Une bonne gestion des déchets fait partie des meilleures protections contre les maladies
Pour la prévention et la réponse aux épidémies, l’UNICEF appuie les structures de santé à accroître leurs conditions d’hygiène.
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Nous sommes à Musaga, dans le district sanitaire de Bujumbura Mairie Sud, une des structures de santé qui bénéficie d’une assistance de l’UNICEF et de ses partenaires. En cas d’épidémies ou de crises humanitaires, le risque de contamination y est très élevé à cause du grand nombre de contacts et d’un grand mouvement de patients (environ 30 000 par mois). C’est pourquoi, l’UNICEF, en collaboration avec le ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le SIDA, a octroyé des équipements de protection individuelle et des produits d’hygiène afin d’assurer une bonne protection contre les maladies infectieuses dans cette localité.
Nous avons effectué une visite à l’un des hôpitaux du district sanitaire de Bujumbura Mairie Sud : l’hôpital Notre Dame de la Miséricorde de Musaga qui a reçu une partie de cet appui. Conduits par Jean-Claude, le superviseur principal du district, nous sommes accueillis par Sœur Léa Kankesha, directrice de cet hôpital qui nous a fait visiter les services de cette structure. Nous entrons par un grand couloir au bout duquel nous rencontrons deux hommes et une femme à peine reconnaissables à cause de leur tenue : c’étaient des nettoyeurs en tenue de protection en train d’éliminer les déchets.
« L’utilisation du chlore pour le nettoyage permet de tuer les parasites et les bactéries. Les infections nosocomiales (contractées dans les structures de santé) et la contagion par contact sont réduites grâce au port des bottes et des blouses médicales », nous révèle Clovis, un infirmier rencontré à cet hôpital.
L’hôpital dispose de nombreux services de soins comme la chirurgie, les urgences, les laboratoires, les consultations prénatales, la maternité, la pédiatrie, l’hospitalisation… qui génèrent des quantités considérables de déchets biomédicaux à éliminer quotidiennement. S’ils sont mal traités, ces déchets peuvent être sources de maladies.
« Les microbes provenant des déchets peuvent rendre les gens malades. En portant cette tenue, j’assure ma protection et celle des autres », nous explique l’un des nettoyeurs en train de pulvériser du chlore pour la désinfection des surfaces fréquemment touchées. Dans des structures fournissant des services de santé comme à cet hôpital, les personnes qui manipulent les déchets sont plus exposées et peuvent aussi être les vecteurs de propagation de microbes. « Les déchets sont évacués à temps et il y a moins de mouches provenant des décharges de déchets grâce aux poubelles avec couvercle que nous avons reçues », se réjouit Sœur Léa. Avant, tous les déchets de cet hôpital étaient récupérés dans un même endroit. Grâce à cet appui, les déchets sont collectés dans des poubelles où ils sont séparés selon leur nature : les poubelles rouges pour les déchets anatomiques humains (stomatologie, gynécologie et surtout chirurgie), les poubelles jaunes pour les déchets infectieux non anatomiques (perfuseur, pansement, coton compresse), et les poubelles noires pour les déchets ménagers.
« Le personnel en service travaille à l’aise et les communautés des alentours de l’hôpital ne se lamentent plus des mauvaises odeurs qui se dégageaient de l’ancienne décharge de déchets que nous utilisions. Tous les espaces publics sont nettoyés avec des produits désinfectants », nous a révélé Jean-Claude.
Cette aide composée de tabliers de protection en plastique réutilisable, bottes antidérapantes, combinaisons de protection, gants robustes à usage intensif, blouses chirurgicales, masques chirurgicaux, thermomètres, désinfectants, bonnets, poubelles, etc., a été obtenue grâce à l’appui financier du Bureau for Humanitarian Assistance (BHA) de l'USAID à travers EMOPS Office of Emergency Programme : First Action Initiative (FAI).
Les districts sanitaires d’Isare et de Cibitoke ont pu également bénéficier de cet appui. Cet appui s’inscrit dans le cadre de la réponse eau, hygiène et assainissement aux urgences sanitaires (réponse au choléra et prévention de l’EVD) pour un coût de 250 156 USD. Néanmoins, les besoins de protection contre les maladies infectieuses se font sentir dans d’autres localités. C’est pourquoi l’UNICEF et le gouvernement du Burundi continuent à fournir des efforts pour mobiliser des fonds auprès de ses partenaires et bailleurs pour appuyer les populations les plus nécessiteuses en besoin d’assistance.