Lamoussa coud l’espoir d’un avenir meilleur

Construire un avenir digne, entre courage, apprentissage et résilience.

Aboza DADJA
Lamoussa, 16 ans, en réinsertion professionnelle dans un atelier de couture à Kountongbong, dans la commune de Tône 1 dans la région des Savanes, au nord du Togo.
UNICEF/Togo/DADJA
06 avril 2026

À la suite de l’attaque d’un groupe armé non étatique qui a frappé son village de Kompienga, dans la région de l’Est du Burkina Faso, le 25 août 2025, la vie de Lamoussa a basculé. Âgée de 16 ans, elle a été brutalement séparée de ses parents, contrainte de fuir pour sauver sa vie. Comme tant d’autres, elle a quitté sans destination précise, avec pour seul espoir de trouver un refuge sûr.

À son arrivée au Togo en septembre 2025, Lamoussa vit aujourd’hui à Kountongbong, dans la commune de Tône 1 dans la région des Savanes, au nord du Togo et fait partie des 236 enfants non accompagnés ou séparés qui, malgré leur jeune âge, portent déjà le poids de l’exil.

Son parcours n’a été qu’une succession d’épreuves. Dans un premier temps, elle a trouvé refuge à Pogno, auprès d’un vieux réfugié, en compagnie de son cousin Souley (17 ans) et de sa cousine Danan (13 ans). Mais très vite, les conditions de vie précaires ne leur ont pas permis de s’y installer durablement.

Face aux difficultés quotidiennes de se nourrir, se vêtir et l’exposition aux risques de violences, ils ont été contraints de quitter ce premier refuge pour rejoindre la ville de Dapaong, à la recherche de conditions de vie plus dignes. C’est là que Lamoussa a été identifiée par la Coordination Nationale d’Assistance aux Réfugiés (CNAR), puis orientée vers une famille d’accueil à Kountongbong dans la préfecture de Tône, qui lui offre aujourd’hui un cadre plus stable et réconfortant tout en bénéficiant d’une prise en charge adaptée. Malgré ce semblant de sérénité, Lamoussa reste profondément marquée par l’absence de ses parents. Depuis sa fuite, elle n’a plus aucune nouvelle d’eux et garde, au fond de son cœur, l’espoir fragile de pouvoir un jour les retrouver.
 

Lamoussa, 16 ans, enfant réfugiée en réinsertion professionnel dans un atelier de couture, entourée par le Gouverneur de la région des Savanes Affoh ATCHA-DEDJI et la Représentante Résidente de l’UNICEF au Togo, Dr Erinna Corinne DIA.
UNICEF/Togo/DADJA Lamoussa, 16 ans, enfant réfugiée en réinsertion professionnel dans un atelier de couture, entourée par le Gouverneur de la région des Savanes Affoh ATCHA-DEDJI et la Représentante Résidente de l’UNICEF au Togo, Dr Erinna Corinne DIA.

Comme de nombreux enfants affectés par le débordement de la crise du Sahel, Lamoussa a été confrontée très tôt à l’insécurité, à la séparation familiale et à la nécessité de survivre loin des siens. Cependant, grâce aux efforts du Gouvernement du Togo avec l’appui du Bureau de la Population, des Réfugiés et des Migrations des États-Unis (BPRM), à travers l’UNICEF, elle a pu être identifiée, enregistrée et orientée vers une prise en charge adaptée, incluant une formation professionnelle.

Aujourd’hui, Lamoussa suit un apprentissage en couture. À travers cette activité, elle reconstruit progressivement sa vie, retrouve confiance en elle et se projette vers l’avenir. Chaque point qu’elle coud est un pas de plus vers son autonomie. Elle rêve devenir une couturière indépendante, capable de subvenir à ses besoins et, un jour, d’aider à son tour d’autres enfants en situation de vulnérabilité.

En novembre 2025, la région des Savanes comptait 47 219 personnes déplacées de force, dont 61 % d’enfants. Parmi eux, 7 % étaient des enfants non accompagnés ou séparés, particulièrement exposés aux risques de violence, d’exploitation et de déscolarisation. Ces chiffres illustrent l’ampleur des défis à relever, mais aussi l’urgence d’agir.

Dans ce contexte, le Togo poursuit ses efforts pour garantir que chaque enfant, même déplacé et séparé de sa famille, puisse être protégé, accéder à l’éducation ou à des opportunités d’apprentissage et se reconstruire. L’histoire de Lamoussa montre que malgré les épreuves, l’espoir reste possible, et l’avenir peut encore se dessiner, un point de couture à la fois.

Photo de groupe lors de la visite du Gouverneur de la région des Savanes et de la Représentante résidente de l’UNICEF au Togo devant l’atelier d’apprentissage en couture de Lamoussa, 16 ans, enfant réfugiée, entourée de ses camarades.
UNICEF/Togo/DADJA Photo de groupe lors de la visite du Gouverneur de la région des Savanes et de la Représentante résidente de l’UNICEF au Togo devant l’atelier d’apprentissage en couture de Lamoussa, 16 ans, enfant réfugiée, entourée de ses camarades.