Journée de l’enfant africain au Burkina Faso
Les enfants burkinabè célèbrent leurs droits dans différentes villes du pays.
Le 16 juin est la journée où le monde entier célèbre l’nfant africain. Pour la petite histoire, en 1991, l'Assemblée des chefs d'État et de gouvernement de l'organisation de l’union africaine a instauré la Journée de l'Enfant Africain (JEA) en hommage au soulèvement étudiant du 16 juin 1976 à Soweto, en Afrique du Sud. À cette époque, les étudiants ont manifesté contre la mauvaise qualité de l'enseignement qu'ils recevaient et ont exigé d'être instruits dans leur langue maternelle. La JEA commémore ces enfants et leurs actions courageuses pour défendre leurs droits.
Cette année, plusieurs villes du Burkina Faso ont vibré en hommage a l’enfant africain, une occasion de rappeler que le combat pour les droits des enfants doit continuer. À Kaya, Fada Ngourma, Tenkodogo et Dori, les enfants et les adultes ont, de différentes manières, commémoré la journée.
Un cross de masse à Kaya avec comme message : « Protéger et éduquer tous les enfants : une priorité de l’heure »
À Kaya, la célébration de la Journée de l’Enfant Africain a mobilisé au moins 1300 enfants. Elle a été organisée les 20 et 21 juin 2024 en partenariat avec Ministre de la Solidarité, de l'Action humanitaire, de la Réconciliation nationale, du Genre et de la Famille (MSAHRNGF) . La journée du 20 juin a commencé par une cérémonie commémorative, où les enfants ont appris sur l’importance de la date. Dans l’après-midi, un cross de masse a été organisé et des enfants hôtes et déplacés, des parents et gardiens d’enfants ont parcouru les rues de Kaya pour passer le message : « Protéger et éduquer tous les enfants : une priorité de l’heure ». Le 21 juin, c’était la journée de solidarité en faveur des enfants vivant avec un handicap.
Les autorités ont marqué de leur présence ces différentes activités avec l’UNICEF. “Cette cérémonie commémorative vient rappeler que malgré le contexte sécuritaire que vivent les enfants de Kaya, la promotion et la protection des droits des enfants est toujours d’actualité. Et c’est un appel lancé à tous les acteurs de redoubler d’efforts pour le bien-être des enfants”, a déclaré Moise Bado, Directeur régional de MSAHRNGF du Centre Nord. “J’encourage les enfants de Kaya de garder espoir, de rester concentrés sur la promotion de leurs droits, car ils en aussi sont des acteurs. Qu’ils restent résilients malgré les défis sécuritaires et humanitaires afin de prendre la relève dans les années à venir”.
A Fada N’gourma, l’accent est mis sur l’importance de l’éducation des enfants
La JEA a aussi été commémorée à Fada sous le thème “l’éducation pour tous les enfants en Afrique : l’heure est venue”. Les activités ont commencé par la visite des des autorités et des membres de l’UNICEF aux enfants du Centre de Formation Professionnelle de la ville de Fada, qui accueille de jeunes garçons en conflit avec la loi en internat.
Dans son allocution, le Gouverneur Ram Joseph Kafando a lancé un appel pressant aux parents et aux communautés pour les amener à assumer pleinement leur responsabilité dans l’encadrement et l’éducation des enfants. Il a également encouragé les jeunes à cultiver des valeurs telles que le travail bien fait, le respect des aînés et la solidarité au quotidien. Il a remercié l’UNICEF et les autres partenaires techniques et financiers pour leur contribution.
Au cours de la cérémonie officielle, les enfants de Fada Gourma se sont exprimés et ont reçu des mains de l’UNICEF et des autorités des kits de dignité pouvant servir 600 enfants, composés de nattes, seaux, brosses à dents, pâte dentifrice et ont partagée es un repas communautaire.
Après avoir demandé une minute de silence pour tous les enfants et tous ceux qui ont perdu la vie en défendant la mère patrie, Adiatou Zanga, représentante des enfants, a délivré un message important : “Le thème de cette année interpelle tout le monde à promouvoir et à protéger les droits des enfants. De plus en plus, la responsabilité des parents vis-à-vis de l’éducation des enfants diminue. C’est la perte de cette valeur qui fait que nous, enfants, sommes victimes d’abus et de violations de toute nature”, a-t-elle deplore. “J’invite chacun à réfléchir sur la parentalité positive comme levier de protection des enfants contre les violences dans un contexte de crise sécuritaire et humanitaire”, a-t-elle dit pour finir.
Fidèle Rima, spécialiste sante à l’UNICEF qui a représenté le chef de bureau de Fada, a magnifié les alternatives éducatives mises en œuvre par le gouvernement et l’UNICEF pour restaurer le droit à l’éducation des enfants affectes par l’insécurité.
“Faisant écho à la décision de l’Union Africaine de faire de 2024, l’année de l’éducation en Afrique, je voudrais porter à cette commémoration le plaidoyer encore fort au Burkina Faso, où près d’un million d’enfants ne vont pas à l’école, à cause de l’insécurité. L’éducation étant l’un des secteurs les plus affectés par la crise sécuritaire, c’est donc aussi le lieu pour moi de saluer et d’encourager à sa juste valeur, les alternatives éducatives mises en place par le Gouvernement et ses partenaires pour que chaque enfant ait accès à l’éducation,” dit-il dans son discours.
