Protection de l'enfance
Au Tchad, nous soutenons les systèmes de protection de l'enfance afin de prévenir et de répondre à la violence, aux abus et à l'exploitation des enfants.
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Défis
Les enfants du Tchad sont confrontés à bon nombre de pratiques et réalités qui portent atteinte à leurs droits et libertés fondamentales.
Le Tchad demeure le pays qui a le taux d’enregistrement de naissances le plus faible au monde, et où le mariage précoce est le plus répandu.
A cela il faut ajouter la pauvreté comme principal facteur de vulnérabilité des enfants et des femmes, la non-scolarisation et la déscolarisation, les violences, abus et exploitations et les mutilations génitales féminines qui constituent également des problèmes récurrents de protection de l’enfant.
Selon l’enquête MICS6 (2019), le pourcentage de femmes de 20 à 49 ans mariées avant l’âge de 18 ans bien qu’en régression, a atteint 55 % (68%en 2014) avec 18,9% de femmes de 15 à 49 ans mariées avant l’âge de 15 ans . Les Mutilations Génitales chez les femmes (MGF) âgées de 15 à 49 ans quant à elles sont aussi assez fréquentes avec une moyenne de 34,1%.
Solutions
Conformément à l'ODD 5 sur l'égalité des sexes et à l'ODD 16 sur la paix, la justice et des institutions solides, ainsi qu'à l'Objectif stratégique 3 du Plan stratégique de l'UNICEF, l'UNICEF Tchad a contribué à faire progresser le CRK sur la protection de l'enfance, en particulier le CRK 7 sur l'enregistrement des naissances, auquel le Bureau Pays est engagé. En 2023, les efforts de plaidoyer à long terme de l'UNICEF Tchad ont abouti à l'adoption de la première Politique nationale de protection de l'enfance avec un plan d'action budgétisé, à la révision du Code de l'enfant, qui sera présenté au Parlement pour adoption en 2024, et à la mise en place d'un mécanisme harmonisé de gestion des cas d'enfants victimes de violence, d'abus et d'exploitation.
Le taux d'enregistrement des naissances pour les enfants de moins d'un an est passé de 21 % en 2021 à 28 % en 2023. Cette réalisation a été rendue possible grâce à la montée en puissance de l'interopérabilité entre les services de santé et les registres civils pour l'enregistrement des naissances dans 92 % des centres de santé. Conformément à l'ODD 16.9, l'UNICEF Tchad a continué de déployer l'approche guichet unique pour l'enregistrement des naissances dans les hôpitaux provinciaux et district, atteignant un taux de couverture de 32 %, complété par l'utilisation de l'application TASDJIL, qui a permis l'enregistrement et la délivrance d’actes de naissance en moins de 30 minutes à 265 789 enfants (122 334 filles).
En réponse à la crise au Soudan, l'UNICEF Tchad, en collaboration avec la Croix-Rouge et des ONG, a mis en place des espaces amis pour les enfants afin de fournir un soutien psychologique à 26 285 réfugiés, dont 23 773 enfants (14 577 filles) et 2 512 adultes (1 358 femmes), et des services de protection de l'enfance grâce au mécanisme de gestion des cas ; il a également soutenu la réunification de 95 enfants non accompagnés.
L'UNICEF a contribué à atteindre le KRC 5 sur la prévention de la violence sexuelle contre les enfants en facilitant l'accès à la prévention de la violence basée sur le genre (VBG), à l'atténuation des risques et à la réponse à 42 149 personnes (19 719 enfants). De plus, il a fourni une aide à la gestion des cas à 2 446 survivants de la VBG et les a orientés vers une assistance médicale et juridique, et les a soutenus avec des activités génératrices de revenus, leur permettant ainsi leur réinsertion. L'UNICEF Tchad a également contribué à renforcer la justice pour mineurs en renforçant les capacités des juges pour mineurs à promouvoir des mesures alternatives à l'incarcération pour les enfants, permettant ainsi à 76 des 286 enfants en détention au Tchad (soit 26,7 %) de bénéficier d'une ordonnance de diversion ou d'une mesure non privative de liberté.
Les efforts de l'UNICEF pour protéger les enfants du Tchad contre le mariage, conformément au KRC 6, ont abouti à un nombre accru de déclarations publiques pour mettre fin aux pratiques néfastes, y compris le mariage des enfants, passant de 58 communautés en 2022 à 71 communautés en 2023 (soit une augmentation de 22 %). Cela a été réalisé en s'appuyant sur les alliances stratégiques développées avec les leaders communautaires et religieux dans les zones à forte prévalence du mariage des enfants.