Les mamans prennent le ruban contre la malnutrition au Togo
Ces interventions contribuent à l’amélioration du statut nutritionnel des enfants
Depuis quelques années, le Togo fournit des efforts considérables pour faire reculer la mortalité infanto-juvénile grâce à des interventions à haut impact. De 66,6 décès pour milles naissances en 2019, le taux de mortalité infanto-juvénile est passé à 62,6 pour mille en 2021.
Les interventions à haut impact sont des actions ou des stratégies qui ont démontré une efficacité significative pour atteindre des résultats positifs, souvent mesurables et vérifiables par des données. Elles sont conçues pour maximiser les bénéfices avec des ressources limitées, offrant ainsi un excellent retour sur investissement. On parle de la vaccination, de la supplémentation en vitamine A, l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, la surveillance des maladies des enfants de moins de cinq ans etc.
Au Togo, ces interventions contribuent à l’amélioration du statut nutritionnel des enfants. Grâce à l’appui de ses partenaires, dont le Gouvernement Français à travers l’UNICEF, le Gouvernement du Togo, a mis en place un programme qui vise à renforcer les services de prévention et de prise en charge de la malnutrition ainsi que des maladies de l’enfant. C’est le programme d’ « Appui à la prévention et à la prise en charge de la malnutrition aigüe sévère dans les districts de Tandjoare et Oti (région des Savanes) et de la Binah (région de la Kara) ».
Quand Djawad est né, il était beaucoup plus petit que l’enfant de ma belle-sœur au même âge. J’étais inquiète par rapport à sa croissance.
Soumeya ABOUDOU, 22 ans, habitante de Bonwaï, est la mère de deux enfants. Bonwaï, village situé sur la route de Sirka (district de Binah), dans la région de la Kara au nord du Togo, à plus de six heures de route de Lomé la capitale. Ce village est principalement habité par des Peulhs sédentaires. Ce peuple est connu pour son expertise dans l'élevage des bêtes et pour la haute importance qu’ils accordent à leurs us et coutumes. Djawad LAÏMA, sept mois avec ses huit kilogrammes et ses 51 centimètres, est le petit dernier de Soumeya. Depuis sa naissance, sa mère veille avec amour et attention sur son bien-être, son développement et son alimentation. A juste titre ! Une alimentation adéquate pendant les 2 premières années de vie d'un enfant est particulièrement importante car une nutrition optimale pendant cette période aura pour effet de réduire le taux de morbidité et de mortalité, ainsi que le risque de maladies chroniques, et de contribuer à un meilleur développement général. Cependant, Djawad présentait bel et bien des signes de retard de croissance.
« Quand Djawad est né, il était beaucoup plus petit que l’enfant de ma belle-sœur au même âge. J’étais inquiète par rapport à sa croissance »
Un poids faible chez un enfant né à terme peut être lié à une alimentation déséquilibrée de la mère pendant la grossesse. L'alimentation maternelle joue un rôle crucial dans le développement fœtal et peut affecter le poids de naissance de l'enfant.
Les terres fertiles de la région de la Kara permettent la culture de diverses céréales, légumes et fruits. Ce qui assure une sécurité alimentaire pour une grande partie de la région. Cependant, dans de nombreuses communautés rurales, même dans celles où les produits agricoles sont abondants comme à Bonwaï, les familles les plus pauvres n’ont pas accès à une alimentation équilibrée et diversifiée. Soumaya, avec ses deux enfants, dépendent financièrement de son beau-père qui a à charge quatorze enfants. Les revenus financiers de celui-ci ne lui permettent pas d’offrir à sa grande famille une alimentation suffisante et diversifiée. Les enfants souffraient de malnutrition et leurs systèmes immunitaires étaient faibles, ce qui les rendait encore plus vulnérables aux maladies.
« La situation a considérablement changé grâce aux produits maintenant qu’on nous donne gratuitement »
Cette année, grâce au programme « Appui à la prévention et à la prise en charge de la malnutrition aigüe sévère » soutenu par la France et mis en œuvre par le pays, 30 000 mères/gardiens d’enfants de 6-23 mois comme Soumaya et 21 660 enfants de moins de 5 ans dont 10.397 filles et 11.263 garçons dans les districts de Tandjoare, Oti et Binah bénéficient de la supplémentation nutritionnelle, de la prise en charge des maladies de l’enfant, du soutien et de la promotion de l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant.
