Dans la province de Cibitoke, l’amélioration des pratiques d’hygiène a sauvé des vies
L’UNICEF contribue à la prévention du choléra et du Covid-19 dans les zones à risque de maladies à virus Ebola à travers la promotion de l'hygiène et de l'approvisionnement en eau dans les écoles et établissements de santé
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Cibitoke- Rugombo. NTAMAVYARIRO Elias est âgé de 63 ans, et vit avec sa femme et ses 4 enfants. Nous le rencontrons, assis devant sa maison, se lavant les mains à son retour des champs.
Elias est l'un des bénéficiaires du projet de prévention du choléra et du Covid-19 soutenue par l’UNICEF et facilité par AIDE (Action Intégrée pour le Développement et la protection de l´Environnement). Un projet qui a pour but de prévenir et de répondre en cas d’épidémie de choléra dans les zones à risque de maladie à virus Ebola (MVE), au sein de la communauté, des établissements de santé et des écoles. Le projet a pour cible les communes de Rugombo et Buganda de la province de Cibitoke, Gihanga et Mpanda de la province de Bubanza et, Mutimbuzi de la province de Bujumbura. Ces localités ont été ciblées parce que le risque de contamination y est le plus accru en raison de l'importance des mouvements frontaliers de population avec la RDC et ses environs.
‘’Depuis que nous avons été sensibilisés sur le mode de transmission de ces maladies, personne n'entre dans la maison sans se laver les mains, même les enfants le savent. C’est devenu une règle après les leçons apprises sur la prévention du choléra et aussi Ebola,’’ nous dira Elias
D’après Elias, la promotion de l’hygiène est l’un des outils les plus importants pour réduire la propagation du choléra parce qu'elle est le fondement des pratiques de base.
‘’On nous a appris à nous laver les mains à l'eau propre, et surtout à nous laver chaque fois que nous utilisons les toilettes. On nous a également appris à entretenir les latrines, ce qui est important dans la lutte contre le choléra. Les agents de santé communautaire, nous accompagne et s’assurent que nous mettons en application les bonnes pratiques d’hygiène apprises,’’ raconte Elias
Différentes stratégies visant à améliorer les pratiques d'hygiène ont été apprises à la communauté ainsi que les écoles et les établissements de santé de Rugombo, notamment le lavage des mains, la gestion de l'hygiène menstruelle et l'hygiène alimentaire.
Jacqueline Uwamahoro, raconte que depuis qu’elle a appris les techniques de traitement de l’eau, notamment par ébullition, la santé de ses enfants s’est améliorée car ils souffrent plus de verminose ni de maladies diarrhéiques ‘’Consommer de l'eau propre a sauvé nos enfants des maladies. Notre colline connait un manque criant d'eau potable. De ce fait, nous nous approvisionnons dans une rivière près de chez nous. Avant le projet, nous nous nous la consommions telle qu’elle était. Mais nous avons appris, à travers le projet, à la manière de bien traiter l'eau de la rivière avant de la consommer. Et les kits reçus, nous permette de bien la conserver, nous buvons de l'eau propre, nous nous lavons les mains chaque fois que c'est nécessaire, ce qui a diminué les maladies chroniques dans notre communauté,’’ a-t-elle ajouté.
Le directeur de l'école de base de Rugombo 1 affirme que les dispositifs de lavage installés dans son école contribuent à l'amélioration des performances des élèves en classe. ‘C’est important que chaque enfant fréquente une école où l’environnement propre et sûr. Lorsque l'eau potable, les toilettes et les installations de lavage des mains ne sont pas disponibles à l'école, les enfants passent plus de temps à la recherche de l'eau plutôt que dans une salle de classe ; ce qui impacte sur les résultats scolaires et la fréquentation scolaire des élèves.’’
En effet, les sensibilisations sur ces mesures de prévention ont été faites à travers la fourniture des kits d’hygiène et l’approvisionnement en eau dans les écoles et les centres de santé. Des activités de communication des risques autour de l’eau, l’assainissement et l’hygiène ont été également menées, avec un accent particulier sur le changement de comportements et l’engagement communautaire en faveur de l’adoption de mesures visant la réduction des risques de maladie.
‘’Nous enseignons à nos enfants toutes les méthodes pour prévenir le choléra, afin qu'ils ne tombent pas malades. Et croyez-moi, depuis ces leçons, nous ne rencontrons plus ce genre de maladies,’’ affirme Jacqueline.
‘’Avant la mise en œuvre du projet, c'était difficile pour nous car nous n'avions pas de latrines pour les patients, ce qui accentuait la propagation de ces maladies,’’ dit Aline Ingabire, directrice de Centre de santé de Rugombo, bénéficiaire du projet.
En plus des sensibilisations effectuées dans les communautés et les écoles sur la promotion de l’hygiène, le projet a mis en place un ensemble de services WASH minimum, notamment l’approvisionnement en eau, l’assainissement, les installations de gestion des déchets ou kit contrôle de la prévention des infections (IPC/WASH) dans les centres de santé.
‘A la fin de chaque année, nous avions des épidémies récurrentes de choléra dans notre commune, depuis que nous avons commencé la sensibilisation, la situation s’est fortement améliorée,’’ ajouta Aline.
Bien que des changements positifs aient été observés dans la commune de Rugombo, la communauté et les responsables de la santé craignent de ne pas pouvoir facilement gérer cette épidémie si un jour elle se déclare car l'approvisionnement en eau potable reste un problème dans cette communauté, en raison des coupures d'eau récurrentes dans cette commune.
Des sensibilisations sur le Covid-19 ont également été faites. La communauté confirme que le covid 19 n'a pas eu sa porte d’entrée, parce que les précautions ont été prises à l'avance.
L’UNICEF en partenariat avec AIDE (Action Intégrée pour le Développement et la protection de l´Environnement) a soutenu le projet techniquement sous le financement du Comité national espagnol.