Amy Ndiaye, la première femme chauffeur de l’UNICEF Sénégal,
poursuit sa route contre les stéréotypes de genre
Son engagement et son désir ardent sont restés intacts, l’ont fait progresser dans sa passion et ont fait d’elle le symbole de la femme qui casse les codes dans des domaines traditionnellement masculins, comme celui chauffeur professionnel.
Amy Ndiaye, la première femme au volant d’un véhicule de l’UNICEF ne passe jamais inaperçue quand elle emprunte les routes et pistes à travers les villes et villages du Sénégal des profondeurs pour conduire les missions de terrain. Elle assume et incarne un rôle de pionnière dans son domaine qu’elle s’est trop taillé. Elle s’engagée d’abord comme conductrice de taxi, dans le cadre de l’initiative « Taxis Sisters » mise en place par le gouvernement du Sénégal au début des années 2000, puis première femme recrutée par l’USAID comme chauffeur, ensuite par le PNUD, et actuellement par l’UNICEF. « Quand une femme veut, elle peut », dit-elle.
L’Ambassadeure du Canada dont le pays appuie les interventions de l’UNICEF en faveur de la réalisation des droits des filles, présente à Sédhiou pendant les 16 jours d’activisme, voit en elle un symbole à encourager afin que les autres suivent l’exemple de l’UNICEF pour qui Amy travaille avec dynamisme et professionnalisme.
Elle qui continue d’inspirer. Et l’occasion n’a pas été manquée à Sédhiou où elle a été offerte en exemple devant une audience constituée de femmes de jeunes filles, lors d’une conférence sur la masculinité positive organisée dans le cadre de ces 16 jours d’activisme.
Amy Ndiaye a partagé sur sa riche expérience. C’était d’abord pour révéler le soutien de son mari qui l’a beaucoup aidé à faire face, en tant que femme, et à relever de nombreux défis dans l’exercice de sa profession afin de continuer à travailler dans une organisation comme l’UNICEF dont le mandat est d’améliorer la vie des enfants. Parlant de violence, thématique agitée pendant ce s16 jours d’activisme, Amy soutiendra : « Il faut dire que la violence ne consiste pas seulement à prendre le fouet et à taper sur ses enfants ou sur sa femme. La plupart du temps ce sont des paroles », estime-t-elle. « Le travail de chauffeur, surtout pour une femme mariée, n’est pas facile. Avec les longues missions, les longs jours d’absence, ce n’est pas facile si vous n’avez pas quelqu’un qui vous épaule. C’est mon mari et mes enfants qui m’ont encouragée », souligne encore Amy sous les ovations du public.
Amy ne savait pas si bien dire d’ailleurs car si l’on croit les statistiques de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANDS-2019) 27% des femmes de 15-49 ans sont victimes de violences physiques et dans 55% des cas, le mari ou le partenaire en seraient les auteurs.
Boubacar Gano, le responsable local de l’ONG Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO), animateur de la conférence sur le thème « la masculinité positive : défis et enjeux » organisée par le Groupe thématique genre qui regroupe plusieurs partenaires techniques et financier dont l’UNICEF pointent un doigt accusateur sur « les normes socio-culturelles axées sur le statut et le pouvoir et qui engendrent les inégalités entre les hommes et les femmes, par conséquent les violences basées sur le genre sous toutes leurs formes ».
Et monsieur Gano de souligner que « pour briser le cycle de violences et promouvoir l’équilibre, le Groupe thématique genre reste un cadre de partenariat renforcé, d’échange d’informations et d’expériences ».
Il faut noter que cette conférence organisée à Sédhiou pendant ces 16 jours d’activisme vient en écho à la Deuxième conférence des hommes de l'Union Africaine sur la masculinité positive tenue à Dakar en novembre 2022 sur le thème :
“Accélérer les actions et promouvoir une masculinité positive pour mettre fin à la violence contre les femmes et les filles”. L’occasion avait été saisie par l’UNICEF pour appuyer la participation et le plaidoyer porté plusieurs jeunes et adolescents qui depuis restent très actifs et continuent de réaffirmer leur leadership pour mettre fin à la violence contre les femmes et les filles dans les communautés.