Climat : aux Comores, l’UNICEF agit pour protéger les enfants les plus exposés
La crise climatique est une crise des droits de l'enfant
Situées au cœur de l’océan Indien, les Comores sont l’un des pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique. Cyclones de plus en plus violents, érosion des côtes, inondations récurrentes : les conséquences sont déjà visibles et touchent en premier lieu les enfants.
Face à cette urgence, l’UNICEF, l’Agence coréenne de coopération internationale (KOICA), et le gouvernement comorien ont lancé le projet « Climate Action for the Last Mile: Reaching the Most Vulnerable Children in East and Southern Africa Region », en français « Action climatique pour le dernier kilomètre : atteindre les enfants les plus vulnérables en Afrique de l'Est et australe »
Ce programme vise à renforcer la résilience des enfants et des communautés face aux risques climatiques, en intégrant l’adaptation dans les secteurs clés comme l’éducation, la santé, et l’eau et l’assainissement.
La nouveauté de ce projet tient aussi à l’implication directe des enfants et des jeunes, en application du droit à l’expression et la participation inscrit dans la Convention relative aux droits de l’enfant, signée par les Comores en 19. Les « Jeunes Champions pour le Climat », un réseau de jeunes activement engagés dans la sensibilisation et l’action locale, avaient pris la parole lors du lancement officiel du projet.
"Je me souviens encore des dunes sur les plages de mon enfance. Aujourd’hui, ces espaces sont devenus des décharges publiques. Nos plages ont été avalées, nos rivières se sont tues".
Mahfouz Ben Ali Saindoune, 21 ans témoignant de son expérience personnelle des effets du changement climatique sur son île d’Anjouan.
Ces récits illustrent une réalité dure : la jeunesse comorienne grandit dans un environnement de plus en plus dégradé, avec des perspectives incertaines. C’est pourquoi les jeunes réclament une action structurelle, durable et inclusive.
Ikram Mohamed Msahazi, autre jeune champion originaire de Grande Comore, a souligné l’importance d’agir vite et collectivement : « Il est encore temps de faire en sorte que nos écoles soient plus solides, que les cours d’eau soient préservés, et que nous, jeunes générations, soyons mieux armés pour y faire face. »
Les résultats escomptés du programme sont de réduire la vulnérabilité des enfants et de leurs communautés au changement climatique en améliorant l'accès aux services sociaux et aux infrastructures climato-intelligents, notamment dans les domaines de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène (EAH), de la santé, de la nutrition, de l'éducation, de la protection sociale et de la protection de l'enfance.
L’analyse du paysage climatique pour les enfants, une étude récemment menée sur l’impact du changement climatique sur les enfants aux Comores, a montré que 54 % des enfants comoriens vivent dans des zones exposées à au moins quatre risques climatiques majeurs. Cela nécessite des réponses ciblées, coordonnées, et centrées sur la protection des plus jeunes.
En intégrant les préoccupations climatiques dans les secteurs sociaux qui sont cruciaux pour les enfants, les Comores envoient un signal clair : les enfants doivent être au cœur des stratégies de résilience climatique. L’initiative de l’UNICEF et ses partenaires s’inscrit dans cette logique, avec l’ambition de tester des solutions et d’en faire un modèle reproductible à plus grande échelle aux Comores.
De plus, le programme vise à favoriser le développement institutionnel et le renforcement des capacités afin d'intensifier les services sociaux et les infrastructures climato-intelligents. Cela comprend le renforcement des données et des preuves, la mise en œuvre de politiques en faveur de l'enfance sensibles au climat, la mobilisation des financements publics, l'autonomisation des enfants et des jeunes.