Pour qu’aucun enfant ne manque un vaccin

Reine AMEYIBO va au-delà de son rôle de sage femme

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Aboza Dadja
13 août 2026

Reine AMEYIBO est sage-femme au Centre Médico-Social (CMS) d’Attitogon, dans la préfecture du Bas-Mono. Ses journées commencent souvent dans les cris et les pleurs des nouveau-nés et c’est le début d’une responsabilité qui va au-delà de son rôle : celui de protéger l’enfant contre des maladies évitables par la vaccination. 

Après chaque naissance, elle administre le vaccin BCG au nouveau-né. Avec Reine, la vaccination commence toujours par une conversation, un sourire, une explication donnée aux mères parfois inquiète ou hésitante. 

Avant même que la famille ne quitte le centre de santé, elle prend le temps de présenter le calendrier vaccinal, de fixer les prochains rendez-vous et de répondre à leurs inquiétudes. Au fil des échanges, un lien de confiance se crée. Les mères reviennent, parfois accompagnées de voisines ou de parents qu’elles ont mobilisé à leur tour.

Quand une mère comprend l’importance de la vaccination elle revient toujours pour faire vacciner son enfant 

Reine AMEYIBO, sage-femme au Centre Médico-Social (CMS) d’Attitogon, Bas-Mono

Mais le travail de Reine ne s'arrête pas aux portes du CMS. Dans le village de son aire sanitaire, il n'est pas rare de la voir parcourir les quartiers sous le soleil, accompagnée des Agents de Santé Communautaire (ASC). Elle identifie les enfants qui ont manqué une séance de vaccination, rend visite aux familles et prend le temps d'échanger avec elles.

Vacciner un enfant à la naissance est important. Mais s'assurer qu'il reçoive tous ses vaccins jusqu'au bout est essentiel

Reine AMEYIBO, sage-femme au Centre Médico-Social (CMS) d’Attitogon, Bas-Mono

Dialoguer, rassurer et convaincre

Son approche est simple : dialoguer, rassurer et convaincre. Parfois, quelques mots suffisent. D'autres fois, plusieurs visites sont nécessaires. Mais Reine ne se décourage jamais. « Derrière chaque enfant perdu de vue, il y a souvent une famille qui a besoin d'être accompagnée et rassurée », souligne-t-elle. 

Cette proximité avec les communautés contribue à réduire le nombre d'enfants qui abandonnent leur parcours vaccinal. Grâce au suivi régulier des ménages, de plus en plus de parents respectent désormais les rendez-vous de vaccination de leurs enfants. 

Reine Ameyibo avec une famille au CMS Atitogon

Membre active du comité de suivi de la vaccination, Reine participe également à l'analyse des données et à la recherche de solutions pour atteindre les enfants les plus difficiles d'accès. Chaque enfant retrouvé, chaque rendez-vous honoré, chaque carnet vaccinal complété représente pour elle une victoire. 

Pour le responsable du CMS d’Attitogon, son engagement est déterminant

M. Daketsè, responsable du CMS Atitogon en séance de vérification des rendez-vous de vaccination avec Reine Ameyibo
Aboza Dadja

Reine est l’une des acteurs clé de la mobilisation dans notre centre de santé. Elle ne se contente pas de vacciner les enfants à leur naissance. Elle va vers les familles, assure le suivi des rendez-vous et sensibilise sans relâche. Grâce à son implication, nous enregistrons moins d’enfants perdus de vue et une meilleure adhésion des communautés à la vaccination.

Daketse Segbeaya, Responsable du CMS Atitogon

Les résultats de cet engagement se voient dans les salles d’attente du centre de santé. On y voit des mères revenir aux dates prévues avec leurs enfants. On y entend les rires des tout-petits qui grandissent en bonne santé. On y rencontre des parents qui connaissent désormais l’importance de chaque vaccin. 

Ma plus grande fierté, c’est de revoir un enfant que j’ai aidé à mettre au monde revenir pour ses vaccins, puis grandir en bonne santé. À ce moment-là, je me dis que tous nos efforts en valent la peine.

Reine AMEYIBO, sage-femme au Centre Médico-Social (CMS) d’Attitogon, Bas-Mono
Reine et Akouvi âgée de 18 mois au CMS Atitogon
Aboza Dadja

Aujourd’hui, sa conviction reste intacte : aucun enfant ne devrait être privé de la protection que lui offre la vaccination.  Alors, chaque matin, lorsque résonne le cri d’un nouveau-né dans la maternité d’Attitogon, Reine y entend aussi une promesse. Celle d’un avenir à préserver. Et à chaque fois qu’elle frappe une porte, qu’elle rassure une mère et qu’elle aide à protéger un enfant, elle contribue à construire une communauté où grandir en bonne santé n’est pas un privilège, mais un droit pour tous les enfants.