Les 1 000 premiers jours qui comptent : investir tôt pour sauver des vies

Grâce à la supplémentation nutritionnelle soutenue par les investissements du CNF (Child Nutrition Fund) et du Gouvernement du Bénin, la lutte contre la malnutrition s’accélère à Banité-Koubéri, département de l’Alibori au nord-est du Bénin.

Yeloiga Boni
1000 jrs Malanville
UNICEF BENIN/2025/Yeloiga Boni
31 décembre 2025

Le retard de croissance reste préoccupant au Bénin, touchant 36 % chez les enfants de moins de cinq ans (MICS 2021-2022). Selon les données de l’Enquête Démographique et de Santé (EDS), 58 % des femmes enceintes et 72 % des enfants de 6 à 59 mois souffrent d’anémie, tandis que 21 % des enfants présentent une insuffisance pondérale (MICS 2021-2022). Une mauvaise nutrition durant cette période peut entraîner une malnutrition chronique irréversible, responsable de 45 % des décès infantiles (OMS,2023). Elle peut également provoquer une perte allant jusqu’à 10 points de quotient intellectuel (QI), avec des conséquences durables sur la santé, les résultats scolaires et les revenus à l’âge adulte.

Face à ces enjeux, agir tôt est indispensable. Les 1 000 premiers jours de la vie, à savoir de la conception aux deux ans de l’enfant, constituent une période déterminante pour la croissance, la santé et le développement cognitif. La prévention passe par des interventions nutritionnelles spécifiques et sensibles à la nutrition, afin de garantir à chaque enfant un bon départ optimal dans la vie et de renforcer durablement le capital humain du pays. 

Banité-Koubéri, arrondissement de Guéné , Issa Aboubakar, délégué du quartier, partage ses appréciations sur le projet 1000 jours à travers des séances de sensibilisation et des actions communautaires
UNICEF BENIN/2025/Yeloiga Boni Banité-Koubéri, arrondissement de Guéné , Issa Aboubakar, délégué du quartier, partage ses appréciations sur le projet 1000 jours à travers des séances de sensibilisation et des actions communautaires

À Banité-Koubéri, dans la commune de Malanville, Monsieur Issa Aboubakar, délégué du quartier, explique : « celui qui veut changer un milieu, c’est lui qui est le premier exemple de la communauté. Grâce aux échanges et à la sensibilisation, nous avons déjà vu un peu de changement »

L’accompagnement technique et financier de l’UNICEF, aux côtés de l’ANAN, dans la mise en œuvre des activités d’engagement communautaire, a permis de s’asseoir avec les communautés pour les écouter, conduire des diagnostics communautaires, comprendre pourquoi la malnutrition persiste et comment la combattre. De ces échanges sont nés des engagements forts et des plans d’action adaptés, afin de soutenir durablement la mise en œuvre des activités du programme des 1 000 jours.

À l’image de Monsieur Issa Aboubakar, de nombreux leaders communautaires se sont engagés à poursuivre ces efforts, avec l’objectif de s’assurer que la santé des mères et des enfants reste la priorité. Pour lui, le programme ne se limite pas aux suppléments nutritionnels distribués : il est aussi une école de vie, qui apprend aux familles à cuisiner des repas nutritifs dans de bonnes conditions d’hygiène, de ramasser les tas d’ordures et à mobiliser les parents pour envoyer leurs enfants à l’école. 

Au domicile de Saoudiath, son son fils âgé de trois mois se développe normalement, grâce aux suppléments nutritionnels distribués au centre de santé.
UNICEF BENIN/2025/Yeloiga Boni Au domicile de Saoudiath, son son fils âgé de trois mois se développe normalement, grâce aux suppléments nutritionnels distribués au centre de santé.

Abdoulaye Saoudiath, mère de deux enfants, raconte « Lors de mon premier accouchement, la distribution de suppléments nutritionnels n’existait pas. J’ai eu des complications lors de l’accouchement et quand mon bébé est né, son poids n’était pas bon. Mais pour le second, j’ai eu la chance d’en bénéficier, quelques mois pendant ma grossesse. J’ai pu accoucher sans souci et sans complication. » Elle se souvient du lot de 30 sachets roses (rose (Enov’Mum) remis par l’infirmière après son accouchement, réservés aux femmes allaitantes et enceintes pour favoriser la croissance du bébé.  Son enfant continuera à recevoir les suppléments jusqu’à l’âge de 23 mois révolus, afin de lui assurer une bonne croissance et réduire les risques de malnutrition.  

Au domicile de Sakira, sa fille Rahana, âgée de 13 mois, prend son supplément nutritionnel
UNICEF BENIN/2025/Yeloiga Boni Au domicile de Sakira, sa fille Rahana, âgée de 13 mois, prend son supplément nutritionnel.

Plus loin, Sakira Oumarou, mère de cinq enfants et membre du groupe de soutien ANJE (Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant) surnommé Wanrihinnon, partage son bonheur : « Lors de la vaccination de ma petite, les agents m’ont demandé de venir prendre les suppléments. J’ai constaté que Rahana a pris un peu plus de poids. » Les sachets verts (Enov'Nutributter), distribués aux enfants dès six mois, deviennent ainsi une réponse tangible pour lutter contre la malnutrition infantile.  

À Banité-Koubéri, les suppléments nutritionnels ne sont plus de simples compléments alimentaires. Ils représentent un véritable espoir de changement, avec un impact direct et visible sur la santé et le développement des enfants.

Ce programme, soutenu par les investissements du CNF (Child Nutrition Fund) et du Gouvernement du Bénin, repose sur trois axes complémentaires : 
la supplémentation nutritionnelle ciblée, pour prévenir les carences depuis la grossesse ; 
l’engagement communautaire, à travers l’appui des groupes de soutien, le dialogue et le leadership local ; et l’intégration aux services de santé, notamment lors des consultations prénatales et des séances de vaccination, y compris lors des stratégies avancées et des visites à domicile menées par les relais communautaires pour le suivi.