L’UNICEF lance un appel de fonds à finalité humanitaire
Click to close the emergency alert banner.

L’Espace sûr de Gourga, un havre de paix pour femmes

Chaque jour, près de 100 femmes fréquentent l’espace sûr de Gourga pour trouver une oreille attentive et un soutien psychosocial

Myriam Dossou
Djeneba Porgo gestionnaire de cas VBG de l’ONG APADE en pleine animation à l’Espace sûr de Gourga dans la région du Nord.
UNICEF Burkina Faso/2023/Dossou M.
18 septembre 2023
Les femmes victimes de violences basées sur le genres participant à une sensibilisation sur les violences basées sur le genre (VBG) à l’Espace sûr des femmes et des filles de Gourga, commune de Ouahigouya
UNICEF Burkina Faso/2023/Dossou M. Les femmes participent à une sensibilisation sur les violences basées sur le genre (VBG) à l’Espace sûr des femmes et des filles de Gourga, commune de Ouahigouya dans la région du Nord du Burkina Faso

L’histoire de Awa

Awa (nom d’emprunt) a frôlé la mort. Elle n’en pouvait plus. Elle n’arrivait plus à supporter les sévices psychologiques et physiques que lui faisait subir son mari. C’était dur, beaucoup trop dur. C’est dans ce grand désarroi qu’elle s’est tournée vers l’Espace sûr, présent sur le site où elle vit. Awa a 30 ans et elle est mère de six enfants. C’est une personne déplacée interne originaire de Titao (situé dans la province du Loroum dans la région Nord au Burkina Faso) à 48 km de Ouahigouya. Ses problèmes ont commencé quand son mari a pris une seconde femme. Des insultes à l’enfermement dans un enclos pour animaux, pour finir par des violences physiques, elle en a vu de toutes les couleurs.

« J’avais vraiment peur. Ça n’allait pas du tout… Je ne veux plus me rappeler, » dit-elle, les yeux remplis de larmes.

Awa avait tenté de se suicider. Si elle est en vie aujourd’hui, c’est grâce au soutien qu’elle a pu obtenir à l’Espace sûr. Djeneba Porgo, la gestionnaire de cas de violence basée sur le genre (VBG) et animatrice de l’Espace sûr, a eu vent de son histoire, et l'a référée au centre hospitalier de Ouahigouya pour qu’elle reçoive des soins, ce qui lui a sauvé la vie.

« Quand j’ai demandé à la psychologue de la prendre en charge, celle-ci m’a répondu qu’elle n’était pas sûre de pouvoir y arriver car Awa était vraiment très déprimée. Il lui arrivait même de m’appeler en pleine nuit parce que ça n’allait pas. Aujourd’hui, Awa a retrouvé sa joie de vivre, » raconte Djeneba Porgo.

Awa vient à l’Espace sûr régulièrement. Elle a appris à faire du savon liquide et des gâteaux cuits au four traditionnel. En plus, elle a fait la paix avec son mari qui a compris l’effet néfaste de toutes ces violences. Awa est toute souriante. Grâce à l’appui psychologique et financier dont elle a bénéficié à l’Espace sûr des femmes et filles de Gourga, la mauvaise passe qu’elle a vécue est derrière elle. Désormais, elle a un peu d’argent pour s’occuper d’elle-même et de ses enfants, elle pratique une activité pour ne pas être oisive et elle est entourée d'autres femmes et des animatrices de l’Espace sûr pour l’encourager quand elle en a besoin.

Des femmes de Gourga en pleine activité de fabrication de savon liquide
UNICEF Burkina Faso/2023/Dossou M. Des femmes de Gourga en pleine activité de fabrication de savon liquide

L’histoire de Maimouna

Maimouna (nom d’emprunt) a été victime de violence physique par son mari. Maimouna est une personne déplacée interne. Elle vient de Thiou, à mi-chemin entre Ouahigouya au Burkina Faso et Koro, la première ville malienne après la frontière. Avec son mari et ses enfants, Maimouna vit sur le site de déplacés internes à Gourga. Avant qu’elle ne quitte son village, elle menait un petit commerce. Quand ils ont été chassés du village par des individus armés, elle a pu ramasser ses petites économies. Malheureusement, arrivé à Gourga, son mari à fouiller dans ses affaires et à dérober son argent.

« Quand je me suis rendu compte qu’il avait pris mes économies, je lui en ai fais le reproche. Il a commencé par m’insulter et par me frapper. Il m’a même chassée et m’a demandée de ne plus revenir. J’aurais vraiment préféré qu’il me demande de lui remettre cet argent au lieu de le prendre dans mon dos, » raconte Maimouna.

Quand elle a été chassée par son mari, Maimouna est venue à l’Espace sûr des femmes et filles de Gourga. Elle s’est confiée à Djeneba Porgo, la gestionnaire des cas de VBG du site.

En plus de recevoir un kit de dignité composé de savon, de pagne et de serviettes hygiéniques, Maimouna a également reçu une aide psychosociale et financière. Une médiation a été menée entre elle et son mari. Grâce à cela, le mari de Maimouna a promis de demander avant de prendre l’argent de sa femme et de ne plus la battre. Maimouna a également reçu un transfert d’un montant 25.000F CFA lui permettant ainsi de relancer son petit commerce. Aujourd’hui, grâce à l’Espace sûr, Maimouna fabrique du pain qu’elle arrive à vendre pour obtenir un peu d’argent, et entre elle et son mari, tout va pour le mieux.