Mettre fin à la violence contre les enfants au Sénégal

Le gouvernement du Sénégal, avec le soutien de l'UNICEF et d'autres partenaires, a lancé une campagne de sensibilisation du public pour accélérer les efforts visant à mettre fin à la violence contre les enfants dans le pays

UNICEF Sénégal
VAC
UNICEF Senegal
24 mars 2022

Au Sénégal, la violence contre les enfants est répandue, bien qu'elle ne soit pas documentée de manière cohérente. Pour trop d'enfants, les endroits où ils devraient se sentir en sécurité – à la maison, à l'école, dans leur communauté – sont les premiers et les plus fréquents sites de violence, d'abus et d'exploitation.

Peu importe leur histoire ou leur situation, tous les enfants ont le droit d'être protégés contre la violence, l'exploitation et les abus. Au Sénégal, l'UNICEF s'emploie à protéger les enfants contre la violence, l'exploitation et les abus. Nous travaillons en partenariat avec le gouvernement, les entreprises, les organisations de la société civile et les communautés pour prévenir toutes les formes de violence contre les enfants. Aux côtés des communautés, nous travaillons pour accélérer l'élimination des pratiques néfastes, telles que le mariage des enfants et les mutilations génitales féminines. Dans tout ce que nous faisons, nous écoutons les jeunes et leurs familles pour nous assurer que leurs besoins orientent notre programmation et notre plaidoyer.

UNICEF Senegal

Le gouvernement du Sénégal, avec le soutien de l'UNICEF et d'autres partenaires, a lancé une campagne de sensibilisation du public pour accélérer les efforts visant à mettre fin à la violence contre les enfants dans le pays. Soutenue par une campagne médiatique intensive, la campagne vise à catalyser le dialogue et le changement politiques, sociaux, institutionnels, communautaires et familiaux indispensables pour mettre fin à la violence contre les enfants.

Une série de supports de communication ont été produits et largement diffusés à travers le pays, en utilisant différents canaux et plateformes, notamment les médias nationaux et communautaires, les outils numériques et les réseaux sociaux. La campagne a également impliqué un large éventail de parties prenantes, notamment des chefs religieux, des autorités nationales et locales, des influenceurs, des mobilisateurs et acteurs sociaux, des familles, des communautés, des jeunes et des enfants eux-mêmes.

En savoir plus sur la campagne : https://violence-nafijog.sn/

 

Cette initiative a été rendue possible grâce au soutien financier du gouvernement du Canada

VAC
UNICEF Senegal

La violence contre les enfants, en particulier la violence sexuelle, continue d'être un défi majeur au Sénégal, avec un nombre estimé d'environ 15 000 filles âgées de 15 à 17 ans victimes de violences sexuelles. En 2021, le Gouvernement a pris des mesures positives pour systématiser la surveillance et la détection de la violence à travers les systèmes d'éducation et de santé. La revue de la mise en œuvre de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (début 2022) permettra d'identifier des stratégies pour accroître l'égalité des sexes et les droits des femmes et des filles au Sénégal.

Détecter les violences sexuelles et fournir aux victimes l'accès aux services reste un défi au Sénégal. Selon l'EDS (2019), 10,4 % des femmes âgées de 15 à 49 ans ont subi des violences physiques au cours de l'année précédente. Parmi les filles âgées de 15 à 17 ans, 2,9 % ont été victimes de violences sexuelles (EDS 2019). La pandémie de COVID-19 a accentué la problématique de la violence domestique, comme en témoigne l’enquête rapide sur les effets de la COVID-19 réalisée par ONU Femmes en collaboration avec l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), l’UNICEF et l’ONU Droits de l’Homme (2020), qui a montré que 27% des répondants pensaient que la violence au sein des ménages avait augmenté depuis le début de la pandémie.

Pratiques néfastes persistantes

Le problème du mariage des enfants touche près d'une fille sur trois au Sénégal. Ainsi, 32,6 % des femmes âgées de 20 à 49 ans ont eu une première union avant 18 ans et 7,6 % avant 15 ans (EDS 2019). Les niveaux de revenu et d'éducation sont un facteur clé de ce problème, car les femmes du quintile de bien-être économique le plus bas et celles qui ont le niveau d'éducation le plus bas sont les plus touchées. De plus, un nombre important d'enfants vivent sans leurs parents, 13,2 % des filles et des garçons de moins de 15 ans vivant sans parents biologiques (environ 950 000 enfants).

Dans le contexte de la pandémie de COVID-19, certains problèmes sont apparus. Par exemple, les résultats de l'enquête rapide sur les effets du COVID-19 (2020) ont indiqué que 5% des ménages urbains et 7% des ménages ruraux envoyaient leurs enfants mendier ou travailler pour faire face aux difficultés économiques auxquelles ils étaient confrontés.

Peu de changements ont été observés dans le cas des mutilations génitales féminines (MGF) au Sénégal au cours de la dernière décennie. En 2019, 25,2 % des femmes âgées de 15 à 49 ans ont été excisées (EDS, 2019), contre 25,7 % en 2010. Derrière ces données nationales se cachent des disparités régionales importantes entre le centre du pays (5,5% à Diourbel, Fatick, Kaolack et Kaffrine) et la région Sud (79,6% à Tambacounda, Kolda, Kédougou, Sédhiou et Ziguinchor). Selon les dernières données disponibles, 16,1 % des filles de moins de 15 ans ont été excisées. Les opinions sur les MGF n'ont guère évolué au cours de la dernière décennie et le taux de femmes entre 15 et 49 ans qui pensent que cette pratique devrait se poursuivre a même augmenté, passant de 16,6 % à 18 %. Des données récentes montrent que cette proportion est de 11,9 % chez les hommes.

Le taux d'enregistrement des naissances des enfants de moins de cinq ans a lentement augmenté au cours des 10 dernières années, atteignant 78,7% contre 74,6% en 2010. Cela limite l'accès des enfants aux services sociaux essentiels. D'importantes disparités socio-économiques (59,7% pour le quintile le plus bas contre 96,9% pour le plus élevé) et géographiques (70,7% en milieu rural contre 92,7% en milieu urbain) persistent. En termes de coordination, il est important de noter la mise en place des Coins Santé de l'Etat Civil dans les structures de santé qui visent à améliorer l'interopérabilité entre les deux secteurs. Le ministère de l'Éducation nationale a également mis en place un dispositif de détection et d'inscription des élèves sans acte de naissance.

UNICEF Senegal