La malnutrition
Un facteur de risque de mortalité et de morbidité chez l'enfant
La malnutrition constitue le plus grand facteur de risque de mortalité et de morbidité chez les jeunes enfants au Bénin. Elle représente 45 pour cent de tous les décès d'enfants par an chez les enfants de moins de 5 ans.
Un grand nombre d’enfants béninois ne bénéficient pas d’une nutrition adaptée dans la petite enfance :
- Seuls 46,6 pour cent sont allaités dans l’heure qui suit la naissance ;
- A peine plus de la moitié des enfants de 6 à 23 mois (52,5 pour cent) sont nourris selon la fréquence minimum de repas ;
- Seul un quart d’entre eux bénéficie d’une diversité alimentaire ;
- Plus d’1,1 million d’enfants (3 sur 10) souffrent de malnutrition chronique et plus d’un tiers des enfants âgés de moins de cinq ans présentent un retard de croissance. Ce taux est supérieur à celui rapporté pour la région Afrique de l’Ouest. Les enfants vivant dans les foyers les plus pauvres (46 pour cent) et ceux résidant dans certains départements - notamment dans le Nord du pays, ont deux fois plus de risques de présenter un retard de croissance que ceux des ménages les plus aisés.
- 12,5 pour cent des nourrissons ont un poids inférieur à 2,5 kg à la naissance ;
- 18 pour cent des enfants de moins de cinq ans souffrent d’insuffisance pondérale globale et 5 pour cent d’entre eux d’insuffisance pondérale sévère.
L’OMS recommande le démarrage de l’allaitement dans la première heure de vie et un allaitement exclusif au sein pour les 6 premiers mois du nouveau-né. Une alimentation suffisamment variée devrait ensuite être introduite lors de repas fréquents (aliments solides, semi solides et mous d’une variété de groupes alimentaires suffisante) en complément de l’allaitement.
La malnutrition chronique est non seulement un enjeu de santé publique mais encore de développement économique d’une nation. Un enfant qui souffre de retard de croissance est exposé au risque de ne pas pouvoir atteindre son plein potentiel de développement cognitif. Le retard de croissance est la conséquence d'une mauvaise nutrition durant le développement du fœtus ou dans la petite enfance.
Les normes sociales et l’organisation du travail sont pour beaucoup au cœur de la problématique de la malnutrition qui sévit au Bénin :
- Perceptions négatives sur le colostrum entretenues par les personnes influentes de l’entourage de la mère et du nouveau-né (grands-mères, belles mères, mères plus âgées etc.) ;
- Croyance que l’enfant de 0 – 6 mois a besoin d’eau en plus de lait maternel ;
- Monotonie du régime alimentaire de l’enfant ;
- L’existence de certaines pratiques comme le gavage ;
- La saison des récoltes au cours de laquelle les parents s’absentent et confient leurs enfants aux proches parents est souvent une période de recrudescence des cas de malnutrition.
Les solutions communautaires sont au cœur des stratégies de l’UNICEF pour remédier de façon durable aux problèmes de la malnutrition. Ainsi, les relais communautaires (RC), volontaires choisis au sein des communautés pour leur intégrité et leur sérieux, jouent un rôle crucial en offrant des services et soins de proximité aux ménages et à leurs enfants vivant à plus de 5 km d’un centre de santé. Formés par l’UNICEF, ils sont formés sur le dépistage, qualifiés pour adresser les cas de malnutrition aiguë sévère, identifier les situations de dangers et faire de la prévention. Ils ne perçoivent pas de salaire, tout au plus quelques dédommagements pour les frais de transport lors des formations, et ont pour principale motivation leur dévotion envers les villageois dont ils parlent la langue/dialecte et sont proches, ce qui facilite la transmission des messages importants.
Résultats phares de l'UNICEF :
- Cent pour cent des villages des 9 zones sanitaires identifiées dans le dernier programme de coopération disposent à ce jour de relais communautaires formés sur le dépistage et la référence de la malnutrition aiguë sévère ;
- 593 agents qualifiés et 620 aides-soignants situés dans les 9 zones sanitaires ont bénéficié d’une formation sanitaire renforcée pour offrir des services de prévention et promouvoir la nutrition dans le cadre de counseling sur l’Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant (ANJE) ;
- 2 331 Relais Communautaires sur 2 730 prévus ont été formés aux Pratiques Familiales Essentielles (PFE/ANJE) ;
- Sur 9 195 cas de malnutrition aiguë sévère admis de janvier à septembre 2017, 7 291 ont été déchargés avec des performances de 85 pour cent de guéris, 13.6 pour cent d’abandons et 1,5 pour cent de décès ;
- 10 700 enfants de 6-23 mois des Communes de Malanville et de Zakpota ont bénéficié de la fortification à domicile en multi micronutriments en poudre (MNP) de l‘aliment de complément du jeune enfant. 3 264 enfants ont été supplémentés en Vitamine A.