34ème Journée de l'Enfant Africain à Dori, un appel au respect des droits des enfants
Tout en sensibilisant sur des enjeux cruciaux qui les touchent de plein fouet, les enfants de la ville de Dori ont montré leurs talents à travers le dessin, le théâtre et la danse à l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain (JEA), placée sous le thème « Problématique de la protection et de la promotion des droits de la famille et de l’enfant dans un contexte de crise sécuritaire et humanitaire ».
“Nous avons été les plus affectés par la crise sécuritaire au Burkina Faso, et je saisis cette opportunité pour plaider en faveur d'une attention particulière à l'endroit des enfants”, a déclaré Touré Farida, élève en classe de Première porte-parole des enfants.
Plus de 600 enfants ont participé à la célébration de la JEA à Dori. Les différentes activités ont réuni des enfants, hôtes comme déplacés, qui fréquentent les espaces amis des enfants de Wendou, ainsi que leurs parents.
Pour Ragnaguenewindé Edgar Compaoré, représentant le Gouverneur de la région du Sahel : “Le gouvernement s'est engagé à soutenir pleinement les enfants et à garantir le respect de leurs droits. Il est impératif que nous unissions nos forces, en tant que gouvernements, organisations internationales, communautés et individus, pour garantir que chaque enfant africain puisse jouir de ses droits fondamentaux à la vie, à la santé, à l'éducation et à la sécurité”.
Pegabila Gervais Ouattara, chef du bureau de l’UNICEF à Dori, a rassuré que « l’UNICEF accompagnera toujours le Gouvernement au niveau national pour la défense et la promotion des droits de l'enfant burkinabé, pour son bien-être ».
Un grand concert live à Tenkodogo avec Smarty, l’ambassadeur de bonne volonté de l’UNICEF au Burkina Faso
Tenkodogo a refusé du monde.
À l’occasion de la JEA, l’UNICEF en partenariat avec le ministre de la Solidarité, de l'Action humanitaire, de la Réconciliation nationale, du Genre et de la Famille (MSAHRNGF) a organisé un grand concert le 20 juin 2024, avec Smarty, l’ambassadeur de bonne volonté de l’UNICEF au Burkina Faso. Les enfants ont vibré au son des belles mélodies de Smarty, et de trois autres artistes Burkinabè que sont Faity Baby, Mariah Bissongo et Fleur.
Ce concert s’inscrit dans le cadre des activités commémoratives du mois de la famille et de l’enfant. Il a été organisé au profit des enfants et des jeunes de la commune de Tenkodogo à l’occasion de la JEA à la place de la nation de la ville et a connu l’adhésion et la participation des autorités administratives et communales, et de l’action humanitaire. « Tout ce qui touche à l’enfant doit être pris au sérieux. Lorsqu’il s’agit de la défense des droits des enfants, il faut travailler vraiment à faire adhérer tout le monde dans ces genres d’initiatives. Et voir comment les enfants étaient égayés ce soir, ça fait vraiment chaud au cœur, ça fait vraiment plaisir », s’est exprimé Ousmane OUATTARA, Haut-Commissaire de la province du Koulpélogo, représentant du Gouverneur de la région du Centre-Est.
La présidente du parlement des enfants de la province du Boulgou, Sandwidi Salamata, était très contente de porter la voix des enfants de sa région. Elle a exprimé sa gratitude pour cette initiative. « En plus d’être dans une situation un peu pénible pour le pays, ce concert va permettre aux enfants de sortir, de côtoyer leurs pairs et de pouvoir se divertir », s’est-elle exprimée. C’était l’occasion pour elle, au nom de tous les enfants, de plaider pour leur cause. « J’invite les parents à bien protéger les enfants, à respecter les droits des enfants, puisqu’avec cette situation sécuritaire, beaucoup d’enfants sont touchées, il y a des déplacés internes, il faut tenir compte de tout ça pour respecter les droits des enfants. J’invite les enfants à respecter les parents et les personnes âgées. Nous avons des droits, mais faisons aussi nos devoirs et prenons nos études au sérieux », a-t-elle ajouté.
Sylvie Zongo, la chargée de nutrition à l’UNICEF a rassuré le public de l’engagement sans réserve de l’UNICEF, à travailler avec les communautés et à accompagner le gouvernement à défendre et à promouvoir les droits des enfants, qui sont même le cœur de son mandat. « C’est à nous les adultes, de respecter nos devoirs vis-à-vis des enfants en les aidant à grandir eux-aussi dans un environnement, où leurs droits sont reconnus et respectés », a-t-elle dit.
La scène du concert a été une bonne plateforme de sensibilisation sur la défense et la promotion des droits de l’enfant. Salimata a participé avec des centaines d'autres enfants au concert live de Smarty, l'Ambassadeur de Bonne Volonté de l'UNICEF et trois artistes burkinabè donné ce 20 juin 2024 à Tenkodogo.