Aliou Cissé célèbre l’engagement des jeunes de la Casamance en faveur de la cohésion sociale
L’Ambassadeur national de l’UNICEF a sillonné la Casamance pour dialoguer avec les jeunes autour de l’engagement civique et la citoyenneté
ZIGUINCHOR, (Sénégal), 20 mars 2024 – L’Ambassadeur national de l’UNICEF, Aliou Cissé a bouclé une visite de terrain de quatre jours en Casamance, dans le sud du Sénégal, avec l’équipe de l’UNICEF Sénégal et de DECLIC, une association de jeunes, active dans l’engagement communautaire, la citoyenneté et le leadership. De Kolda à Ziguinchor, en passant par Sédhiou, Bignona et Niaguis, Aliou Cissé est allé à la rencontre des jeunes et des communautés, pour appeler à la paix et au retour à des valeurs de la citoyenneté et du civisme.
Cette visite s’inscrit dans le cadre d’un programme de cohésion sociale mis en œuvre par l’association DECLIC à travers le Projet FANKANTA (prévention en langue locale mandingue) grâce à l’appui conjoint de l’UNICEF et du PNUD. L’objectif de ce projet est de renforcer l’engagement communautaire de plus de 2,500 adolescents et des jeunes sur les enjeux de cohésion sociale et de protection des enfants, dans les régions de Kolda, Sédhiou et Ziguinchor.
FANKANTA a, en effet, été initié au lendemain des événements politiques de mars 2021, qui ont secoué le Sénégal et déclenché une vague de manifestations qui ont engendré d’importants dégâts matériels, des arrestations, des blessés et des pertes en vies humaines, notamment chez les jeunes et les enfants. Ces manifestations ont aussi occasionné la destruction d’établissements scolaires et la perturbation des services sociaux dans certaines zones, privant de nombreux enfants de leurs droits fondamentaux.
Alors que le pays s’approche des élections présidentielles, l’Ambassadeur national de l’UNICEF a décidé de joindre sa voix au concert d’appels à la paix sociale, à la prévention de la violence et à la protection des enfants. Très engagé, il s’est exprimé devant des clubs de jeunes filles, des organisations de jeunes, des associations sportives et culturelles et des leaders communautaires, notamment des groupements de femmes.
Le ton a été donné à Kolda où il a mis d’entrée de jeu les jeunes devant leurs responsabilités. « Le vivre ensemble exige le respect de l’autorité et des institutions. Les devoirs d’abord. Les droits ensuite », lance-t-il à ces derniers, regrettant leur implication dans les différents épisodes de manifestations violentes, pour lesquelles le pays a payé un lourd tribut, notamment en Casamance. « Ce pays va avancer. Il va émerger. On ne peut que vous accompagner mais vous devez prendre votre destin en main. Vous êtes le présent et l’avenir mais surtout sachez que rien n’est facile dans la vie » confie-t-il encore aux jeunes de Sédhiou, région marquée par un fort taux d’émigration auprès des jeunes, en quête de meilleures conditions de vie, parfois au péril de leur vie.
Aliou Cissé, qui est aussi le coach de l’équipe nationale de football et a une forte résonance auprès du jeune public, a pris la parole, à chaque étape, au milieu des adolescents et jeunes pour attirer l’attention sur les manipulations dont ils peuvent faire l’objet et les incitations à la violence. Il a multiplié les causeries, tel un coach dans le vestiaire, pour appeler à la non-violence. Il entonne un discours tantôt tranché, tantôt conciliateur. « On doit protéger les biens. Vous ne pouvez pas bruler les écoles ou les mairies alors que vos frères et sœurs doivent disposer de leurs pièces d’état civil, pour subir leurs examens et continuer leurs études », a relevé l’Ambassadeur national de l’UNICEF.
« Nous traversons une situation très particulière depuis 2021. Le jeune manifestant et le policier se font face dans la journée et pourtant le soir, ils se retrouvent dans le même quartier, voire la même maison. A partir de ce moment, à DECLIC, nous nous sommes interrogés en tant que citoyens et membres de la communauté de ce qu’on peut faire pour la réconciliation. C’est cela le sens de FANKANTA », a précisé pour sa part la coordinatrice de DECLIC Khady Yama Diop.
A Bignona, ville de Casamance qui qui porte encore les stigmates des manifestations, DECLIC a mobilisé les acteurs communautaires de premier plan. Il s’agit notamment de la reine locale, personnalité influente et des femmes du « bois sacré », figures emblématiques. Leur implication a été déterminante dans la mise en œuvre de FANKANTA. L’arrivée d’Aliou Cissé, Ambassadeur national de l’UNICEF et fils de la région, dans la ville est considéré comme un événement majeur. Vêtues de leurs tenues traditionnelles pour la circonstance, elles ont rallié la Maison de l’Innovation pour un moment de vérité et de réconciliation.
« Aliou Cissé, vous êtes une icône nationale et une fierté pour la Casamance. Merci de votre soutien à FANKANTA. Mes chers enfants de DECLIC, en matière de construction de la paix, j’ai assisté à beaucoup de dépôts d’armes dans la résolution de la crise en Casamance et nous n’en avons pas fini. Le Sénégal est notre pirogue. Vous n’avez pas le droit de la laisser chavirer. Que votre travail fasse tache d’huile dans tout le pays », a dit la présidente des femmes du « bois sacré » sous les ovations du public.
Prenant la parole à sa suite, la reine de Bignona a mis l’accent sur la responsabilité des parents, regrettant l’implication de nombreux enfants dans les manifestations et le manque de protection des mineurs dans ce contexte. « Vous êtes désormais l’ambassadeur de la paix et de la cohésion sociale » a elle dit à Aliou Cissé. Elle lui a ensuite remis un pagne traditionnel et un bâton orné de cauris et de perles pour célébrer son engagement pour le respect des droits des enfants et la cohésion sociale au Sénégal.