Vers l’enregistrement universel des naissances
Pour chaque enfant, son droit au Togo
Offrir une identité et garantir la couverture santé et l’accès aux services de base à tous, c’est l’objectif du Gouvernement togolais à l’horizon 2025. L’ambition est noble et figure au premier point de sa Feuille de route gouvernementale. L’Exécutif met les bouchées doubles avec ses partenaires dont l’UNICEF, pour que les enfants même des contrées reculées du Togo puissent jouir de ce document qui leur confère une identité légale. Bonmbengou, village situé à 600 km au Nord de la capitale n’est pas oublié.
Des Agents de santé communautaire dit ASC sont formés à cet effet et jouent leur rôle quasi à plein temps. En appui aux agents d’Etat civil, moins nombreux, les ASC informent les communautés, hommes comme femmes, sur l’importance pour les enfants de disposer de leur acte de naissance. Les enquêtes en grappes à indicateurs multiples (MICS 2017) ont révélé qu’au moins 59 % des enfants de moins de 5 ans disposent d’un acte de naissance (statistique à mettre à jour au moment de la publication). Les efforts des Agents de santé communautaire et des agents d’Etat civil combinés vont contribuer à faire augmenter le nombre des enfants togolais disposant d’acte de naissance.
« Moi je ne connais même pas mon âge mais, aujourd’hui, même si je meurs, je serais content d’avoir obtenu l’acte de naissance pour mon fils .»
Si ce vieil homme a obtenu son jugement supplétif en lieu et place de son acte de naissance qu’il n’a pas eu à sa naissance et pour son fils l’acte de naissance, c’est grâce à l’abnégation de Souleymane MOUBARITCHI et Amadou ADAROU, tous deux, Agents de santé communautaire. Infatigables, ils sillonnent les villages environnants avec leur sac à dos et de leur chasuble bleue sur lequel on peut lire « Ministère de la santé ».
Souleymane et Amadou parcourent environ 12 voire 15 km par jour pour soigner les enfants atteints de paludisme, la malnutrition, les maladies diarrhéiques et la pneumonie des enfants de moins de cinq ans. C’est la tranche d’âge la plus vulnérable en termes de décès infanto-juvénile. Nos agents de santé enregistrent dans le registre de l’Etat civil, les nouveaux bébés. Les données recueillies sont en effet partagées avec l’agent d’Etat civil mais aussi avec les leaders de la communauté lorsque des actions communautaires sont nécessaires.
« Depuis qu’on sensibilise les parents sur l’importance de l’acte de naissance, les choses ont bien évolué, maintenant ils savent que c’est important », se réjouit Souleymane. Dans cette commune de Kpendjal 2, Souleymane fait la supervision de 119 ménages avec 5 femmes enceintes et 106 enfants pour 1637 habitants.
Les enfants qui n’ont pas été enregistrés dans les délais légaux de 45 jours peuvent bénéficier d’une autre alternative : le jugement supplétif tenant lieu d’acte de naissance.
« Je suis fière d’avoir récupéré l’acte de mon fils avec le jugement supplétif » tenant lieu d’acte de naissance, Ama GOUPOUGUIMI, concernée.
Depuis le 1er janvier 2022, les parents peuvent déclarer leur enfant gratuitement à l’état civil et lui donner la nationalité togolaise. Passé ce délai, les familles doivent payer 6 000 Francs CFA pour avoir recours au jugement supplétif . Celui-ci est pris en charge par l’UNICEF pour les enfants qui ont entre 45 jours et cinq ans des familles les plus vulnérables, notamment dans la région des Savanes.
Depuis le 1er janvier 2022, les parents peuvent déclarer leur enfant gratuitement à l’état civil et lui donner la nationalité togolaise. Passé ce délai, les familles doivent payer 6 000 Francs CFA pour avoir recours au jugement supplétif . Celui-ci est pris en charge par l’UNICEF pour les enfants qui ont entre 45 jours et cinq ans des familles les plus vulnérables, notamment dans la région des Savanes.
« Si on m’enlève mon enfant comment je fais pour prouver que c’est le mien sans acte de naissance ? Aujourd’hui grâce au Gouvernement et à l’UNICEF, je peux le faire. Je suis fière d’avoir récupéré l’acte de mon fils avec le jugement supplétif. Je vais enfin pouvoir le mettre à l’école », raconte Ama, notre mère de 8 enfants.
Un peu comme Ama, ils sont de plus en plus nombreux, grâce aux efforts conjugués du Gouvernement togolais et de l’UNICEF, à comprendre que l'absence d'acte de naissance d’un enfant entrave son accès aux droits fondamentaux tels que l'éducation et les soins de santé ; entrave la capacité des gouvernements à planifier et à budgétiser ; et expose les enfants à un plus grand risque de violations telles que le mariage et le travail des enfants.
Le travail de Souleymane et de ses collègues a permis d’établir 9921 actes de naissance en 2021 pour la seule région des Savanes.