Vaccination : le Burkina Faso passe à l’échelle dans la lutte contre le paludisme
En 2025, 627 000 enfants âgés de 5 à 23 mois seront vaccinés contre la malaria.
Dès l’aube, Assia Ouedraogo a enfourché son vélo dans son village de Finigou, pour parcourir trente minutes de trajet sous la chaleur. Sa fille, Mouniratou, 5 mois, était attachée dans son dos.
« J’ai quatre enfants et ils souffrent tous du paludisme, surtout pendant la saison des pluies. Mon fils aîné, Massaoud, était encore malade la semaine dernière. Ce vaccin va beaucoup nous soulager », témoigne-t-elle.
Son histoire est celle de milliers de mères burkinabè. Le paludisme n’est pas une menace lointaine. C’est une réalité qui frappe à chaque saison pluvieuse, dans presque chaque foyer du Burkina Faso. D’où la nécessité de rendre disponible la vaccination contre le paludisme à travers le pays.
Le 15 aout 2025, s’est tenu le lancement national de l'utilisation du vaccin R21 pour lutter contre le paludisme le 15 août 2025 à Pouytenga, marquant le passage à l'échelle de cette vaccination. Pour les responsables sanitaires, ce jour marque un tournant dans l’histoire du paludisme au Burkina Faso.
« En 2024, le paludisme a touché 10 millions de Burkinabè, causant 3 500 décès, dont 2 200 enfants de moins de cinq ans. Face à ces chiffres, le gouvernement a décidé d’introduire le vaccin dans 43 nouveaux districts sanitaires pour atteindre 627 000 enfants », a souligné le Ministre de la santé Dr Lucien Robert Kargougou.
En février 2024, la vaccination avait déjà été introduite dans 27 districts. Avec ce passage à l’échelle, le vaccin R21/Matrix-M, recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), est déployé dans 43 nouveaux districts sanitaires.
Dans le Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) de Ramessin, une équipe d’agents de santé est prête. Les glacières sont alignées, les carnets de vaccination ouverts. Les mères patientent, serrant leurs enfants contre elles. Dans leurs yeux, la fatigue se mêle à l’espoir.
Des mères en première ligne pour leurs enfants. Sous le même hangar servant de salle d’attente, à quelques mètres d’Assia, parmi la dizaine de mères, Fatoumata Kaboré, tient sa fille de cinq mois dans ses bras. Ses deux fils aînés ont souffert u paludisme à plusieurs reprises. Aujourd’hui, elle ne veut pas courir le même risque avec son bébé.
« Cette dose de vaccin va permettre d’immuniser mon bébé contre le paludisme », confie-t-elle, le regard fixé sur l’infirmière qui prépare la seringue.
« Je salue l’engagement du gouvernement pour que chaque enfant du Burkina Faso ait accès à la vaccination contre le paludisme », a déclaré Dr Chantal Umutoni, Représentante de l’UNICEF au Burkina Faso.
Les témoignages d’Aissa et de Fatoumata rappellent que chaque piqûre est bien plus qu’un acte médical : c’est une promesse de survie.
Un meilleur avenir à portée de seringue. Pour des milliers de familles, ce vaccin est une victoire attendue depuis longtemps contre la première cause de mortalité infantile au Burkina Faso. Et chaque dose injectée rapproche un peu plus le pays d’un avenir, où le paludisme ne sera plus une condamnation à mort, mais juste un vieux souvenir.
L’acquisition du vaccin R21 a été financée en partie par l’Alliance du Vaccin Gavi, d’un coût total de plus de 7 milliards F CFA. L’UNICEF soutient le gouvernement à travers l’approvisionnement en vaccins, la réhabilitation de la chaîne du froid, la formation de 400 agents de santé et la mobilisation communautaire.
D’ici à fin 2025, le vaccin sera disponible dans l’ensemble des 70 districts sanitaires du pays.