Une délégation de la Fondation des Nations Unies au Sénégal
Du 9 au 14 octobre, une délégation de la Fondation des Nations Unies, composée d’administrateurs au sein du Congrès américain, était en visite au Sénégal pour constater de visu les interventions des différentes agences des Nations Unies sur le terrain.
La délégation, composée de personnel chargé des portefeuilles de l'agriculture, de la nutrition, de la santé et de la politique étrangère, dont beaucoup travaillent pour des membres qui siègent à la commission des affaires étrangères du Congrès et du Sénat, a prêté une attention particulière aux questions liées à la malnutrition, à la santé et à l’insécurité alimentaire ainsi qu’à l’éducation des enfants.
La délégation a eu l’opportunité d’interagir avec plusieurs agences des Nations Unies, les autorités aux niveaux national et local ainsi que les intervenants et les bénéficiaires au niveau communautaire.
Cette visite a également permis de démontrer l'importance continue de l'appui des États-Unis aux efforts menés par l'ONU et le Sénégal pour combattre la malnutrition des enfants, réduire la faim et promouvoir la croissance économique.
A Dakar, la délégation a visité l’unité de prise en charge de la malnutrition aiguë sévère à l’hôpital pour enfants Albert Royer, au cours de laquelle elle a pu apprécier l’impact du soutien de l’UNICEF dans la prévention et le traitement de la malnutrition aiguë sévère dans le pays.
Au Sénégal, la malnutrition aiguë touche 8,2% des enfants de moins de cinq ans (ENSAR 2019), les plus fortes prévalences étant notées dans les régions de Louga (11,1%), Matam (10,8%), Kédougou (9,7%), Fatick (9%), et le département de Podor dans la région de Saint-Louis (10,2%). La malnutrition aiguë sévère est prévalente à 2,1% dans le pays avec tout autant de disparités régionales. Annuellement le Sénégal est confronté à un poids de plus de 90 000 cas de malnutrition aiguë sévère chez les enfants de moins de cinq ans, cependant, seul le tiers est dépisté et pris en charge.
Les retombées de la crise en Ukraine ont fait grimper les prix mondiaux des denrées alimentaires à un niveau record, rendant les aliments nutritifs inabordables pour les familles les plus pauvres dans de nombreux pays. Au Sénégal, plusieurs indicateurs clés de la nutrition ont régressé en 2022, comme en témoigne la récente enquête SMART réalisée en mai 2022. La prévalence de la malnutrition a presque doublé dans certaines régions et département du pays : de 10,8% en 2019 à 19,2% en 2022 dans la région de Matam et de 10,2% à 16,4% dans le département de Podor (région de Saint Louis).
Nous devons agir d’urgence dès l’apparition des signes d’alerte
La malnutrition n'est pas seulement une question d'alimentation ou de soins de santé, mais c'est un problème qui nécessite des actions sous différents angles et avec différents secteurs. C'est pourquoi l'UNICEF et ses partenaires soutiennent le Sénégal pour mettre en œuvre son programme multisectoriel de nutrition.
Dans le département de Kébémer, la délégation était allée à la rencontre de la communauté et des intervenants au niveau communautaire pour constater les paquets de services de nutrition communautaire délivrés dans le cadre du Programme de Renforcement de la Nutrition (PRN).
Ces interventions communautaires incluent :
- La prévention de la malnutrition et le suivi statut nutritionnel des enfants – y inclus la supplémentation en Vitamine A et le déparasitage des enfants,
- Le dépistage et la prise en charge de la malnutrition aigüe (PECMA) chez les enfants de moins de 5 ans avec le périmètre brachial et les activités pour la récupération des enfants malnutris ;
- La promotion de l’alimentation complémentaire pour les enfants 6-23 mois
- Les activités d’éveil et de stimulation pour les enfants ainsi que les initiatives de communication pour un changement social et de comportement
- Les filets sociaux sensibles nutrition (Initiatives Communautaires)
La délégation a par ailleurs visité l’école élémentaire publique Diamaguene Sicap Mbao, située dans un quartier défavorisé de l’agglomération de Pikine, en périphérie de Dakar, laquelle bénéficie de plusieurs interventions mises en œuvre à travers l’UNICEF au profit du Ministère de l’Education Nationale et de l’Inspection d’Académie de Pikine Guédiawaye visant à relever tout particulièrement les défis suivants : le déficit de scolarisation des enfants (population estimée à 1,5 millions d’enfants hors de l’école, représentant près de 40% de la population scolarisable à l’échelle nationale) ; les difficultés d’apprentissage rencontrées par les élèves au cours des premières années de l’élémentaire, notamment en lecture ; et la rétention des filles à l’école, notamment dès lors qu’elles atteignent l’âge de la puberté.
- Une classe passerelle y a été implantée, afin d’appuyer l’insertion scolaire d’enfants évoluant hors de l’école, âgés pour la plupart entre 9 et 14 ans, à l’issue d’un programme dit de ‘scolarisation accélérée par la passerelle’ d’une durée de 9 mois
- Un coin lecture a été installé, comme approche alternative pour pallier au manque de place pour loger une bibliothèque, afin de faciliter l’accès à des supports de lecture adaptés et promouvoir la pratique et le goût de la lecture
- Un groupe de soutien et d’entraide pour les élèves filles a été mis en place, avec la mobilisation et facilitation du réseau des femmes enseignantes, afin d’aider les filles à surmonter les problèmes auxquels elles font communément face, lesquels sont susceptibles d’affecter leur scolarité et leurs performances, ex : violences, mariage et grossesses précoces, gestion de l’hygiène menstruelle, etc.