Lutte contre la poliomyélite dans la Donga au nord-ouest du Bénin : mobilisation des agents de santé
Avec l’appui des partenaires techniques et financier, le gouvernement béninois a organisé une campagne locale de vaccination contre la polio du 24 au 27 avril 2026 dans 6 départements (Atacora, Alibori, Borgou, Collines, Donga et Plateau).
La poliomyélite (« polio ») est une maladie infectieuse très contagieuse causée par le poliovirus, qui touche principalement les enfants de moins de cinq ans. Au Bénin, le dernier cas de poliovirus sauvage (PVS) autochtone remonte à octobre 2001, et le pays est certifié libre de ce virus depuis juin 2015. Toutefois, comme plusieurs pays de la sous-région, le Bénin est confronté à l’émergence de poliovirus variants de type 2, dont le premier cas a été détecté en août 2019 dans la commune de Kalalé, dans le département du Borgou. En 2025, 10 cas ont été notifiés : 6 à travers la surveillance des Paralysies Flasques Aigues (PFA) et 4 par la surveillance environnementale (Parakou :1 et Djougou :3). Malgré deux tours de vaccination supplémentaires en juin et juillet 2025, trois nouveaux cas sont apparus, révélant la persistance de la transmission.
Face à cette situation, le gouvernement béninois avec l’appui des partenaires techniques et financiers (PTF) a organisé une campagne locale de vaccination contre la polio du 24 au 27 avril 2026 dans 6 départements (Atacora, Alibori, Borgou, Collines, Donga et Plateau). Dans ce cadre, les acteurs communautaires du département de la Donga se sont fortement mobilisés afin d’assurer la protection de tous les enfants âgés de 0 à 5 ans.
À Seméré, commune de Ouaké, la major KOUKPO Mazidath revient sur les stratégies mises en place pour améliorer l’adhésion des populations. « L’année dernière, nous avions eu quelques défis lors de la vaccination. Cette année, nous avons anticipé en impliquant davantage les chefs de villages et les relais communautaires, les agents vaccinateurs de la localité etc… comme portes d’entrée. Cela a bien marché », explique-t-elle.
Grâce à cette approche participative, la sensibilisation de proximité a permis de toucher un grand nombre de ménages. Les leaders communautaires, respectés dans leurs localités, ont joué un rôle clé dans la diffusion des messages et la réduction des hésitations.
Malgré ces avancées, quelques cas de refus ont été enregistrés, comme on pouvait s’y attendre. Face à ces situations, l’appui des partenaires, notamment l’équipe de l’UNICEF, a été déterminant. « Ils ont expliqué de long en large l’importance de la vaccination et rassuré sur la prise en charge gratuite des cas de MAPI au sein des communautés », souligne Mazidath.
À Bodi, dans la commune de Bassila, Sidi Tamimou, père de trois enfants de moins de cinq ans, faisait partie des parents hésitants. « Depuis des années, je ne fais pas vacciner mes enfants, car je me demande pourquoi les cas de maladie après la vaccination sont pris en charge gratuitement, alors que lorsque mon enfant est malade, je dois payer », confie-t-il.
Les équipes de sensibilisation ont pris le temps de lui apporter des explications claires. Les vaccins, comme tout médicament, peuvent entraîner des réactions légères, telles que la fièvre ou une douleur au point d’injection, et plus rarement des effets indésirables appelés MAPI (manifestations indésirables post-immunisation). Ces cas sont pris en charge gratuitement par l’État afin de garantir la sécurité des enfants et de renforcer la confiance des parents. En revanche, les maladies non liées à la vaccination restent à la charge des familles, comme pour tout autre traitement.
À l’issue des échanges, les inquiétudes de Sidi Tamimou ont été levées. « J’ai compris maintenant l’importance de la vaccination. J’ai accepté de faire vacciner mes enfants », a-t-il déclaré. Ses trois enfants ont ainsi pu recevoir leur dose de vaccin.
En impliquant les leaders locaux, les relais communautaires et les partenaires techniques, les équipes de santé parviennent à instaurer un climat de confiance et à protéger efficacement les enfants contre la poliomyélite. La synergie de tous ces efforts ont permis d’atteindre une couverture vaccinale administrative de 111,98% et 100% des communes acceptées au LQAS dans le département de la Donga.