Petvisidame : Quand l’école devient un moteur de santé publique à Garoua-Boulaï
À Garoua-Boulaï, le projet PETVISIDAME, appuyé par l’UNICEF et la BID, transforme le lycée en un centre actif de sensibilisation des jeunes à la santé et à la prévention du VIH.
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Au lycée Garoua-Boulaï, grâce au projet PETVISIDAME mis en œuvre par la Délégation Régionale des Enseignements Secondaires de l'Est avec l'appui technique et financier de l'UNICEF dans le cadre de l'initiative nationale eMTCT de lutte contre la transmission du VIH de la mère à l'enfant, et soutenu par la Banque Islamique de Développement (BID), l'établissement s'est transformé en un centre dynamique de sensibilisation à la santé des adolescents.
Grâce au projet PETVISIDAME, Paul, professeur de biologie au lycée Garoua-Boulaï, a reçu une formation approfondie sur des sujets clés tels que la prévention du VIH, la vaccination contre le papillomavirus et l'hépatite B, l'alimentation équilibrée et la lutte contre l'anémie chez les adolescents. Fort de ces connaissances, il a joué un rôle de premier plan dans la diffusion de ces informations au sein de l'école. Il a sensibilisé ses collègues du département de biologie, a intégré ces sujets dans ses cours et a formé des élèves éducateurs dans le club de santé. Il a également impliqué le personnel de la cafétéria, qu'il a sensibilisé à l'importance de la diversité alimentaire pour améliorer la nutrition des élèves.
Ces efforts conjoints ont permis de toucher plus de 813 élèves, soit plus de 60 % de la population de l'école. Les résultats sont tangibles: des changements notables ont été observés dans les habitudes alimentaires, l'hygiène et la santé reproductive. Le club de santé, animé par des étudiants engagés, a joué un rôle central dans cet élan.
« Lorsque vous sensibilisez une fille, elle sensibilisera à son tour ses amies. C'est ainsi que le changement s'opère. »
« Nous sommes allés de classe en classe, avec l'autorisation des enseignants, pour parler du VIH et de la santé reproductive. Peu à peu, nos camarades de classe se sont intéressés, ont posé des questions et ont participé aux réunions. Cela a vraiment porté ses fruits. »
Les résultats sont impressionnants : les cas de grossesse précoce sont passés de 18 à seulement 2 ou 3 en un an, les élèves adoptent de meilleures habitudes alimentaires et l'hygiène menstruelle s'est considérablement améliorée. Les élèves s'expriment plus librement et les messages de prévention sont mieux compris. Cependant, des défis subsistent. Le manque de matériel et la reconnaissance limitée des enseignants engagés entravent l'expansion du projet.
« Nous aimerions avoir des affiches dans toute l'école. Cela nous aiderait à toucher même ceux à qui nous ne pouvons pas parler directement. Ce n'est pas nécessairement une question d'argent, mais plutôt d'avoir du matériel qui parle. »
Les élèves réclament un soutien logistique et administratif accru afin d'étendre ces initiatives à d'autres écoles, en particulier celles qui accueillent des élèves réfugiés et celles situées dans des quartiers défavorisés.
« Ce n'est pas un sujet dont on parle souvent ici. Mais si on commence tôt, dès la première année du secondaire, on peut vraiment faire une différence. »
Le projet PETVISIDAME illustre clairement que les écoles peuvent devenir des acteurs clés de la santé publique en mobilisant les jeunes comme agents du changement. À Garoua-Boulaï, une génération d'élèves grandit mieux informée, engagée et prête à construire un avenir plus sain. Le slogan « retarder autant que possible le début de la sexualité chez les adolescents » commence à s'ancrer dans la conscience collective.
Le projet PETVISIDAME bénéficie du soutien précieux du Lives and Livelihoods Fund (LLF), une initiative de développement de 2,5 milliards de dollars lancée en 2016. Ce fonds est financé par une coalition mondiale sans précédent, comprenant le Abu Dhabi Fund for Development (ADFD), la Fondation Bill & Melinda Gates (GF), la Banque Islamique de Développement (IsDB), le Fonds de Solidarité Islamique pour le Développement (ISFD), le Centre d'Aide Humanitaire et de Secours du Roi Salman (KSRelief), et le Fonds du Qatar pour le Développement (QFFD). Leur engagement vise à sortir les plus pauvres de la pauvreté dans 33 pays membres de la BID, en s'attaquant à 9 Objectifs de Développement Durable (ODD) à travers des projets dans les domaines de la santé, de l'agriculture et des infrastructures de base. Nous exprimons notre profonde gratitude à ces partenaires pour leur appui déterminant.