À Bangassou, l'Unicef équipe la jeunesse U-Report pour l'engagement communautaire contre Ebola
Aucun cas d'Ebola n'a été signalé en RCA, mais la préparation est primordiale.
Bangassou a accueilli une session de formation organisée par UNICEF, destinée aux Comités locaux U-Reporters, portant sur le renforcement des capacités en techniques de communication et en Communication sur les Risques et l'Engagement Communautaire (CREC). Cette initiative marque une étape clé dans les préparatifs de la riposte contre l'épidémie d'Ebola qui sévit en République démocratique du Congo voisine. « Cette formation avait pour objectif de renforcer les capacités des U-Reporters en techniques de communication et en Communication sur les Risques et l'Engagement Communautaire. Nous avons réuni les Comités locaux U-Reporters ici à Bangassou, dans le cadre des préparatifs de notre riposte face à l'épidémie d'Ebola », explique Jean Félix Riva, Youth & Adolescent Development Officer à UNICEF.
La session s'est déroulée sous forme de présentations interactives suivies d'échanges, permettant aux participants de mieux appréhender les modes de transmission de l'épidémie, les réflexes de communication en situation de risque, ainsi que les techniques de sensibilisation adaptées à leur environnement (marchés, quartiers, stades, réseaux sociaux). « L'objectif est que les jeunes puissent véritablement s'approprier ces outils et devenir, à leur tour, des relais fiables auprès de leurs communautés », précise Jean Félix Riva, qui voit dans cette approche participative la clé d'une adhésion durable aux messages de prévention.
Pour Balego Amos, 23 ans, élève en terminale et membre de U-Report Bangassou (Comite des handicapes) depuis plus de trois ans, cette formation répondait à une attente déjà exprimée de longue date : « C'est la toute première à laquelle je suis convié. » Il se souvient avoir été marqué par la venue antérieure du ministre de la Santé, qui avait formé « presque tout Bangassou, toutes les couches sociales » — commerçants, taxi-motos, piroguiers. « Pour nous, U-Reporters, cela a été très édifiant ; nous voulons une formation en tant que telle pour renforcer nos capacités », confiait-il alors — un appel qu'UNICEF, à travers cette session, a directement entendu et transformé en action concrète.
Sur le terrain, cet investissement d'UNICEF s'appuie sur un engagement de jeunesse déjà bien réel et éprouvé. Amos et ses pairs sillonnent les stades de foot et organisent des causeries de quartier pour convaincre les plus sceptiques, ceux qui, comme il l'a constaté avec le choléra, pensent parfois que « c'est juste du business ». Sa méthode : la patience et la répétition. « Celui qui était incrédule au point 1 peut être convaincu après avoir suivi nos sensibilisations au point 2, 3 ou 4 », explique-t-il — une énergie communautaire qu'UNICEF entend désormais structurer, professionnaliser et amplifier grâce à des outils renforcés.
En misant sur les Comités locaux U-Reporters, déjà engagés depuis plusieurs années dans la sensibilisation communautaire, UNICEF prépare le terrain d'une riposte rapide et coordonnée, capable de contenir la rumeur autant que le virus si la maladie venait à franchir la frontière. Une stratégie que Balego Amos résume à sa manière, presque comme une devise : « Faute de connaissance, mon peuple périt. Ne négligeons rien. » — un message que UNICEF, à travers cette formation, a choisi de démultiplier, en donnant aux jeunes de Bangassou les moyens de le porter eux-mêmes, jusqu'au dernier quartier.