Nutrition
Les 1 000 premiers jours de la vie d'un enfant offrent une occasion unique de prévenir la malnutrition et ses conséquences. Découvrez comment l'UNICEF cible ses actions sur cette période critique afin de garantir une bonne nutrition à chaque enfant.
- English
- Français
Les défis
Au Cameroun, les enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition (retard de croissance ou émaciation), de surnutrition (surpoids ou obésité) et de carences en micronutriments. Ces enfants ne grandissent pas bien, en partie parce qu'ils ne mangent pas les aliments appropriés pour répondre à leurs besoins croissants et évolutifs et pour maintenir une croissance et un développement optimaux. En outre, les systèmes qui soutiennent et protègent leur alimentation, ainsi que les pratiques de leurs communautés et l'utilisation des services pour une meilleure croissance, sont déficients.
Au Cameroun, 60 % des enfants de moins de 6 mois ne sont pas nourris exclusivement au sein et, plus grave encore, 8 % des enfants ne sont pas du tout nourris au sein.
Plus d'un million d'enfants de moins de cinq ans souffrent d'un retard de croissance . Cet état les empêche d'atteindre leur plein potentiel de développement et conduit à des résultats scolaires inférieurs, à une capacité de travail réduite, à un potentiel de revenus inférieur et à une vulnérabilité accrue aux maladies chroniques à l'âge adulte.
Les régions les plus touchées par le retard de croissance sont l'Extrême-Nord, le Nord, l'Adamaoua et l'Est, avec des taux respectifs de 41,9 %, 33,8 %, 37,8 % et 35,8 %. Il existe des disparités de retard de croissance entre les différents quintiles de richesse, les milieux urbains et ruraux (22,8 % dans les zones urbaines contre 38 % dans les zones rurales) et les différents niveaux d'éducation maternelle. Le retard de croissance est presque trois fois plus élevé chez les enfants du quintile le plus pauvre (41,6 %) que chez ceux du quintile le plus riche (14,3 %), et cinq fois plus élevé chez les enfants nés de mères sans instruction (38,8 %) que chez ceux ayant un niveau d'instruction plus élevé (7,5 %).
Les carences en micronutriments sont également préoccupantes. La prévalence de la carence en vitamine A chez les enfants de moins de 5 ans est de 39 %, et de 18 % chez les femmes enceintes. L'anémie est fréquente chez les femmes âgées de 15 à 49 ans et chez les enfants de moins de cinq ans, avec près de 40 % des femmes et 60 % des enfants touchés.
La prévalence de la carence en fer varie de 12 à 47,4 % chez les enfants et de 9 à 19,4 % chez les femmes.
Le taux annuel moyen de réduction (TAMR) actuel du pays pour les retards de croissance et d'autres formes de malnutrition est nettement inférieur au taux recommandé pour atteindre l'objectif nutritionnel de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Cet objectif vise à réduire de 50 % le nombre d'enfants souffrant d'un retard de croissance d'ici à 2025.
Les solutions
La vision du programme national de développement est la suivante : «Chaque fille et chaque garçon au Cameroun, y compris les adolescents, devrait survivre, s'épanouir, apprendre, être protégé et développer tout son potentiel, contribuant ainsi à la croissance du capital humain et au bien-être.»
Pour soutenir la vision globale du DPC, le programme de nutrition a adopté la vision suivante :
«D'ici 2030, chaque enfant (fille et garçon) au Cameroun, en particulier les plus vulnérables, y compris dans les contextes d'urgence, réalise son droit à une nutrition appropriée pour une meilleure acquisition du capital humain et de la productivité économique.»
En 2023, le gouvernement du Cameroun a approuvé le Plan multisectoriel pour le développement de l'alimentation au Cameroun 2024-2030. Ce plan est aligné sur la SND 30 et la réalisation des ODD, et vise à résoudre les problèmes liés à la malnutrition avec l'appui de l'UNICEF.
L'UNICEF utilise une approche multisectorielle et systémique pour obtenir des résultats mesurables en matière de nutrition pour les enfants, les adolescents et les femmes :
1. Analyser la situation nutritionnelle :
- Évaluer l'état nutritionnel et les vulnérabilités des enfants et des femmes, en se concentrant sur le genre et d'autres facteurs.
- Identifier les obstacles, les goulets d'étranglement et les possibilités de fournir des services de nutrition, en particulier dans les situations d'urgence.
2. Plaidoyer en faveur de la nutrition maternelle et infantile :
- Utiliser des données probantes pour façonner les politiques, impliquer les partenaires et accroître l'engagement politique et financier en faveur de la nutrition.
3. Engagement des communautés :
- Élaborer des supports de communication et des approches visant à modifier les comportements.
- Investir dans les systèmes communautaires et le renforcement des capacités.
4. Renforcer les capacités :
- Soutenir la formation et le renforcement innovant des capacités des acteurs publics et privés.
5. Renforcer les chaînes d'approvisionnement :
- Plaider en faveur de l'approvisionnement en produits nutritionnels essentiels et soutenir les mécanismes de suivi des utilisateurs finaux.
6. Mobiliser des financements :
- Analyser les tendances en matière de financement, renforcer la capacité d'analyse budgétaire et mobiliser les financements publics et privés au niveau national et international.
L'application 1000 Premiers Jours est une application Android développée pour l'UNICEF Cameroun par CAYSTI, spécialiste des outils technologiques pour une éducation et une santé de qualité. Cette plateforme facilite la compréhension et l'accès aux recommandations nutritionnelles, et fournit aux femmes des conseils d'hygiène de vie utiles pour les aider pendant les 1000 premiers jours de la vie de leur bébé. L'application offre également un aperçu complet des différentes questions essentielles à la vie et au bien-être de la mère, du nouveau-né et donc de la famille.
L'UNICEF recommande l'allaitement maternel exclusif de la naissance à 6 mois et la poursuite de l'allaitement avec une alimentation adéquate jusqu'à 2 ans.