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« Sur mon sable » : une œuvre cinématographique réalisée par des enfants du Burkina Faso

En marge du FESPACO, l’agence Elles du Cinéma de la réalisatrice Apolline Traore, a organisé la première du film « Sur mon sable », entièrement réalisé par les enfants du Burkina Faso, dans le cadre du projet « Enfants au cinéma »

Yeri Audrey Kambiré
Affiche du film « Sur mon sable »
UNICEF/Burkina Faso/2025/Kambiré
05 mars 2025

En marge du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), l’agence Elles du Cinéma de la réalisatrice Apolline Traore, a organisé la première du film « Sur mon sable », entièrement réalisé par les enfants du Burkina Faso, dans le cadre du projet « Enfants au cinéma ».  Une initiative du Ministère de la Communication, de le Culture, des Arts et du Tourisme et de l’UNICEF, en collaboration avec le Ministère de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale, le projet a représenté une véritable école de vie pour les jeunes participants. Ornella Somé, 16 ans, élève en classe de première et l'une des jeunes réalisatrices, témoigne : « Nous avons beaucoup appris avec Tata Apolline et son équipe. Au début, plusieurs d’entre nous n’osaient pas s’exprimer en public ou partager leur vécu. Mais grâce à leur soutien et beaucoup d’amour, nous avons pu écrire et réaliser ce film, qui, j’espère, touchera profondément ceux qui le verront ».

Ornella Somé, 16 ans, élève en classe de première et l'une des jeunes réalisatrices du film "Sur mon sable"
UNICEF/Burkina Faso/2025/Kambiré Ornella Somé, 16 ans, élève en classe de première et l'une des jeunes réalisatrices du film "Sur mon sable"

La peur, le stress et le manque de confiance en soi ont été des obstacles que les enfants ont su surmonter pour concrétiser leur projet de film. Sanjo Traoré, élève en classe de 3ᵉ et âgé de 15 ans, a interprété le rôle de l’adolescent addict à la drogue, qui a entraîné Safi, sa petite amie, dans cette spirale destructrice.

« Je suis très content et fier de moi, car j’ai pu exprimer ce que je cachais en moi et vaincre la peur. J'étais un peu renfermé, mais grâce à ce film, j’ai appris à m'ouvrir aux autres, à être patient et à ne pas avoir peur d'exprimer mes idées, même si elles doivent être corrigées», explique-t-il.

Traoré Sanjo, acteur du film "Sur mon sable"
UNICEF/Burkina Faso/2025/Kambiré Traoré Sanjo deuxième jumeau, a joué le rôle de l’adolescent qui a entrainé sa petite amie dans la drogue.

Carole Gangou, 22 ans, étudiante en art dramatique, a joué le rôle de Safi, une jeune élève de 15 ans, ayant échappé au mariage forcé. Mais elle n’était pas au bout de ses épreuves. Chassée de chez elle en même temps que sa mère, elles se retrouvent livrées à elles-mêmes en ville. Pour survivre, elles se lancent dans la vente de sable. Alors qu’elles croyaient voir enfin le bout du tunnel, Safi sous l’influence de son petit ami, sombre dans le gouffre de la drogue. C’était le premier rôle de Carole au cinéma, mais son coup d’essai a été un coup de maitre. La jeune fille a révélé les talents d’une actrice professionnelle.

« En jouant dans ce film, j’ai développé plus de confiance en moi. Je conseillerai aux jeunes filles de mon âge d’éviter les mauvaises fréquentations, de se concentrer sur leurs études, d’écouter leurs parents et surtout de se confier à une personne de confiance lorsqu’elles rencontrent des difficultés. J’espère que ce film ira loin et que son message sera entendu », partage-t-elle.

A gauche Safi (Carole Gangou) et l’actrice (Prudence Kabré) qui joue le rôle de sa mère dans le film "Sur mon sable"
UNICEF/Burkina Faso/2025/Kambiré A gauche Safi (Carole Gangou) et l’actrice (Prudence Kabré) qui joue le rôle de sa mère dans le film.

