Réduire de façon significative la mortalité infantile et néonatale au Gabon

Découvrez les efforts pour réduire de façon signitifcative la mortalité infantile et néonatale au Gabon

Harandane Dicko
Des mères venues avec leurs enfants pour la vaccination au Centre de santé de la Pery à Libreville, République du Gabon
Harandane Dicko
23 août 2021

Il est 9h du matin, nous sommes au Centre de santé de la Péyrie en plein cœur de Libreville. Comme d’habitude des femmes sont venues nombreuses ce matin, certaines pour une consultation prénatale, d’autres pour  vacciner  leur enfant.

Pour la première fois, Andémesson Julie 27 ans,  se rend dans un centre de santé pour une consultation prénatale, après trois grossesses passées au village dont deux prématurés mort-nés.

Après la prise des paramètres de poids, de tension,  et de température, un carnet de  soins a été  remis à Julie. Elle doit d’abord passer un examen d’urine, avant d’aller voir une autre sage-femme pour un examen générale et gynécologique.

A peine arriver dans la salle de consultation, la jeune femme est entré  en travail, seulement 6 mois après sa grossesse. La sage-femme Adémé Ange Marie, utilise un simple stéthoscope pour écouter les signes de la vie in utero, mais malheureusement, n’en trouve aucun. Quelques heures plus tard, Julie livre son troisième bébé prématuré mort-né.

L’histoire d’Andémesson Julie est malheureusement commune à trop de femmes au Gabon, en particulier dans les zones rurales reculées. « Ici au centre de santé de la Péyrie, les femmes commencent les consultations un peu tard. La plupart des femmes arrivent en retard,  d’autres même arrivent à termes avant de se rendre à l’hôpital ou au centre de santé. Les femmes commencent les consultations très tard, à six voir à sept mois de grossesse. Parce que, leurs maris n’ont pas d’argent. L’autre difficulté est liée à La Caisse Nationale d’Assurance Maladie et de Garantie Sociale (CNAMGS), qui exige souvent d’avoir au moins 6 mois de grossesse avant d’entamer les consultations médicales ce qui est un véritable handicap pour certaines femmes à faible revenu qui veulent profiter de la gratuité des soins » explique la sage-femme, maîtresse M’Bili Lucile, Responsable de la consultation prénatale. « Le saignement pendant la grossesse et l’accouchement est la cause d’un décès maternel sur quatre. D’autres causes sont les infections, les avortements, l’obstruction pendant le travail, ainsi que le paludisme », rajoute-t-elle.

Ces causes peuvent être bien traités si une sage-femme qualifiée et autre personnel médical accompagne chaque femme enceinte avant, pendant et après l’accouchement. Selon l’analyse de la situation de l’enfant et de la mère au Gabon – SITAN 2015, effectué par l’UNICEF, La couverture du suivi prénatal est restée stable entre 2000 (94%) et 2012 (95%) mais la proportion de femmes ayant effectué au moins quatre visites a progressé durant la même période, de 63% à 78%.

La pauvreté, le manque d’accès aux centres de santé et un manque général de connaissances conduisent beaucoup de femmes, dans les zones rurales, à rechercher des accoucheuses traditionnelles, surtout dans les provinces l’Ogooué-Ivindo et du Woleu-Ntem, qui en bénéficient moins de l’accès aux soins prénataux.

« Nous sommes quatre sages-femmes qui  recevons chacune en moyenne, entre 15 et 20 femmes par jour pour la consultation prénatale. Nous sommes souvent débordés et travaillons dans des conditions très difficiles. Parce que la plus part des femmes arrivent très souvent tard ce qui rend leur suivi très difficile. D’ailleurs d’autres n’ont même pas de quoi payer les échographies et les analyses », déplore Odette Odimba une autre sage-femme.

Les frais dans les centres de santé sont élevés et très souvent hors de portée des femmes rurales, ce qui explique pourquoi, près de 30% d’entre elles ne sont jamais partie pour une consultation prénatale dans un centre de santé. Cela est problématique parce que les soins  prénataux contribuent à réduire les risques de complications liées à la grossesse et à l’accouchement.

