Nous faisons partie de la solution
Un débat public sur l'eau, l'assainissement et le climat animé par les jeunes de la région du Sahel lors du 9ème Forum mondial de l'eau
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"L'eau et l'assainissement sont très critiques en termes de développement humain. Nous comprenons que chaque jour, tout le monde utilise de l'eau pour notre usage domestique ou à des fins agricoles. Cela montre que l'eau est un besoin critique et fondamental dont tout être humain doit jouir. Par conséquent, un forum comme celui-ci où nous venons discuter des problèmes ou des défis auxquels notre peuple est confronté est très important" a déclaré Dawda Thiam, l'une des Jeunes Voix du Sahel (YVS) qui a participé au 9ème Forum Mondial de l'Eau (WWF) à Dakar, Sénégal.
Du 21 au 26 mars, le Sénégal a accueilli le 9ème Forum mondial de l’eau, le plus grand événement lié à l'eau dans le monde. Pendant 6 jours, présidents, ministres, parlementaires, Jeunes Voix du Sahel, organisations internationales, et secteurs public et privé se sont réunis à Diamniadio pour débattre, plaider et proposer des solutions à "l'importance de l'eau et à certains des défis auxquels nos communautés sont confrontées", a ajouté Dawda Thiam de la Gambie.
"Une chose que j'ai remarquée au cours de ce forum, c'est que les problèmes d'eau et d'assainissement sont les mêmes en Afrique de l'Ouest et dans la région du Sahel", affirme Nassyra du Niger. "En 2019, nous avons connu des inondations et une pénurie d'eau qui ont causé pas mal de dégâts. Plus de 132 000 personnes ont été touchées, 16 000 personnes déplacées et des salles de classe ont été détruites. Cette situation a eu un impact considérable sur la santé des jeunes, particulièrement des jeunes filles, des femmes, des enfants".
"Au Sénégal, la mauvaise gestion de l'eau touche beaucoup les femmes et les jeunes", dit Maguette, Jeunes Voix du Sahel du Sénégal. "En 2020, le Sénégal a été frappé par de fortes pluies. C'était le week-end avant mes examens du secondaire. Je me souviens d'avoir eu une journée assez froide mais quand je me suis réveillé le lendemain, ma maison était sous l'eau. Nous marchions sous l'eau, cuisinions sous l'eau et même mangions sous l'eau. Là je me demandais : et si aujourd'hui était mon jour d'examen ? Qu'est-ce que j’aurais fait, comment aurais-je pu aller à l'école pour passer mon examen ?".
Alors que Maguette a perdu sa maison à cause des inondations dans la banlieue de Dakar, les femmes de la région de Casamance parcourent de longues distances pour trouver de l'eau.
"Dans le cadre de mes recherches, j'étais dans les îles de Casamance où de nombreuses femmes parcourent plus de 4 km quotidiennement et passent environ 2h30 minutes sur la route pour aller chercher de l'eau. Et sur le chemin du retour, ces femmes paient 300 francs pour une bouteille d'eau de 20 litres", a déclaré Bouly Sane, Jeune Voix du Sahel du Sénégal.
Le problème de l'accès à l'eau est aussi un problème de genre. Dans de nombreux pays d'Afrique subsaharienne, les enfants, les femmes et les jeunes filles sont les plus touchés par la pénurie d'eau.
"Dans mon pays, les femmes et les enfants sont ceux qui supportent le plus lourd fardeau lié à l'approvisionnement en eau potable où ils consacrent 80% de leur temps. Les performances scolaires de millions d'enfants, en particulier des filles, sont ainsi négativement impactées. Ces problèmes d'eau conduisent de nombreux enfants à arrêter partiellement ou totalement leur scolarité. Aller chercher de l'eau prennent beaucoup de temps pour les enfants en termes d'apprentissage et pour les femmes qui mènent des activités génératrices de revenus", a expliqué Seydou Ba de Guinée Conakry.
Le problème de l'eau est un problème intersectoriel. "L'un des autres aspects qui est vraiment lié à l'eau, par exemple, est l'agriculture. L'agriculture est l'une des principales activités économiques de tant d'autres pays africains. Sans eau, l'agriculture est si difficile", a déclaré Pavert, un praticien du biogaz et l'un des Jeunes Voix du Sahel du Cameroun.
Les jeunes sont conscients des défis auxquels leurs communautés sont confrontées au quotidien pour avoir accès à l'eau.
Pour Aissata, du Mali, "nous, les jeunes, sommes conscients de tout ce qui se passe autour de nous. Nous sommes formés dans différents domaines pour pouvoir intervenir sur les problèmes d'eau et d'assainissement auxquels nos pays sont confrontés. Alors, chers membres du gouvernement, aidez-nous à améliorer la situation de nos pays, de notre continent et de nous, les jeunes."
Les Jeunes Voix du Sahel veulent que des actions soient entreprises, ils veulent voir un impact notable après le forum.
"Nous, les jeunes, devons défendre ce que nous voulons parce que nous sommes le changement, nous sommes ce que nous recherchons. Nous ne pouvons pas attendre que le gouvernement ou les partenaires fassent tout pour nous", a suggéré Edwige du Tchad.
Pavert aussi vraiment souhaite que "chaque jeune puisse porter cette mentalité". "Nous ne devrions pas parler d'avenir comme s'il était si loin, nous sommes ici et maintenant, nous sommes la clé, nous sommes la solution, tout tourne autour de nous donc nous devrions être au centre de tout".
Marieme Soda Ndiaye, membre du parlement sénégalais, soutient le plaidoyer des Jeunes Voix du Sahel. Pour elle, "l'Afrique se construira par nous les jeunes africains. C'est par notre ingéniosité, notre énergie, notre volonté, notre solidarité, nos valeurs et nos modèles locaux et continentaux ici en Afrique que nous trouverons les solutions auxquelles notre continent est confronté".
"Je suis heureuse de vous écouter, de discuter avec vous et de vous aider à prendre la place que vous méritez, une place qui est la vôtre. C’est grâce à ce type de coopération que toutes les institutions dont l'UNICEF pourront évoluer et changer leurs façons de faire et d'être" a déclaré Félicité Tchibindat, Représentante Adjointe de l'UNICEF pour la Région Afrique de l'Ouest et du Centre lors du débat public.