Victime de violence, Fakria se relève grâce à un programme de réinsertion des filles-mères
Soutenir les filles-mères pour qu'elles ne soient pas doublement victimes
Fakria (nom d'emprunt), aujourd’hui âgée de 18 ans est une jeune et brillante étudiante à l’Université.
Deux ans plutôt, alors qu’elle était encore une adolescente de 16 ans, elle a été victime d’agression sexuelle commises par un individu de son quartier et est tombée enceinte.
Au service d’écoute de protection des enfants et femmes victimes de violence de Fomboni, chef-lieu de l’ile de Mohéli, c’est une jeune fille timide que nous avons rencontrée, et en même temps animée de l’envie de raconter son histoire afin d’éviter que la même chose arrive à d’autres filles de son âge.
En effet, malgré ce qui lui est arrivé, Fakria s’est armée de courage et a poursuivi son cursus scolaire.
"Quand cela s’est produit, j’étais effrayée et confuse. Je ne savais pas vers qui me tourner et à qui en parler. J’ai ensuite fini par en parler à ma mère", nous confie Fakria.
Sa maman ayant décidé de se référer au service d’écoute et de protection des enfants et des femmes victimes de violence de Fomboni, Fakria a pu bénéficier d’un soutien psychologique, médical, juridique et social. Elle a ainsi pu finir son année scolaire et obtenir son examen de baccalauréat, l’examen marquant la fin du second cycle de l'enseignement du second degré, bien que désormais maman d’un jeune enfant.
Fakria fait partie des 114 filles-mères ayant bénéficié en 2022 du programme de protection des enfants et des femmes contre les violences, soutenu par l’UNICEF grâce aux financements de l’Agence Coréenne de Coopération Internationale (KOICA), en Union des Comores.
En effet, grâce à ce programme, les services d’écoute et de prise en charge des enfants et des femmes victimes de violence de Ngazidja, Ndzuani et Mwali ont été outillés pour accompagner la réinsertion sociale et économiques des jeunes filles-mères avec des enfants à charge.
Ainsi, 62 filles ont reçu l’équivalent de 75,000 Francs Comoriens (soit US$ 160) en paiement de leurs frais de scolarité, de leurs fournitures scolaires, des droits d’inscription aux examens nationaux le cas échéant, etc. Quatre (04) ont réussi le Bac de la session 2022 et poursuivent aujourd’hui des études supérieures.
Par le concours de ce projet, 52 filles-mères ont pu apprendre un métier, dans le domaine de la pâtisserie, de la restauration et de la couture.
Ne pas payer le lourd tribut, ne pas être doublement ou triplement victime
Au service d’écoute de Mohéli, Mme Zaharia, la responsable, qui suit quotidiennement les progrès accomplis par les filles dans leurs différentes formations nous fait part du combat qui est le sien.
‘’Souvent, les jeunes filles sont mal perçues dans leurs communautés et parfois même, elles font l’objet de représailles des familles de leurs bourreaux pour avoir dénoncé les faits. Avec les collègues du service d’écoute nous essayons de sensibiliser les communautés pour que ces jeunes filles, déjà victimes de violence ne soient en plus victime de stigmatisation. A travers le projet de réinsertion professionnelle, nous voulons faire en sorte que ces filles ne tombent pas dans la précarité et qu’elles puissent vivre dignement’’ nous déclare-t-elle.

