifestée par les habitants de Mpanda, venus nombreux assister à ce moment historique, marquant une étape cruciale vers la réduction des cas de paludisme.
« L’initiative de la vaccination contre le paludisme s’inscrit dans un contexte où, d’après le récent rapport annuel de l’OMS, les pays de la région africaine de l’OMS, dont le Burundi, continuent de payer le plus lourd tribut, avec 94 % du nombre total de cas de paludisme et 95 % des décès associés à l’échelle mondiale en 2023 », a déclaré le représentant de l’OMS au Burundi, Dr Xavier Crespin. Au nom des partenaires œuvrant dans le domaine de la santé, Dr Xavier Crespin s’est félicité de l’adhésion du Burundi à cette stratégie, qui contribuera efficacement à la réduction de la morbi-mortalité liée au paludisme chez les enfants ciblés.
Les dernières données du Système national d’information sanitaire (SNIS) confirment, en effet, que le paludisme reste l’une des principales causes de morbidité et de mortalité, avec une incidence de 399,1 cas pour 1 000 habitants en 2023.
C’est dans ce contexte que le Burundi, à travers le ministère de la Santé publique et de la Lutte contre le SIDA, a introduit le vaccin contre le paludisme, avec le soutien de l’Alliance du Vaccin (Gavi), de l’UNICEF, de l’OMS, de Dalberg et d’autres partenaires.
« Aujourd’hui, le paludisme, l’une des maladies les plus dévastatrices au monde, est devenu une maladie évitable par la vaccination, grâce aux progrès scientifiques et à l’engagement de la communauté internationale. (…) Nous sommes heureux d’accompagner le Burundi dans cette première phase de déploiement, une étape historique pour la santé publique et la lutte contre le paludisme », a déclaré Mario Jimenez, responsable pays pour le Burundi à Gavi.
Grâce à l’appui financier de Gavi – l’Alliance du Vaccin, 1 445 500 doses du vaccin RTS,S ont été sécurisées pour le Burundi, dont 543 950 déjà réceptionnées dans le pays.
Au cours de cette première phase, le vaccin antipaludique sera administré aux enfants âgés de 6 à 11 mois dans 25 districts sanitaires répartis dans 9 provinces du Burundi, à savoir : Kirundo, Ngozi, Muyinga, Bubanza, Cankuzo, Cibitoke, Karuzi, Rutana et Ruyigi. Ces provinces ont été choisies en raison de la fréquence élevée du paludisme et du taux important de mortalité lié à cette maladie.
La ministre de la Santé publique et de la Lutte contre le SIDA, Lydwine Baradahana, a toutefois tenu à souligner que ce vaccin ne remplace pas les anciennes méthodes, mais les complète. « Il faudra maintenir ces méthodes, en continuant notamment à dormir sous moustiquaire, à effectuer la pulvérisation intra-domiciliaire en cas de nécessité, à offrir un traitement préventif aux femmes enceintes, etc. », a-t-elle expliqué.
Dans son discours de circonstance, la Première Dame du Burundi, S.E. Angeline Ndayishimiye, a appelé la population burundaise – en particulier celle vivant dans les 25 districts ciblés par cette première phase – à faire vacciner leurs enfants afin de s’assurer que chaque enfant âgé de 6 à 11 mois reçoive le vaccin.
Le Burundi devient le 18e pays africain à intégrer le vaccin antipaludique dans son programme de vaccination de routine, avec le soutien de Gavi. Quatorze de ces pays ont introduit le vaccin en 2024 : le Cameroun, le Burkina Faso, la Sierra Leone, le Bénin, le Libéria, la Côte d’Ivoire, le Soudan du Sud, le Mozambique, la République centrafricaine, le Niger, le Tchad, la République démocratique du Congo, le Soudan et le Nigéria.
Entre 2019 et 2023, le vaccin RTS,S/AS01 a été utilisé au Ghana, au Kenya et au Malawi, où plus de 2 millions d’enfants ont reçu les quatre doses dans le cadre de leur vaccination de routine. Selon l’OMS, cela a entraîné une réduction de 13 % de la mortalité infantile globale et une diminution de 22 % des hospitalisations dues au paludisme grave chez les enfants admissibles à la vaccination. L’accès à au moins une mesure de prévention contre le paludisme a, quant à lui, augmenté de plus de 90 %. En 2025, entre six et huit autres pays devraient déployer le vaccin dans le cadre du programme de vaccination antipaludique de Gavi.