Le manque d’accès aux soins de santé et la  méconnaissance sont les causes

Ces causes peuvent être bien traités si une sage-femme qualifiée et autre personnel médical accompagne chaque femme enceinte avant, pendant et après l’accouchement. Selon l’analyse de la situation de l’enfant et de la mère au Gabon – SITAN 2015, effectué par l’UNICEF, La couverture du suivi prénatal est restée stable entre 2000 (94%) et 2012 (95%) mais la proportion de femmes ayant effectué au moins quatre visites a progressé durant la même période, de 63% à 78%.

La pauvreté, le manque d’accès aux centres de santé et un manque général de connaissances conduisent beaucoup de femmes, dans les zones rurales, à rechercher des accoucheuses traditionnelles, surtout dans les provinces l’Ogooué-Ivindo et du Woleu-Ntem, qui en bénéficient moins de l’accès aux soins prénataux.

« Nous sommes quatre sages-femmes qui  recevons chacune en moyenne, entre 15 et 20 femmes par jour pour la consultation prénatale. Nous sommes souvent débordés et travaillons dans des conditions très difficiles. Parce que la plus part des femmes arrivent très souvent tard ce qui rend leur suivi très difficile. D’ailleurs d’autres n’ont même pas de quoi payer les échographies et les analyses », déplore Odette Odimba une autre sage-femme.

Les frais dans les centres de santé sont élevés et très souvent hors de portée des femmes rurales, ce qui explique pourquoi, près de 30% d’entre elles ne sont jamais partie pour une consultation prénatale dans un centre de santé. Cela est problématique parce que les soins  prénataux contribuent à réduire les risques de complications liées à la grossesse et à l’accouchement.

 

Les soins obstétricaux d’urgence et les soins du nouveau né

« Au cours des consultations prénatales, nous détectons et traitons les complications liées à la grossesse, telles que le tétanos et l’anémie. Nous empêchons également la transmission du VIH de la mère à l’enfant. C’est aussi l’occasion de préparer la future mère pour la livraison et la prise en charge du nouveau-né », détaille Charlotte N’dong Bye, une sage-femme de l’hôpital spécialisé de Nkembo à Libreville.


Le Gabon étant considéré comme un pays a revenu intermédiaire, le gouvernement gabonais finance la majeure partie du budget de la santé  (6,83 % du budget national en 2009). L’apport des partenaires  au développement comme l’UNICEF, est plus technique que financier. Pour répondre à ces questions, le gouvernement avec l’appui de l’UNICEF a adopté une feuille de route pour les soins obstétricaux et néonataux  d’urgence. L’objectif est d’équiper tous les districts sanitaires avec du matériel et des personnels qualifiés, pour gérer les complications liées à l’accouchement. Elle implique également la formation des accoucheuses traditionnelles à reconnaître les signes de risques potentiellement mortelles et de renvoyer les femmes pour les soins médicaux appropriés.

Aborder la mortalité maternelle et néonatale nécessite l’engagement et la mobilisation de tous les acteurs à tous les niveaux.


 

 

 

Prise de paramètre de poids et tension de Andémesson Julie 27 ans
Harandane Dicko Prise de paramètre de poids et tension de Andémesson Julie 27 ans
Prise de paramètre de poids et tension de Andémesson Julie 27 ans
Harandane Dicko Prise de paramètre de poids et tension de Andémesson Julie 27 ans
Dans la salle de consultation avec la sage femme
Harandane Dicko Dans la salle de consultation avec la sage femme
Dans la salle de consultation avec la sage femme
Harandane Dicko Dans la salle de consultation avec la sage femme
Prise en charge des nouveaux nés au Centre mère et enfant de Makokou
Harandane Dicko Prise en charge des nouveaux nés au Centre mère et enfant de Makokou
Prise en charge des nouveaux nés au Centre mère et enfant de Makokou
Harandane Dicko Prise en charge des nouveaux nés au Centre mère et enfant de Makokou