Une initiative du Ministère de la Communication, de le Culture, des Arts et du Tourisme et de l’UNICEF, en collaboration avec le Ministère de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale, le projet « Enfants au cinéma » a permis à 30 enfants de se former aux techniques cinématographiques durant trois mois. À travers cet apprentissage, ils ont acquis non seulement des compétences techniques, mais aussi une voie d’expression pour défendre leurs droits et sensibiliser sur des problématiques sociales majeures. Pres de 500 personnes ont suivi la première de « Sur mon sable », en présence de M le Ministre Pingdwendé Gilbert Ouédraogo et de Mme Carol Flore-Smereczniak, Coordinatrice résidente des Nations Unies au Burkina Faso.

« En présentant leur film en marge du FESPACO, ces enfants rejoignent une longue tradition de cinéastes engagés qui utilisent l’image pour raconter des histoires, éveiller les consciences et donner une voix aux sans-voix », a dit madame Flore-Smereczniak, qui encouragé les enfants cinéastes et salué l’initiative.

Carol Flore-Smereczniak, Coordinatrice résidente des Nations Unies au Burkina Faso
UNICEF/Burkina Faso/2025/Kambiré Carol Flore-Smereczniak, Coordinatrice résidente des Nations Unies au Burkina Faso livrant son discours avant la projection du film « sur mon sable ».

Malgré les épreuves traversées par Safi, le film se termine sur une note d’espoir : grâce à l’ingéniosité et au soutien de sa mère, elle réussit à se désintoxiquer, reprendre ses études et réussir à son examen. Les enfants et les jeunes sont davantage conscients du danger de la drogue sur leur santé mentale et physique ainsi que des répercussions sur leur avenir. Ils sont unanimes qu’il vaudrait mieux l’éviter.
« Nous sommes à l'avenir des ambassadeurs de la sensibilisation auprès de nos camarades. Nous avons compris que les mauvaises fréquentations corrompent les bonnes mœurs, pour cela nous nous engageons à faire des bons choix et à être des modèles de vie », a ajouté Sanjo Traoré.

Les parents présents à la projection ont également pris conscience du rôle indispensable qu’ils doivent jouer dans l’accompagnement de leurs enfants. Roger Traoré, père de Sanjo, partage son ressenti : « Je souhaite que ce film soit vu par tous les burkinabés, en particulier les parents, pour qu’ils prennent conscience de l’importance de surveiller et d’accompagner leurs enfants. Il ne faut pas attendre qu’il soit trop tard. J’aimerais voir les enfants du Burkina Faso grandir en toute intégrité, loin des fléaux comme la drogue et ses conséquences néfastes ».

La réalisatrice de renom, Apolline Traoré et les enfants ayant participé à la réalisation du film « Sur mon sable » lors de la première du film au musée national de Ouagadougou.
UNICEF/Burkina Faso/2025/Kambiré La réalisatrice de renom, Apolline Traoré et les enfants ayant participé à la réalisation du film « Sur mon sable » lors de la première du film au musée national de Ouagadougou.

Le film « Sur mon sable » a été réalisé sous la supervision de la réalisatrice de renom Apolline Traoré, et déjà projeté à l’Assemblée Législative de Transition, en présence de son Excellence Dr Ousmane Bougouma, Président de l’Assemblée, et de 200 enfants parlementaires.

Avec « Sur mon sable », ces jeunes cinéastes venus des régions des Hauts Bassins, et la Boucle du Mouhoun, du Sahel, et des autres régions pour la formation et la réalisation du film, ont prouvé que le cinéma peut être un puissant outil de sensibilisation pour encourager la réintégration des enfants talibés, des enfants de scolarisés, dans l’éducation formelle ou non formelle et la formation professionnelle elle, afin de les protéger contre des fléaux tels que la drogue. 

Malgré les épreuves traversées par Safi, le film se termine sur une note d’espoir : grâce à l’ingéniosité et au soutien de sa mère, elle réussit à se désintoxiquer, reprendre ses études et réussir à son examen 

Pour lutter contre le phénomène des enfants en situation de rue, l’UNICEF met en œuvre le Projet de renforcement de l’éducation et la protection des enfants Talibés (PREPET) dans les régions des Hauts Bassins et la Boucle du Mouhoun. 

Financé par l’Union européenne, le projet rassemble la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB), l’association des maîtres coraniques, des associations et ONG locales, en collaboration le ministère de l’enseignement de base et de promotion des langues nationales et l’action sociale.