Borgou : familles et enfants mieux protégés grâce au rattrapage vaccinal et à la vitamine A
Maman Douté a bravé les intempéries et les obstacles pour faire vacciner son bébé d’un mois lors du grand rattrapage vaccinal.
Dans la commune de Tchaourou, comme 2064 autres mères, Maman Douté a bravé les intempéries et les obstacles pour faire vacciner son bébé d’un mois lors du grand rattrapage vaccinal.
C’est une habituée des faits. Cette brave dame qui affronte tout pour la vie de ses enfants. Il est 1h30 du matin dans le paisible village de Waria 2, de la commune de Tchaourou situé à 363 km de la capitale du Bénin, dans le département du Borgou. Dehors, la pluie ne faiblit pas. C’est la saison où tout ralentit, où les chemins deviennent impraticables. C’est dans ces conditions que Douté Elisabeth, une mère de six enfants, âgée de 31 ans, sent les premières contractions.
« Les douleurs ont commencé vers 20h. Mon mari n’était pas encore rentré. Lorsqu’il est arrivé, il était déjà 23h. Il m’a prise sous la pluie à moto, nous avons tenté de traverser le marigot, mais impossible. Alors, il est allé chercher les « traverseurs », mais hélas ! il était trop tard pour aller accoucher à l’hopital», raconte-t-elle.
Sans possibilité de transport, sans accès rapide à un centre de santé, Elisabeth accouche au bord d’un marigot, sous une pluie battante, soutenue par sa mère, matronne du village. C’est cette dernière qui coupe le cordon ombilical, qui couvre le bébé, et qui aide sa fille à retrouver un semblant de sécurité à la maison.
Un défi supplémentaire, la vaccination en saison de pluie
Un mois après, la pluie ne s’arrête pas. Pendant plusieurs jours, les sentiers boueux rendent tout déplacement impossible. Elisabeth reste confinée avec son bébé. Aller à l’hôpital est impensable. Pourtant, dans son esprit, une préoccupation revient sans cesse : faire vacciner son enfant. « Mes précédents enfants ont été vaccinés, et j’ai vu la différence. Ils tombaient moins malades. Je savais qu’il fallait faire pareil pour ce petit. »
Cet enfant, elle l’a prénommé Sidonie Nadohin, ce qui signifie « la maison maternelle est bonne » en langue bariba.
C’est grâce à Mathias, le relais communautaire de son village, qu’Elisabeth apprend l'organisation du grand rattrapage vaccinal, planifié dans le cadre du renforcement du Programme Élargi de Vaccination (PEV) y compris la supplémentation en Vitamine A, avec le soutien de GAVI Alliance, de la République de Corée, du Global Affairs Canada et l'appui technique et financier de l'UNICEF.
« Il m’a dit qu’on pouvait encore faire vacciner les enfants, même si on avait raté le début du calendrier. Alors je suis venue avec mon bébé. »
Elle n’est pas seule. Des centaines de mères qui ont accouché à la maison ont saisi cette opportunité dans tout le département du Borgou, souvent après des parcours semés d’embûches, motivées par la volonté de protéger leurs enfants.
Les trois (03) sessions de rattrapage organisées dans le département du Borgou dans le cadre du grand rattrapage vaccinal ont permis de vacciner plus de 18 206 enfants zéro dose et sous vaccinés permettant ainsi que leur statut vaccinal soit mis à jour.
« Je conseille à toutes les mères de faire vacciner leurs enfants. Chaque vaccin a son moment. Même si vous avez manqué un rendez-vous, vous pouvez encore le rattraper. C’est pour leur bien. »
Un message de mère à mère
En tenant son bébé dans les bras après la vaccination, Elisabeth partage un message aux autres femmes de sa communauté. « Je conseille à toutes les mères de faire vacciner leurs enfants. Chaque vaccin a son moment. Même si vous avez manqué un rendez-vous, vous pouvez encore le rattraper. C’est pour leur bien. »
Depuis plusieurs années, les couvertures vaccinales stagnent au Bénin, avec une couverture vaccinale de la troisième dose du DTC en moyenne de 72%. Des enfants zéro-dose ou sous-vaccinés s’accumulent avec respectivement 111 000 et 171 000 en 2024, une situation aggravée par la pandémie de COVID-19 avec une baisse de l’offre de service combinée à une augmentation de la méfiance de la population aux vaccins.
Cette intensification de la vaccination de routine vise justement à corriger cette inégalité, en ramenant les soins de santé au plus près des familles, même dans les zones rurales reculées.
Aucun enfant ne doit être laissé pour compte.
#Pour chaque enfant, un vaccin.#