L’UNICEF lance un appel de fonds à finalité humanitaire
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L’usage de l’oxymètre de pouls et l’engagement des agents de santé réduisent les décès

Grâce au financement de la République de Corée, les districts sanitaires de Do, Dafra et Zorgho se dotent d’une technologie de pointe et le personnel de santé formé pour améliorer le suivi des femmes enceintes et allaitantes et les nouveau-nés

Bruno Sanogo
Norbert Kaboré, ingénieur biomedical, montrant comment utiliser l'oxymètre de poul aux ICPs comme Rasmané Oueda.
UNICEF/2025/Sanogo
26 décembre 2025

Dans le village de Péni, situé à une heure de route en voiture de la sortie nord de Bobo Dioulasso, un souffle d’espoir sillonne les ruelles pour la santé des familles. A Péni, à chaque fois que Minata Koné, agent de santé à base communautaire (ASBC), franchit la porte de Tenè Ouattara, jeune mère d’un bébé de quatre jours, son rôle est essentiel : vérifier le poids, la tension et réaliser des tests rapides de paludisme.

Minata Koné, agent de santé à base communautaire, arrive au domicile d'une jeune mère à Péni pour une visite.
UNICEF/2025/Sanogo Minata Koné, agent de santé à base communautaire, arrive au domicile d'une jeune mère à Péni pour une visite.

« Nous venons en appui aux soignants débordés. Notre présence dans les zones rurales facilite les consultations médicales », explique Minata Koné.

Des suivis de proximité, qui rassurent.

À Dafinso, situé à une quarantaine de kilomètres au sud de Bobo Dioulasso, Adama Sanou, également ASBC, insiste auprès des femmes enceintes sur l’importance des compléments en fer. Comme ce matin-là, où il est en visite chez Gisèle Sanou, 21 ans, porteuse d’une première grossesse. 

Adama Sanou, agent de santé à base communautaire, en animation prénatale au domicile d'une femme enceinte à Dafinso.
UNICEF/2025/Sanogo Adama Sanou, agent de santé à base communautaire, en animation prénatale au domicile d'une femme enceinte à Dafinso.

« Je leur donne des exemples concrets de celles qui ont suivi les conseils, et qui ont eu des accouchements plus faciles », confie Adama.

Ces gestes simples que les ASBC posent chaque jour, sont essentiels dans la vie de milliers de femmes enceintes et allaitantes et des nouveau-nés.

« L’ASBC m’a conseillé depuis le début de ma grossesse de me rendre chaque mois au centre de la santé, de bien prendre les comprimés contre le paludisme et ceux qui me renforcent en fer et de dormir sous une moustiquaire », raconte la future maman, qui attend avec sérénité son premier enfant dans sept mois.

Selon elle, les femmes gagnent en connaissances, en suivant les conseils et les orientations des agents de santé, qui les préparent également ~à bien accueillir leur nouveau-né.

Des outils pour sauver des enfants

La période néonatale reste la plus critique pour la survie de l’enfant. Au Burkina Faso, les décès des bébés dans les 28 premiers jours sont souvent liés aux infections, à l’asphyxie périnatale et à la prématurité, aggravés par des barrières d’accès aux soins, notamment dans les zones rurales et parmi les populations déplacées.
Face à ces défis, le renforcement du premier niveau de soins dans les postes de santé et relais communautaires est essentiel pour repérer précocement les signes de danger, assurer les gestes vitaux de base et orienter rapidement les mères et leurs bébés.

À Koakin, un village situé à 22 kilomètres de Zorgho dans la région de Oubri, Mariam Sané amène ce matin, son bébé Faouzia, qui a toussé toute la nuit, au centre de santé et de promotion sociale (CSPS). 

Rasmané Oueda, infirmier chef de poste, en séance de consultation d'un bébé de quatre mois à Koakin.
UNICEF/2025/Sanogo Rasmané Oueda, infirmier chef de poste, en séance de consultation d'un bébé de quatre mois à Koakin.

Pendant sa consultation, l’infirmier chef de poste, Rasmané Oueda, utilise un oxymètre de pouls, reçu après une formation à Zorgho, pour mesurer le taux d’oxygène dans le sang du bébé.

« Nous avons désormais le matériel et le savoir‑faire pour agir dans les toutes premières minutes de vie. Cet appareil nous permet de détecter l’hypoxémie, qui est une complication grave de la pneumonie chez les enfants. Dans ce CSPS, plus de 1 000 enfants de moins de cinq ans sont consultés chaque mois. » explique-t-il.

Des résultats concrets

Pour une utilisation optimale des oxymètres et des concentrateurs d’oxygène, 83 agents de santé du district de Zorgho ont été formés, afin de réduire les risques de décès parmi les nouveau-nés.

« Nous sommes passés de 10 % à 5 % de décès néonatals, et nous visons 2 % dans les deux prochaines années », se réjouit Dr Delphin Kaboré, médecin-chef du district.

Depuis 2024, le financement de l'Agence Coréenne de Coopération Internationale (KOICA) a permis de former 456 agents pour la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant et les soins du nouveau-né à domicile.

« Le paquet communautaire inclut la lutte contre le palu, la diarrhée, la pneumonie et les soins néonatals », précise Assiatta Kaboré, Spécialiste en Santé Communautaire à l’UNICEF.

La coopération entre l’UNICEF et le République de Corée s’inscrit dans un effort national du Burkina Faso pour réduire les décès néonataux. Un soutien qui passe par le renforcement des compétences, l’amélioration de la disponibilité des équipements essentiels et l’extension des services de proximité au sein des communautés. 

Dr Issa Konaté, Directeur Regional de la Santé du Guiriko, en discussion avec Assiatta Kaboré, Spécialiste Santé Communautaire à l’UNICEF.
UNICEF/2025/Sanogo Dr Issa Konaté, Directeur Regional de la Santé du Guiriko, en discussion avec Assiatta Kaboré, Spécialiste Santé Communautaire à l’UNICEF.

« Ces fonds nous ont permis de combler un gap en capacitation de nos agents sur le terrain. Courant 2024, nous avons formé des acteurs, y compris les ASBC », déclare docteur Issa Konaté, qui est le directeur régional de la santé de la région du Guiriko.

L’UNICEF remercie la République de Corée, à travers KOICA, dont les financements contribuent à sauver des vies et à renforcer la santé communautaire dans les zones rurales du Burkina Faso.