Mettre fin aux mutilations génitales féminines au Sénégal
À l'occasion de la Journée mondiale de l'enfance, le Sénégal a lancé une campagne nationale de sensibilisation du public pour mettre fin aux mutilations génitales féminines
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DAKAR (Sénégal), le 26 novembre 2021 - Le gouvernement du Sénégal, avec le soutien de l'UNICEF, de l'UNFPA et d'autres partenaires, a saisi la célébration de la Journée mondiale de l'enfance pour lancer une campagne de sensibilisation du public pour accélérer les efforts dans l'élimination des mutilations génitales féminines (MGF) dans le pays.
Soutenue par une campagne médiatique intensive, cette initiative vise à catalyser le dialogue politique, social, institutionnel, communautaire et familial ainsi que le changement vers l'élimination des MGF dans le pays. Une série de supports de communication a été produite et sera largement diffusée dans tout le pays, en utilisant différents canaux et plateformes, notamment les médias nationaux et communautaires, les outils de réseautage numérique et social.
La campagne impliquera également un large éventail de parties prenantes, notamment des chefs religieux, des autorités nationales et locales, des mobilisateurs et acteurs sociaux, des familles, des communautés, des jeunes et des enfants eux-mêmes.
"De nombreux facteurs contribuent à la prévalence de la pratique. Dans chaque société où elles se produisent, les MGF sont une manifestation d'inégalités enracinées entre les sexes", déclare Laetitia Bazzi, en charge de la section Protection de l’enfance de l'UNICEF au Sénégal.
"Des campagnes comme celles-ci sont essentielles pour créer un environnement où les jeunes filles et leurs familles se sentent soutenues. Parce que les MGF sont une pratique culturelle, les parents peuvent avoir du mal à décider de ne pas faire subir de MGF à leurs filles de peur que leurs familles ne soient rejetées", explique-t-elle.
Les MGF peuvent entraîner de graves complications pour la santé et même la mort. Les risques immédiats comprennent une hémorragie, un choc, une infection, une rétention d'urine et une douleur intense. Les filles victimes de MGF courent également un risque accru de devenir des filles mariées et d'abandonner l'école, menaçant leur capacité à se construire un avenir meilleur pour elles-mêmes et leurs communautés.
Des estimations récentes montrent qu'une femme sur quatre âgée de 15 à 49 ans a subi une mutilation génitale féminine et/ou une excision (MGF/E) au Sénégal. La pratique est répandue dans le sud et le nord du pays, notamment dans les régions de Kédougou (91,0 %), Sédhiou (75,6 %), Matam (73,3 %), Tambacounda (71,8 %), Ziguinchor (68,2%) et Kolda (63,6%). La prévalence du mariage des enfants est également parmi les plus élevées dans ces régions.
Chez les enfants de moins de 15 ans, la prévalence est d'environ 16 % au niveau national. Les filles au Sénégal sont de plus en plus soumises aux mutilations génitales féminines (MGF) à un âge précoce, avant l'âge de 10 ans.
"Mettre fin aux MGF est une question de droits, une question de santé et de sécurité, une question d'égalité et d'éducation. Mettre fin aux MGF est une question de dignité – de donner à chaque fille et femme une chance de prendre ses propres décisions et de façonner son propre avenir", ajoute Silvia Danailov, Représentante de l’UNICEF au Sénégal.
Mettre fin aux MGF est au cœur du travail de l'UNICEF au Sénégal. En travaillant avec les communautés, les familles, le gouvernement et ses partenaires, l'UNICEF, avec le soutien du Programme conjoint UNFPA-UNICEF pour éliminer les mutilations génitales féminines (MGF), aide à identifier et à traiter les normes sociales et les facteurs structurels qui contribuent à la persistance de cette pratique.
L'UNICEF soutient également l'élaboration de politiques et de lois axées sur l'élimination et l'interdiction des MGF, et s'efforce d'assurer leur mise en œuvre et leur application. L'UNICEF aide à fournir aux filles exposées au risque de MGF, ainsi qu'aux survivantes, l'accès à des soins adaptés, tout en mobilisant les communautés pour transformer les normes sociales qui soutiennent la pratique.