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Lutte traditionnelle, passion de deux jumeaux à la Semaine Nationale de la Culture

L’UNICEF décerne 3 prix spéciaux pour le tir à l’arc, le ballet et la lutte traditionnelle Pool Jeunes. Deux frères jumeaux cherchent à remporter le prix de la lutte.

Syntyche Ouédraogo
08 mai 2024

Fulbert Cheick Abdoul Aziz et Fulbert Cheick Mohamed Chérif, 15 ans, sont deux frères jumeaux originaires de la région du Nord. Ils partagent une passion commune pour la lutte, un sport qu'ils pratiquent depuis leur prime enfance. Le tirage au sort a fait d'eux des adversaires dans l'arène de la lutte traditionnelle, l'un des sports du Pool Jeunes, de la Semaine Nationale de la Culture (SNC).

Cette année, Aziz et Cherif participent pour la première fois à la SNC, une occasion pour eux de montrer leur talent et de se mesurer aux meilleurs lutteurs du pays.

Fulbert Cheick Abdoul Aziz et Fulbert Cheick Mohamed Chérif, deux frères jumeaux compétissant en lutte traditionnelle à le Semaine Nationale de la Culture 2024
UNICEF/Burkina Faso/2024/Cisse Fulbert Cheick Abdoul Aziz et Fulbert Cheick Mohamed Chérif, attendant leur tour de compétition au stade Wobi de Bobo-Dioulasso

A la grande surprise du public qui regardait la lutte Pool Jeunes, un lutteur est tombé sans même qu’on l’ait touché. L’autre grande surprise est que le vainqueur et le vaincu se ressemblent comme deux gouttes d’eau.

« Je l'ai laissé gagner parce que dans notre culture, lorsque des jumeaux s’affrontent, l’un d’entre eux doit simuler une défaite », explique Chérif, qui a perdu son combat contre son frère jumeau. « Si l'un d'entre nous gagne la compétition, c’est la famille qui gagne » racontent-ils de concert »,disent les deux jumeaux à l’unisson.

Chez les deux frères jumeaux, la lutte est une affaire familiale.

« La lutte pour nous est un sport passionnant. C’est notre grand frère qui nous y a initiés et depuis le mois de juillet, nous nous entrainons pour participer pour la première fois à la SNC », dit Chérif.

Un des frères jumeaux en ceinture rouge dans l'arène de compétition avec un lutteur à la Semaine Nationale de la Culture 2024
UNICEF/Burkina Faso/2024/Cisse Un des jumeaux en ceinture rouge affronte un lutteur sur l’arène de lutte à la SNC

Aziz, pour sa part, est déterminé à remporter le prix et à le dédier à leurs parents. Pour lui, la lutte lui permet de garder la forme pour ses rêves d’avenir. « C'est mon rêve de devenir gendarme », confie-t-il. « La lutte m'aide à rester en forme et à me discipliner. » 

Le tam-tam, un élément essentiel de la lutte traditionnelle

Sous les encouragements d’un public captivé, et au son du tam-tam, la lutte bat son plein au Stade Wobi de Bobo Dioulasso. Le son du tam-tam est indissociable de la lutte traditionnelle au Burkina Faso. Cet instrument rythmique accompagne les lutteurs dans leur combat et les motive à donner le meilleur d'eux-mêmes.

« Le tam-tam a un langage qui motive le lutteur », dit Yala Jean Marie, un ancien lutteur et griot. « Chaque tam-tam a son propre message, et le lutteur sait que le message du griot est de l'amener à redoubler de courage. »

Yala Jean Marie motivant les lutteurs dans l’arène de lutte au son de son tam-tam à la Semaine Nationale de la Culture
UNICEF/Burkina Faso/2024/Cisse Yala Jean Marie motive les lutteurs dans l’arène de lutte au son de son tam-tam.

Pour Yala Jean Marie, le son du tam-tam est aussi puissant que les anabolisants que d’autres athlètes prennent pour relever le défi de l’adversité.

« Lorsque les lutteurs entrent dans l’arène, nous devons également sortir pour les encourager. Ils ne comptent ni sur des pilules ni sur des stimulants artificiels, mais sur la force de notre culture et le son du tam-tam pour les motiver. C'est pour cela que nous sommes là ! », dit-il.

L'UNICEF soutient la participation des enfants à la SNC

Partenaire du ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme et ministère de l’Education Nationale et de la Promotion des Langues (MENAPLN), l’UNICEF a apporté son soutien à la SNC en facilitant la participation de plus de 2.000 enfants à l’initiation à la culture et aux arts, et en décernant 3 prix spéciaux à 3 différentes compétitions dont la lutte, le tir à l’arc et le ballet Pool Jeunes. Initiés à la culture, les enfants ont la possibilité d’explorer plusieurs voies d’expression pour promouvoir les droits des enfants.

« L'UNICEF est fière de soutenir la Semaine Nationale de la Culture et de promouvoir la participation des enfants à cet événement important », déclare Ndiaga Seck, Chef de la Communication et du Plaidoyer de l'UNICEF au Burkina Faso. « La lutte est un sport traditionnel qui renforce les valeurs de courage, de discipline et de respect, des valeurs essentielles pour le développement des enfants ».

Ndiaga Seck, Chef de la Communication et du Plaidoyer de l’UNICEF, pose avec les jumeaux lutteurs et leur entraineur.
UNICEF/Burkina Faso/2024/Cisse Ndiaga Seck, Chef de la Communication et du Plaidoyer de l’UNICEF, pose avec les jumeaux lutteurs et leur entraineur.

La SNC, une vitrine de la culture burkinabè, gage d’héritage culturel pour les générations futures

La Semaine Nationale de la Culture bat son plein à Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso. Cette année, l'événement met un accent particulier sur la promotion de la « Culture, mémoire historique et sursaut patriotique pour un Burkina nouveau ».

La SNC est une occasion unique de découvrir la richesse et la diversité de la culture burkinabè. Cet événement rassemble des artistes, des artisans et des sportifs venus de tout le pays pour partager leur savoir-faire et célébrer leur patrimoine. Au total, 294 lutteurs dont une centaine d’enfants, prennent part à la compétition.

« La SNC est la vitrine de notre culture », souligne Adama Ouédraogo, encadreur des jumeaux. « C'est un encouragement et une joie d'accompagner nos lutteurs. » 

Adama Ouédraogo est l’entraineur des jumeaux en lutte qui compétissent à la Semaine Nationale de la Culture
UNICEF/Burkina Faso/2024/Cisse Adama Ouédraogo est l’entraineur des jumeaux en lutte.

Adama encourage les enfants à se forger à aller de l’avant. Pour lui, les jumeaux qui ont 15 ans, avec de la persévérance, pourront progresser.

« C’est notre culture. Nous accompagnons les enfants à pratiquer du sport et aussi à participer à la valorisation de leur identité culturelle. C’est mon devoir en tant qu’encadreur de lutte, d’amener ces enfants qui sont pour la plupart des élèves, à s’intéresser à la pratique de ce sport qui, non seulement fait du bien à leur organisme, mais aussi valorise notre culture », conclut Adama.