JME 2026 : l’UNICEF et ses partenaires appellent à faire de l’eau un levier d’égalité au Bénin
À l’Université d’Abomey-Calavi, l’UNICEF et ses partenaires ont échangé autour des enjeux liés aux inégalités de genre dans le secteur de l’eau et plaidé pour un accès équitable à l’eau, notamment pour les femmes et les filles.
À l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de l’eau, organisée à l’Amphi Idriss Déby Itno de l’Université d’Abomey-Calavi par l’Institut national de l’eau, l’UNICEF et ses partenaires ont réaffirmé leur engagement en faveur d’un accès équitable à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement pour tous, en particulier les plus vulnérables.
Au nom du Représentant de l’UNICEF au Bénin, Monsieur Narcisse Kouton, Chef de la Planification et du Suivi-Évaluation, a livré un message axé sur le thème mondial de l’édition 2026 : « Eau et égalité ».
Des inégalités encore marquées
« Malgré les progrès réalisés, l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement demeure marqué par des inégalités profondes, sociales, économiques et de genre », a indiqué M. Kouton. Il a ajouté qu’« au Bénin, comme ailleurs dans le monde, ces inégalités touchent de manière disproportionnée les femmes et les filles. Dans de nombreuses localités, elles portent encore la responsabilité quotidienne de la collecte de l’eau, souvent au détriment de leur éducation, de leur santé et de leur avenir ».
Par ailleurs, « les insuffisances en matière d’infrastructures d’eau, d’hygiène et d’assainissement affectent également la dignité des femmes et des filles et leur maintien à l’école. Ces contraintes compromettent leur avenir et perpétuent un cercle d’inégalités intergénérationnelles », a souligné M. Kouton.
Investir dans l’eau pour promouvoir l’égalité
Pour l’UNICEF, investir dans les services d’eau, d’hygiène et d’assainissement constitue un levier essentiel pour promouvoir l’égalité, améliorer la santé des enfants et renforcer la résilience des communautés. Aux côtés du Gouvernement du Bénin et de ses partenaires, l’organisation concentre ses actions autour de trois priorités majeures :
- l’amélioration des infrastructures d’eau, d’hygiène et d’assainissement dans les écoles, les centres de santé et les communautés ;
- le renforcement des systèmes et des compétences locales pour une gestion durable ;
- la promotion de l’égalité de genre et de l’inclusion, tant dans l’accès aux services que dans la gouvernance.
« Au-delà des infrastructures, il s’agit de transformer durablement les systèmes et les mentalités afin que personne ne soit laissée de côté », a insisté M. Kouton.
La jeunesse de l’INE en action
Dans un discours engagé, Arnaud Oloukou, président du Bureau des étudiants de l’Institut national de l’eau (INE), a souligné les inégalités persistantes liées à l’accès à l’eau, notamment dans les zones rurales.
Selon lui, l’eau dépasse la simple notion de ressource : elle constitue un véritable enjeu d’équité, de dignité et de justice sociale. Il a également relevé l’impact disproportionné de ces inégalités sur les femmes et les jeunes filles, souvent contraintes de consacrer une grande partie de leur temps à la collecte de l’eau, au détriment de leur éducation et de leur autonomie.
« À travers les activités menées durant ce mois d’actions en faveur du secteur de l’eau – immersion institutionnelle, enquêtes de terrain dans les écoles, centres d’apprentissages et journée de restitution – les étudiants ont voulu démontrer que la gouvernance de l’eau est un levier essentiel pour réduire les inégalités », a affirmé le président du Bureau des étudiants de l’INE.
L’engagement de l’Institut National de l’Eau
Bernardin Elégbédé, Directeur adjoint de l’INE, a rappelé que « l’accès à l’eau potable demeure profondément inégal selon les territoires et les conditions de vie ». Il a indiqué qu’« il n’est pas normal que les populations vivant en milieu rural paient l’eau plus cher que les populations urbaines », dénonçant une injustice structurelle encore trop répandue.
Le Directeur adjoint a également mis en avant le rôle stratégique de l’Institut national de l’eau dans la formation de ressources humaines qualifiées et la production de connaissances scientifiques pour orienter les politiques publiques. Pour lui, faire de l’eau une source d’égalité nécessite des politiques inclusives, des investissements ciblés, des innovations adaptées aux réalités locales et une meilleure prise en compte du genre.
Il a enfin appelé à une mobilisation collective pour garantir un accès équitable et durable à l’eau pour tous.
Un engagement collectif
En conclusion, l’UNICEF a réaffirmé sa volonté de continuer à accompagner le Bénin dans la mise en place de systèmes d’eau, d’hygiène et d’assainissement plus équitables et résilients.
Mais au-delà des institutions, c’est un appel à l’engagement collectif qui a été lancé. « Chaque geste, chaque voix, chaque engagement compte », a rappelé M. Kouton, soulignant que l’eau est bien plus qu’une ressource : elle est source de vie, de dignité et d’égalité. Un message qui invite à faire de l’eau un véritable moteur d’inclusion et de justice sociale.