L’autonomisation des jeunes filles et adolescentes
L’apprentissage d’un métier et les compétences de la vie courante, y compris la gestion de l’hygiène menstruelle, sont des éléments importants pour y arriver
Carmelia, 19 ans, maman d’une fille de 1 an, habite à Pointe-Noire. Elle est l’une des bénéficiaires du projet “Salongo” lancé en février 2021 par le Secrétaire Général de la Préfecture de Pointe-Noire et mis en œuvre par la Direction Départementale des Affaires Sociales de Pointe-Noire avec l’appui de l’UNICEF.
Ce projet soutient la réinsertion socioéconomique de 65 adolescentes et jeunes filles-mères âgées de 17 à 24 ans dont l’état de vulnérabilité a été aggravé par la pandémie de COVID-19.
Dans l’optique de les préparer à mettre en place leurs propres initiatives entrepreneuriales, les filles bénéficiaires du projet vont suivre des formations pour apprendre les métiers de leurs choix et vont recevoir un kit d’outils et des fonds pour démarrer des activités génératrices de revenu.
« J’ai toujours voulu faire la pâtisserie et je suis heureuse d’apprendre » nous raconte Carmelia. « Cette formation va changer beaucoup de choses dans ma vie car j’aurai un métier. Les gens vont me respecter et je serai une fille de valeur. »
« L’autonomisation on ne la voit pas seulement sur le plan économique et social, mais aussi sur le plan personnel et psychologique. » précise Madame Corelli OKO, Directrice Départementale des Affaires Sociales. « La plupart des jeunes filles-mères du projet “Salongo” étaient rejetées par leurs familles, mais avec ce projet on peut leur redonner espoir et leur dire que, quelle que soit leur situation, il est possible d’apprendre un métier et d’être émancipées. » poursuit-elle.
L’importance de l’hygiène menstruelle pour l’autonomisation des filles
Le 28 mai 2021, journée mondiale de l’hygiène menstruelle, Carmelia et les autres adolescentes bénéficiaires du projet “Salongo”, avec des élèves du niveau lycée, collège et primaire, ont également participé à un atelier de travail autour de la gestion de l’hygiène menstruelle.
Pendant l’atelier, organisé par la Direction Départementale des Affaires Sociales de Pointe-Noire avec l’appui de l’UNICEF, en plus de la gestion de l’hygiène menstruelle, les jeunes filles ont aussi reçu une formation en compétences de la vie courante et un kit de serviettes hygiéniques.
La journée a aussi été marquée par le port d’un bracelet fait de 28 perles dont cinq de couleur rouge pour représenter le cycle menstruel.
La gestion de l’hygiène menstruelle renvoie à l’utilisation de matériels propres pour l’absorption du sang menstruel, comme des serviettes hygiéniques, qui doivent être changées en privé, en sécurité, de façon hygiénique, et aussi souvent que nécessaire pour la durée des règles.
Un phénomène biologique normal transformé en un obstacle
La menstruation est un processus biologique tout à fait normal qui est, pourtant, encore entouré de silence, de mythes et de tabous, et fait même l’objet d’une stigmatisation.
Les jeunes filles subissent plusieurs conséquences négatives à cause du manque d’information sur l’hygiène menstruelle. C’est quelque chose qui les frustre, les exclut de la société et les pousse même à abandonner l’école. » déclare Germaine, agent de santé et communicatrice en santé sexuelle et de la reproduction, une des facilitatrices lors de l’atelier de travail autour de la gestion de l’hygiène menstruelle.
Les filles et adolescentes ont identifié les goulots freinant une bonne gestion de l’hygiène menstruelle ainsi que les mythes et tabous. Plusieurs mythes furent identifiés. De plus, le manque d’accès à l’eau, le manque d’argent et de produits adéquats font parties des goulots identifiés.
Dans le monde entier, des nombreuses femmes et filles rencontrent des difficultés pour prendre soin de leurs menstrues et se voient privées de certains droits humains fondamentaux. L’incapacité à répondre à leurs besoins en matière d’hygiène menstruelle peut entrainer des conséquences néfastes sur leur hygiène de base, leur santé, leur bien-être, ainsi que leur éducation et leur autonomisation professionnelle. Nombreuses filles, en effet, ratent les enseignements durant les règles, ce qui augmente les chances d’absences répétées et d’abandon scolaire. Ceci transforme un simple fait biologique en un obstacle à l’égalité des sexes, ralentissant ainsi le progrès pour atteindre l’Objectif de Développent Durable 5 sur l’équité de genre et de la dignité pour tous.
Les sensibilisations et les formations au Congo
« Ce qu’on nous a appris sur l’hygiène menstruelle pendant l’atelier est très important. » ajoute Carmelia. « Aujourd’hui moi et les autres filles du projet “Salongo” savons comment nous comporter pendant la période des règles.» conclut-elle.
UNICEF appuie le Gouvernement pour redoubler les efforts sur la bonne gestion de l’hygiène menstruelle pour l’autonomisation des femmes et des filles aux Congo.
Cette année, en plus de l’atelier de travail autour de la gestion de l’hygiène menstruelle qui a eu lieu le 28 mai, une initiative de sensibilisation en ligne a été menée sur les réseaux sociaux avec l’engagement de Ministres en charge de la Santé, de la Promotion de la femme, de l’Economie, de l’Environnement et de la Jeunesse.