« Avant, les enfants tombaient régulièrement malades et il était aussi difficile de bien les nourrir. En cas de maladie, on se contentait seulement des tisanes pour les soigner. La situation a considérablement changé grâce aux produits maintenant qu’on nous donne gratuitement. » témoigne le grand père de Djawad, Assoumanou LAÏMA, éleveur et cultivateur.
« Je suis tellement reconnaissante pour l’aide que nous avons reçue. Djawad mange mieux, dort mieux et cela se voit sur son visage tous les jours »
Cette année, grâce au programme « Appui à la prévention et à la prise en charge de la malnutrition aigüe sévère » soutenu par la France et mis en œuvre par le pays, 30 000 mères/gardiens d’enfants de 6-23 mois comme Soumaya et 21 660 enfants de moins de 5 ans dont 10.397 filles et 11.263 garçons dans les districts de Tandjoare, Oti et Binah bénéficient de la supplémentation nutritionnelle, de la prise en charge des maladies de l’enfant, du soutien et de la promotion de l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant.
« Avant, les enfants tombaient régulièrement malades et il était aussi difficile de bien les nourrir. En cas de maladie, on se contentait seulement des tisanes pour les soigner. La situation a considérablement changé grâce aux produits maintenant qu’on nous donne gratuitement. » témoigne le grand père de Djawad, Assoumanou LAÏMA, éleveur et cultivateur.
« Je suis tellement reconnaissante pour l’aide que nous avons reçue. Djawad mange mieux, dort mieux et cela se voit sur son visage tous les jours », Soumeya
Les suppléments alimentaires sont d’une très grande utilité pour assurer une bonne croissance des enfants à base des nutriments essentiels. Ces suppléments fournissent les vitamines, sels minéraux, et autres nutriments nécessaires que l'alimentation de base non diversifiée ne peut offrir. Pour des enfants comme Djawad, ces suppléments sont essentiels pour prévenir la malnutrition et soutenir sa bonne croissance. Cette aide gratuite aux familles vulnérables comme celle de Soumeya assure à leurs enfants une chance de grandir en bonne santé. « Heureusement, qu’on nous donne gratuitement des suppléments, et cela nous a vraiment aidé, » avoue Soumeya.
Cette initiative montre l'importance des interventions nutritionnelles ciblées pour améliorer la santé infantile dans les communautés rurales, où l'accès à une alimentation diversifiée reste un défi majeur malgré la disponibilité des produits agricoles.
Les effets de ce programme se font déjà sentir. « Depuis que Djawad a commencé à prendre ces suppléments, j’ai remarqué une grande amélioration. Il est plus énergique, rit beaucoup plus et semble plus heureux dans l’ensemble. » explique Soumeya, avec émotion.
Les enfants des familles qui reçoivent ces suppléments bénéficient d’un système immunitaire renforcé. Ce qui les aide à mieux résister aux maladies. Les suppléments nutritionnels à faible teneur lipidique fournissent une variété de nutriments essentiels sans excès de graisses nécessaires pour un enfant.
« La santé de mon enfant est ma priorité numéro un. En tant que mère, je veux qu’il ait toutes les chances de grandir forts et en bonne santé, » déclare Soumeya. « Je suis tellement reconnaissante pour l’aide que nous avons reçue. Djawad mange mieux, dort mieux et cela se voit sur son visage tous les jours », ajoute-t-elle.
Assoumanou LAÏMA, grand père de Djawad partage ce sentiment de gratitude : « Nous sommes tellement reconnaissants envers le personnel de santé. Ils nous ont non seulement fourni les suppléments, mais ils nous ont aussi appris comment nourrir Djawad correctement et surveiller sa croissance. »
« La prise du périmètre brachial, c'est quelque chose de très simple, mais avec un résultat énorme. Chaque mère devrait savoir comment prendre cette mesure pour le bien de ses enfants », Soumaya
Au-delà de la distribution gratuite des suppléments nutritionnels, le Ministère de la Santé a organisé des formations sur la prise et l’interprétation du Périmètre Brachial (PB) pour les mamans dans les trois districts ciblés par le Programme d’ « Appui à la prévention et à la prise en charge de la malnutrition aigüe sévère ».
Soumeya raconte avec fierté :« Je me souviens du jour où on m'a appris à mesurer et à interpréter le Périmètre Brachial. Au début, j'étais nerveuse car je ne maitrisais pas vite ce qu’on nous apprenait à cause du fait que je n’ai pas beaucoup fréquenté l’école, mais maintenant, je sais comment ça marche ».