Leur autonomisation compte !
Avec le soutien de l'UNICEF, les jeunes de Bol, dans l'ouest du Tchad, tracent leur avenir.
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Le bruit des pédales de machines à coudre et des ciseaux se mêle aux voix joyeuses des jeunes filles. Au milieu d’elles, rubans, tissus et autres outils de couture jonchent les tables. Leurs gestes quelques fois hésitants, et les regards attentifs vers le formateur décrivent l’ambiance d’apprentissage studieuse dans cette salle du Centre de formation technique et professionnelle de Bol, dans la province du Lac.
Assise timidement dans un coin, Fatime Moustapha Mahamat, 20 ans, s’installe derrière une machine à coudre. Elle ne s’était encore jamais essayée à la couture, mais ses mains s’empressent déjà avec enthousiasme.
J’ai choisi la couture parce que j’aime cela. Bientôt, je pourrai coudre mes propres tenues, celles de mes proches et pourquoi pas aussi pour mes futurs clients.
Fatime habite le quartier Tanda 2 de Bol. Elle a découvert cette offre de formation à travers ses camarades. Elle a aussi reçu les encouragements et le soutien du chef de son quartier qui ont contribué à sa sélection pour la formation. En parallèle de cette nouvelle aventure, elle aide ses parents dans un petit commerce familial. Mais, ce qu’elle espère vraiment, c’est que cette formation lui ouvre les portes d’une activité durable et d’une autonomie financière.
38 jeunes filles dont Fatime apprennent la couture au Centre de formation technique et professionnelle de Bol. Agées de 19 et 30 ans, certaines sont des mères, d’autres comme Fatime, ont quitté l’école trop tôt. Néanmoins, elles partagent toutes la même envie : apprendre un savoir-faire qui leur permettra d’être autonomes à l’avenir.
Le programme de formation en couture s’étend sur 90 jours, et, à son terme, chaque apprenante recevra un kit pour démarrer sa propre activité. Il vise l’autonomisation des jeunes filles vulnérables de la localité à travers l’apprentissage d’un métier. La sélection des bénéficiaires s’est faite à travers la mairie de Bol, qui a confié à chaque chef de quartier la responsabilité de proposer un quota de participants, rendant ainsi le processus plus inclusif et communautaire.
« A terme, ce serait très intéressant de les voir se réunir sous forme de groupements, progresser ensemble et former quelque chose de plus formelle »,
explique Allaramadji Monnet, chef d’atelier et formateur en couture.
Créé en 2007 et rattaché au ministère de l’Enseignement supérieur, le Centre propose aussi des formations en menuiserie et en électricité. Dans ces ateliers, la dynamique est la même.
Les apprenants, jeunes filles et garçons, recevront aussi des kits en fin de formation.
En plus du soutien direct aux bénéficiaires pour la formation, l’UNICEF, avec le financement du Comité national espagnol, a permis de doter le Centre de deux salles de formation, d’un forage et d’une clôture sécurisée, améliorant ainsi les conditions d’apprentissage.
L’énergie qui règne dans la salle est celle d’une génération de jeunes filles déterminées à se prendre en main.
« Si d’autres opportunités de formation en couture se présentent, je me donnerai les moyens de les saisir »
affirme Fatime.
Et pendant que Fatime se forme au métier de couture, son esprit se projette déjà vers un futur où elle pourra vivre et s’épanouir de son savoir-faire.