Rumonge : Adduction en eau potable pour éviter les maladies infectieuses d'origine hydrique
"Le réseau d'adduction en eau potable à Rumonge a été mis en place par l’UNICEF en partenariat avec l'ONG COPED, grâce au soutien financier du Gouvernement Japonais " .
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Arrivés à Rumonge, un agent de l'ONG COPED nous prie de le suivre. Au bout d'une quinzaine de minutes de marche, nous nous retrouvons au fonds d'une vallée, dans une parcelle clôturée avec des fils barbelés. Cette clôture limite la surface qui contient une réserve très vitale pour la population de Mugweji et ses environs : c'est un point de captage d'eau.
Les zones de Busebwa, Gatete, Gasenyi, Gahore, Makombe et Mutambara subissent souvent les conséquences de la montée des eaux du Lac Tanganyika. Les habitants qui sont à proximité de la rive du lac sont obligés de fuir cette zone pour s'installer dans les collines limitrophes afin d'échapper aux crues des eaux du lac.
En plus de ces déplacements des populations internes, un grand mouvement de retour des réfugiés burundais venant de la Tanzanie a causé un surpeuplement dans cette zone, alors qu'elle enregistre un manque criant d'eau potable. En saison pluvieuse, les eaux des pluies, mêlées à celles des eaux usées et des latrines emportées par les crues du lac Tanganyika, provoquent des maladies infectieuses d'origine d'hydrique comme le choléra, les diarrhées et la fièvre typhoïde. Aggravée par le manque d'accès à l'eau potable, la situation sanitaire des habitants de cette localité devient très précaire, surtout les personnes vulnérables y compris les enfants.
C'est dans ce cadre que l’UNICEF en partenariat avec l'ONG COPED, avec le soutien financier du Gouvernement Japonais, a mis en place un réseau d'adduction en eau potable dans cette localité. Une satisfaction pour la population locale. "Je devais parcourir une distance d'au moins 10km tous les jours pour trouver de l'eau potable. Si je parvenais à en trouver, je devais faire la queue pour avoir juste 2 bidons de 20 litres chacun, pour toute la famille", nous raconte Adidja, membre du comité de gestion de l'eau de Gahore.
Un des réservoirs installé à Gahore permet d'alimenter 2 robinets où les habitants peuvent s'approvisionner en eau potable avec moins de difficultés. "Je me souviens qu'à une période où j'étais enceinte, pour avoir de l'eau, à défaut de me déplacer, je devais acheter un bidon à 1 500 Fbu (environ 0,73 USD) alors que j'avais besoin d'au moins 5 bidons pour avoir de l'eau à boire, pour la vaisselle, pour cuisiner, etc. Maintenant que je mets moins de 10 minutes pour aller et retourner chez moi avec de l’eau, je peux même me permettre de laver les habits pour mes enfants, ce qui était rare avant", se rappelle Zépherine Buname de Gahore, mère de 8 enfants.
Francine, mère de quatre enfants, pour sa part, se réjouit, pour la santé de ses enfants. Pendant la saison sèche, elle manquait de l'eau pour arroser son champ de légumes. "Mes enfants mangeaient des aliments non équilibrés et avaient des problèmes liés à la malnutrition. Ils avaient aussi des vers intestinaux parce que nous consommions de l'eau de rivière faute d'argent pour acheter de l'eau propre. Ils avaient souvent le paludisme à cause des moustiques autour de ces rivières insalubres", nous racontre Francine, aujourd'hui soulagée.
Grâce à cet appui du Gouvernement du Japon, l'adduction d’eau potable « Gatete-Mutambara » a permis l'installation de 5 réservoirs et 29 points d’eau entièrement fonctionnels.
Ce projet a permis aussi d’assurer l’accès à l’eau à 15 353 personnes. D'autres infrastructures comme des écoles avec un effectif d’environ 5 050 élèves, des centres de santé avec une capacité d'hospitalisation de 90 patients et un site de relocalisation des personnes déplacées internes, victimes des inondations et glissements des terrains, ont maintenant accès à l’eau potable sur le même réseau.
Rumonge fait partie des régions qui étaient frappées d'une façon cyclique par le choléra, une à deux fois par an depuis 1978. Même en ce moment d'épidémie déclarée au Burundi, Rumonge n'enregistre aucun cas jusqu'à présent, ce qui est affirmé par les autorités sanitaires de cette région.
Les habitants de cette localité saluent l’initiative d’adduction d’eau potable sur leurs collines. Mais ils souhaitent que le réseau soit étendu au profit d’autres localités non encore servies.